Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Héritière Trahie : La Duperie d'un Mari

Héritière Trahie : La Duperie d'un Mari

Après quatre ans de captivité, l'héritière Alix de Courcy retrouve les siens, mais découvre son fiancé et son frère sous l'influence totale de sa sœur adoptive, Bérénice. Rejetée et brutalisée, Alix est renvoyée par sa propre famille dans l'enfer de ses ravisseurs. Pour démasquer la manipulation de Bérénice, elle filme leurs trahisons grâce à un médaillon caché. Dans un geste ultime, elle incendie le camp et se jette d'une falaise, léguant les preuves de leur cruauté.
Chapitres
Partager

Chapitre 3

L'odeur âpre de l'antiseptique emplit les narines d'Alix avant même qu'elle n'ouvre les yeux. Le plafond était d'un blanc stérile, le bip d'une machine un rythme régulier à côté d'elle. Hôpital. Le stress et la malnutrition l'avaient finalement rattrapée.

Elle se sentait faible, mais son esprit était vif. À travers la porte entrouverte de sa chambre, elle pouvait entendre le bavardage feutré des infirmières à leur poste.

« Ces pauvres Monsieur Vasseur et Monsieur de Courcy », dit une infirmière. « Ils n'ont pas quitté le chevet de Mademoiselle Keller. Elle est si douce, et ils l'adorent. »

« J'ai entendu dire que l'autre, la sœur qui avait disparu, est dans cette chambre », murmura une autre voix. « Elle a l'air... difficile. »

Une troisième infirmière les corrigea. « Elle s'appelle Alix de Courcy. C'est la vraie héritière. L'autre fille est juste adoptée. »

Ces mots offrirent un petit réconfort amer. Son identité n'était pas encore complètement effacée.

Elle se redressa, ses muscles protestant. Elle jeta un coup d'œil par la fente de la porte. De l'autre côté du couloir, dans une suite de luxe privée, elle les vit. Camille et Adrien flanquaient le lit de Bérénice. Bérénice était adossée à une montagne d'oreillers, l'air pâle et fragile.

« J'ai encore mal à la tête », gémit Bérénice en faisant la moue à Camille.

L'expression de Camille était pleine d'une tendre sollicitude. Il prit une petite tasse sur la table de chevet. « Tiens, prends ton médicament. Sois sage. » Il lui fit avaler le comprimé et lui tendit un verre d'eau, comme si elle était une enfant précieuse. Adrien gonfla doucement ses oreillers. Leurs yeux, autrefois remplis d'adoration pour Alix, étaient maintenant uniquement concentrés sur Bérénice.

Juste au moment où une infirmière fermait la porte de Bérénice, les yeux de celle-ci croisèrent ceux d'Alix de l'autre côté du couloir. Le masque de fragilité tomba une fraction de seconde, remplacé par un regard de pur mépris triomphant. Puis la porte se referma avec un clic.

Des larmes brûlèrent les yeux d'Alix. Pourquoi ? Pourquoi tout avait-il changé ? Leur amour avait-il été si superficiel, si facilement transféré à la prochaine femme disponible qui pouvait jouer le rôle de la demoiselle en détresse ?

Elle serra le médaillon autour de son cou. C'était la dernière chose que sa mère lui avait donnée avant de mourir, un simple ovale d'argent. C'était la seule chose de son ancienne vie que ses ravisseurs n'avaient pas prise. Son seul point d'ancrage. Elle enfouit son visage dans la fine couverture de l'hôpital et pleura, des sanglots silencieux et déchirants qui lui labouraient l'estomac vide.

Pendant la semaine qu'elle passa à se rétablir, Camille et Adrien ne lui rendirent visite qu'une seule fois. Ils se tinrent maladroitement au pied de son lit pendant cinq minutes.

« Nous devons retourner au bureau », dit Adrien, le ton brusque. « Et Bérénice a besoin de nous. »

Ils partirent sans un autre mot.

