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Couverture du roman Et si, je...

Et si, je...

Cette œuvre offre une plongée intime dans le quotidien d'une jeune femme en pleine transformation. Sur une période de sept ans, le récit explore ses tourments intérieurs, ses angoisses profondes et ses éclats de joie. À travers des questionnements existentiels, elle livre sa vision unique du monde et de l'existence. Soleil De Lune signe ici un texte empreint d'une vive émotion, fidèle à sa passion de toujours pour la littérature et le partage de ressentis sincères.
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Chapitre 3

Être ce que l’on n’est pas

Mars 2014

Là, tout de suite maintenant, je veux écrire. Seulement écrire. Tout ce que je ne puis dire de vive voix. Le mettre sur papier pourrait m’aider à me libérer ?! C’est redondant et cela prend du temps, de trouver son rythme et ce que l’on veut sincèrement. Je ne sais pas si cela sera utile, mais ça me permettra peut-être de voir comment cela fait. Et si je me mettais à me faire confiance de temps en temps. Je crois que tout part de là. Si je n’ai pas confiance en moi, je ne peux pas faire confiance aux autres. Écrire est une thérapie pour l’âme d’après certain.e.s. Et si cela me soulageait ?! Et puis, j’ai toujours voulu être écrivaine donc autant continuer à écrire car cela m’a toujours plu ! Mais en anonyme, c’est sûr. Il faudrait que je trouve un nom d’auteur vraiment top et pas commun, tout en étant simple. Aligner des mots les uns avec les autres pour décrire une émotion ou tout un tas de trucks, c’est ce que je veux faire en parallèle de mon altruisme particulier. J’aime écrire, car j’aime lire depuis petite. Mes parents, nous (mes frères et moi-même) ont donné le goût des livres en nous emmenant chaque semaine à la bibliothèque. Cet endroit merveilleux où il y a tout un monde d’univers divers. L’odeur du papier, le bruit du froissement des feuilles lorsque l’on tourne une page, l’imaginaire qui nous anime à chaque chapitre terminé. Écrire c’est vital pour moi, de plus la langue française est riche et nous offre tout un champ multiple des possibles.

Je savais que j’étais différente des filles de ma génération, étrangement j’avais du mal à m’intéresser aux relations amoureuses. Je ne sais pas pourquoi, mais sans doute ce souci de faire confiance aux autres encore une fois. Je pouvais conseiller les autres mais me concernant, c’était difficile. Bizarrement et malgré mon manque d’expérience, mon avis comptait énormément pour les autres qui venaient se confier à moi. Je ne pense pas être davantage spéciale que quiconque, d’ailleurs qui pourrait me comprendre moi, et me prendre pour une spécialité. Alors à force de regarder des films et séries télévisées, et des documentaires, il m’est arrivé de m’imaginer des histoires à l’eau de rose périmée. Je ne crois pas en l’amour mais j’aime trouver des solutions à mon entourage.

(Marche arrière) Septembre 2012

Je suis en études supérieures, plus précisément en réorientation. Après le bac, je me suis perdue dans des études que j’ai fini par laisser. Dans ces études dans le social, je me retrouve avec des personnes de tout âge et de parcours tout aussi divers que surprenants. C’est dingue, parce que de nos jours, à tout moment, on peut se dire que le métier que je fais depuis des mois, voire des années, je l’abandonne pour en apprendre un autre. Reprendre les bancs de l’école n’est pas évident, mais pour certaines personnes, je leur tire mon chapeau parce que c’est dur après avoir longuement travaillé sur le terrain professionnel. La théorie peut sembler être lointaine. J’ai la chance d’avoir eu ce déclic jeune, donc au bout de tout cela, je vise le Diplôme d’État et me lancer dans la vie active dans une profession que j’affectionne au moment je termine de rédiger cette phrase. Je ne suis pas là pour passer du bon temps, juste travailler et réussir. Il m’arrive de me considérer comme un robot programmé dans un seul but : réussir pour rendre fière ma famille et exercer dans un milieu plus que favorable à mon propre bien-être.

