
Haine Ardente, Amour Éteint
Chapitre 3
Le jour de l'enterrement, Pierre est resté inhabituellement calme.
Son assistant, Thomas, se tenait derrière lui, le cœur battant à tout rompre.
Il n'avait jamais vu Pierre comme ça.
Après avoir appris la mort d'Amélie, Pierre avait ri jusqu'à en avoir les larmes aux yeux, puis était resté silencieux pendant une journée entière.
Maintenant, aux pompes funèbres, il regardait la photo en noir et blanc d'Amélie sur l'urne, son visage sans expression.
La famille Dubois est arrivée.
Marc Dubois, le frère aîné d'Amélie, s'est précipité vers lui, les yeux rouges.
"Pierre Lambert ! Espèce de salaud ! Rends-moi ma sœur !"
Marc a levé le poing pour le frapper.
Les gardes du corps de Pierre se sont immédiatement interposés, maîtrisant Marc au sol.
Pierre n'a même pas jeté un regard à Marc.
Il a juste tapoté doucement l'urne, ses doigts fins caressant la surface froide.
Un sourire glacial est apparu sur ses lèvres.
"Ta sœur ?"
Il a ricané.
"Elle est là."
Il a soulevé l'urne, la montrant à Marc comme un trophée.
Puis, sous les yeux horrifiés de tout le monde, il a renversé l'urne.
Les cendres grises et blanches se sont déversées, se dispersant dans l'air.
"Non !" a crié Marc, sa voix brisée par le désespoir.
Pierre a piétiné les cendres qui étaient tombées sur le sol, les écrasant sous ses chaussures en cuir italien.
"Trop sale. Elle devrait être réduite en poussière."
Son ton était léger, presque joyeux, mais ses yeux brillaient d'une haine profonde.
"Elle ne méritait même pas d'être dans une boîte."
Moi, Amélie, je flottais dans les airs, une âme invisible.
Je regardais la scène, les larmes coulant sans que personne ne puisse les voir.
Mon cœur, ou ce qui en restait, était en mille morceaux.
J'avais sincèrement aimé cet homme pendant deux ans.
Je lui avais tout donné. Mon amour, mon corps, ma fortune, et même ma vie.
Et voilà comment il me traitait.
Pierre s'est accroupi devant Marc, qui se débattait toujours.
Il a tapoté la joue de Marc avec sa main gantée.
"Ne t'inquiète pas, Marc. Ce n'est que le début. La famille Dubois... vous allez tous la rejoindre."
Sa voix était un murmure menaçant, promettant une destruction totale.
Marc le regardait, le visage tordu par la haine et le chagrin.
"Tu le regretteras, Pierre ! Tu le regretteras !"
Pierre a ri. Un rire froid, sans joie.
"Jamais."
Il s'est relevé, a épousseté son costume impeccable et est parti, laissant derrière lui une famille en deuil et les cendres de sa femme dispersées au vent.
Une partie de mes cendres a été emportée par le vent, une autre piétinée dans la terre.
Une petite partie s'est accrochée au revers de sa veste et à la semelle de ses chaussures.
Je l'ai suivi.
Je n'avais nulle part où aller.
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