Plus tard, en faisant défiler son téléphone d'une main tremblante, Alix vit la dernière publication de Bérénice sur les réseaux sociaux. Une photo d'une salle de bal somptueusement décorée. La légende disait : « Tellement touchée que Camille et Adrien m'organisent une si belle fête de départ avant que je parte pour Londres ! Mes deux hommes préférés vont me manquer ! »

La fête. Bien sûr.

Le jour de sa sortie, Camille l'attendait à l'entrée de l'hôpital. Le silence entre eux dans la voiture était lourd, une épaisse couverture de choses non dites. Elle se souvint d'une époque où tout silence entre eux aurait été rempli de son bavardage enjoué et de ses sourires indulgents. Maintenant, elle n'avait rien à lui dire. Pas de larmes, pas d'accusations. Juste un vide immense et froid.

Il semblait l'étudier, un regard étrange sur son visage. « Nous organisons une fête ce soir », dit-il, la voix douce mais inflexible. « Une fête commune. Pour te souhaiter la bienvenue, et pour dire au revoir à Bérénice. »

Ses yeux croisèrent les siens dans le rétroviseur. « Et je vais annoncer la date de notre mariage. »

Ce n'était pas une demande en mariage. C'était un décret. Un cadeau qu'il lui accordait, un prix pour sa souffrance.

Alix baissa le regard, cachant la moquerie dans ses yeux. « Non, merci. »

Elle n'avait pas besoin de sa charité.

La fête avait lieu à l'Hôtel Dieu, la salle de bal scintillant de lustres et débordant de l'élite de la ville. Alors qu'elle entrait au bras de Camille, un écran géant derrière la scène diffusait un diaporama. C'était un montage des quatre dernières années. Des photos de Camille et Adrien à des événements caritatifs, en voyages d'affaires, en vacances. Et sur chaque photo, Bérénice était là, souriant à leurs côtés. Il n'y avait pas une seule photo d'Alix. C'était une déclaration publique que la vie avait continué sans elle, qu'elle avait été remplacée.

Alix devint rapidement invisible. Elle se tenait dans un coin, un fantôme à sa propre fête de bienvenue. Le centre de l'attention était Bérénice, radieuse dans une autre robe magnifique, flanquée de Camille et Adrien.

Les chuchotements des invités la suivaient.

« C'est elle ? Alix de Courcy ? Elle n'a pas l'air aussi raffinée que Bérénice. »

« Je sais. Bérénice a une telle grâce. Elle et Camille forment un bien meilleur couple. »

« C'est vraiment dommage pour les fiançailles. Je me demande ce qui lui est vraiment arrivé pendant toutes ces années. On entend des histoires... »

Les mots étaient comme de petites pierres acérées qu'on lui jetait. Elle ne pouvait plus le supporter. Elle se tourna et s'enfuit, se dirigeant vers les étages supérieurs plus calmes de l'hôtel.

Alors qu'elle atteignait le palier du premier étage, elle entendit une voix familière et en colère.

« Idiots ! Comment avez-vous pu la laisser s'échapper ? Je vous avais dit de la surveiller ! »

C'était Bérénice. Elle était au téléphone, le dos tourné à Alix, sa voix dépouillée de toute sa douceur, maintenant sèche et furieuse.

« Tout mon plan est ruiné à cause de votre incompétence ! Maintenant elle est de retour, à raconter n'importe quoi à Camille et Adrien. »

Sa voix s'adoucit légèrement, devenant calculatrice. « Ce n'est pas grave. Je les ai dans ma poche. Et les flics ne feront rien. Mais vous devez faire en sorte que tout le monde au village se taise. Très silencieux. »

Alix se figea, sa main volant à sa bouche pour étouffer un hoquet. Le village. C'est ainsi que ses ravisseurs appelaient le camp.

« Ne vous inquiétez pas », continua Bérénice, son ton devenant froid et cruel. « Je trouverai un moyen de la renvoyer. C'est là qu'est sa place. »

Bérénice raccrocha et se retourna, un sourire satisfait sur le visage. Le sourire disparut quand elle vit Alix debout là, le visage cendré.

Pendant un instant, elles se regardèrent fixement. Puis, le masque d'innocence que Bérénice portait si bien se brisa enfin, révélant la jalousie laide et tordue qui se cachait dessous.