Lors de ma première année, je me disais que comme je ne connaissais personne, j’aurais pu être qui je veux, et que personne ne pourrait me juger sur ce que je suis. Je voulais être remarquable tout en discrétion. Comme on dit « chasser le naturel, il revient au galop ». Ma nature simplement complexe est revenue car je ne peux moduler mes attitudes si je ne savais pas réellement qui j’étais à la base. Et puis, pourquoi changer pour se mettre une énième carapace sur le dos. Je voudrais avoir confiance en moi et aux autres pour avancer dans un nouveau chapitre de ma vie. En même temps, cette formation de longue durée dans le social prend un tournant que j’appréhende. C’est beaucoup se donner, pour recevoir peu ou tout autant. Cette forme d’altruisme particulier. Je ne veux pas en être dégoûtée. Je crains d’être dégoûtée ou de me détruire l’esprit à vouloir trop bien faire pour les autres dans le besoin. Je ne veux pas me rendre dans un lieu de travail en ayant la boule au ventre. Je veux être épanouie et vivre bien. Si à un moment, je ressens le début de « symptômes » liés à une overdose de travail (ce qui n’est pas improbable vu le milieu vers lequel je me dirige), eh bien.. Il sera temps de changer, avant la fatigue mentale, avant le « burn-out » (mot anglais, toujours l’anglais, cette langue qui m’agace un peu).

Juin 2014

Selon moi, la langue française n’a pas assez de vocabulaire, bien qu’elle soit opulente. Comment décrire de manière simple et compréhensible un « truck machin-chose » sans passer par l’anglais ? Nous avons là une belle langue et souvent nous passons par l’anglais pour exprimer quelque chose. C’est dommage n’est-ce pas ?

Par exemple, sur le plan sentimental, je vais essayer de décrire une chose simple : un « bidule difforme » retourne ce petit muscle qui rythme notre vie. Plusieurs mots viennent se bousculer à la fois : manque, possessivité, envie, jalousie, énervement… N’y aurait-il pas un seul mot qui puisse définir l’ensemble ?

Ici, le mot « amour » est beaucoup trop fort. Alors on peut parler de « sentiments », mais ici encore, c’est vaste et inadapté. S’agirait-il d’affects », ce mot presque dur rien qu’à la sonorité ? Après tout, qu’importe… Ressentir un souffle au cœur pour une personne est particulier, voire singulier. Ce vent d’espoir, qui secoue tout son être, amène ce chatouillis à l’estomac qui frémit les pulsations cardiaques. Un fil d’électricité que l’on sent passer dans les mains quand sa pensée effleure notre imaginaire. Lorsque les regards se croisent, les sourires s’échangent, une pensée traverse l’un et parvient à l’autre sans ouvrir la bouche. Cependant, pourrions-nous ne faire qu’un ? Au-delà de toutes nos similitudes contraires.

Bref, en réalité, aujourd’hui encore, je caresse à peine l’idée de pouvoir un jour ressentir la moindre chose pour une personne de ce bas monde. Qu’elle serait l’idée de pouvoir se sentir exceptionnelle pour une seule personne, en dehors de sa propre famille. Une personne qui de prime abord, étrangère, deviendra peu à peu la personne qui nous connaîtra le mieux. Comment décrire cet état...

Alors peut-être que je me trompe, mais à mon humble avis, je trouve que la langue française est limitée en vocabulaire (par moment), ou beaucoup trop compliquée (sur certains plans). Car je n’arrive pas à décrire de manière simple et compréhensible que je suis une énigme pistanthrophobe1

On a longtemps cherché s’il y avait une langue naturelle et commune à tous les hommes sans doute, il y en a une et c’est celle que les enfants parlent avant de savoir parler.

Jean-Jacques Rousseau

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