« Toi », siffla Bérénice, les yeux flamboyants de haine. « Pourquoi as-tu dû revenir ? Tu avais tout ! L'argent, la famille, l'amour ! Je n'avais rien ! Ça aurait dû être à moi ! »

La confirmation frappa Alix avec la force d'un coup physique. Le bout de ses doigts s'enfonça dans ses paumes, la douleur aiguë la ramenant à la réalité. C'était réel. Tout. Bérénice était le monstre.

Alix ne perdit pas un souffle en paroles. Elle se retourna, son esprit singulier et concentré. Elle devait s'enfuir. Elle devait appeler la police. Elle devait les forcer à l'écouter cette fois.

Elle verrait Bérénice enchaînée si c'était la dernière chose qu'elle faisait.

Continuez à regarder !
L'histoire devient intense ! Passez sur l'application pour continuer la lecture
Débloquer tous les épisodes
Ouvrir le site officiel

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Agent secret : amoureuse de ma cible
8.9
Envoyée en mission par son agence, une espionne chevronnée se voit contrainte d'accepter une enquête périlleuse. Si la règle d'or de sa profession interdit formellement tout attachement envers une cible, son cœur en décide autrement. Face à cet homme qu'elle doit surveiller, ses sentiments prennent le pas sur son devoir. Malgré les risques et la trahison de ses principes, l'intensité de cet amour interdit finit par surpasser ses regrets les plus profonds.
Couverture du roman Ayé : Dans ma chère et dans mon âme
9.7
Victime d'abus et de maltraitances constantes, une jeune fille décide de ne plus subir son calvaire en silence. Animée par une volonté farouche, elle s'engage dans une quête acharnée pour obtenir justice et réparation. Face à l'adversité, elle est désormais prête à tout pour que les torts soient reconnus. Quel sera l'aboutissement de son combat et quel sort l'attend au bout de ce chemin douloureux ? Un récit poignant sur la résilience et la vengeance.
Couverture du roman Je vous salue Marie...
9.7
La femme d'un puissant promoteur immobilier est retrouvée morte sur la côte Est. La présence d'une image pieuse désigne le « tueur à la Vierge », un criminel qui avait échappé au lieutenant Mike Perugiano quatre ans plus tôt. Hanté par cet échec passé, l'enquêteur replonge dans ses tourments. Alors qu'il cherche de nouveaux indices pour identifier le coupable, le tueur en série le contacte. Il lui propose un marché terrifiant qui va bouleverser la traque.
Couverture du roman Lalleya: les ailes de la création
9.7
Cattleya n'était qu'une princesse fragile avant de sombrer dans l'arène politique. Forgée par la trahison et la soif de vengeance, elle délaisse son innocence pour s'emparer du trône. Pourtant, une menace colossale l'attend dans l'obscurité. Est-elle vraiment isolée face à ce destin ? Guidée par les âmes et liée au néant, elle détient la clé des mondes. Entre création et chaos, l'amour et la haine s'unissent en elle pour affronter celui qui l'a jadis sacrifiée aux dimensions.
Couverture du roman L'ange noir
9.7
Indira et Raphaël sont deux jumeaux que le destin a brutalement séparés dès leur naissance. Ignorant tout de l'existence de l'autre, ils mènent des vies isolées jusqu'au jour où un mystérieux présent change le cours de leur destinée. Grâce à ce cadeau providentiel du col, leurs chemins finissent par se croiser à nouveau. Ensemble, ils devront unir leurs forces pour affronter et anéantir les démons qui les hantent afin de reprendre le contrôle de leur avenir.
Couverture du roman Marie, le combat du cœur
9.3
Engourdie par un froid glacial malgré ses précautions, Marie n'aspire qu'à retrouver la chaleur de son foyer, son époux et leur enfant. Mais en cette période de guerre débutée en septembre 1939, le danger rôde. Chaque pas sur les feuilles mortes menace de la trahir face à l'occupant allemand qui quadrille la zone. Dans ce climat de terreur, elle doit se mouvoir en silence pour échapper aux patrouilles ennemies et éviter une arrestation fatale.