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Couverture du roman Enchaînée au vilain milliardaire défiguré

Enchaînée au vilain milliardaire défiguré

Elisa a passé son existence effacée derrière l'éclat d'une sœur idéale. Pourtant, c'est elle que le destin désigne pour une union forcée avec l'énigmatique Liam Utterhood. Ce milliardaire craint de tous cache un visage défiguré derrière un voile de mystère. Lors d'une cérémonie marquée par les moqueries cruelles de la haute société, la jeune femme lie son sort à cet homme méprisé. Désormais mariée à ce monstre présumé, elle doit affronter l'inconnu sous son nouveau nom.
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Chapitre 1

La fête battait son plein. Les lumières étaient tamisées et l'atmosphère était plutôt douce et sereine. Dans un coin de la pièce, un orchestre s'acharnait à jouer de ses instruments, emporté par la musique classique. Les invités, vêtus de leurs plus beaux atours, dansaient et échangeaient des salutations polies ainsi que des plaisanteries mondaines. Les femmes se pavanaient dans leurs robes, et les hommes, dans leurs costumes qui semblaient avoir été faits sur mesure. Tous tenaient un verre d'alcool à la main.

Je me tenais dans un coin de la pièce et laissais mes doigts glisser le long du délicat cristal de mon verre de jus. L'alcool n'avait jamais été mon fort. Ma robe verte, magnifiquement ornée de dentelle, épousait chaque courbe de mon corps, renforcée par la chaleur étouffante qui régnait dans la pièce. Les volants de tissu flottaient tout autour de moi. Malgré l'élégance de ma tenue, je me sentais légèrement mal à l'aise. Je ne me sentais pas vraiment à ma place.

- M'accordez-vous une danse ? entendis-je soudainement.

Je me retournai et me trouvai face à un homme grand, séduisant, à la silhouette élancée, un sourire charmeur plaqué sur le visage. Ses yeux étaient d'un bleu profond. Je baissai le regard vers sa main tendue vers moi. Un frisson de méfiance me parcourut la colonne vertébrale. Mes souvenirs les plus sombres revinrent soudainement à la surface. Des moments où ma confiance avait été trahie, où l'on avait tenté de profiter de mon innocence, de ma naïveté, pour obtenir quelque chose de plus intime.

Je sentis mon cœur s'emballer. Ces hommes qui se pavanaient avec arrogance et assurance, tout en dissimulant leurs véritables intentions derrière des masques de courtoisie et de galanterie, faisaient remonter en moi des souvenirs douloureux que je préférais enfouir au plus profond de mon être.

- Je suis désolée, murmurai-je.

Il parut surpris par mon refus, puis se contenta d'un sourire.

- Si vous changez d'avis, vous saurez où me retrouver.

Je me contentai d'un sourire. Il s'inclina légèrement, puis se fondit à nouveau dans la foule de l'élite.

« C'est le quinzième, Elisa », soupirai-je intérieurement.

Quinze beaux jeunes hommes m'avaient invitée à danser, et j'avais décliné toutes leurs invitations.

Je me retrouvai de nouveau seule dans mon coin, enveloppée par le silence, mes pensées bourdonnant sans cesse dans ma tête.

La chaleur devint soudainement oppressante et commença à m'envahir peu à peu. De grosses gouttes de sueur perlèrent sur mon front. Ma main se leva instinctivement pour essuyer l'humidité qui s'était immiscée, mais à chaque geste que je faisais, j'avais l'impression d'aggraver la situation. Je tentai de me rafraîchir en agitant mon éventail avec frénésie, mais l'air stagnant de la pièce était trop coriace pour résister à toutes mes tentatives de « refroidissement ».

J'avais l'impression que la robe que je portais était collée à ma peau. Ce bustier était trop serré et me tuait de l'intérieur. Je sentais mes côtes se comprimer à travers ma chair. Un four me brûlait la gorge.

Je traînai mes pieds jusqu'au balcon. Dès que mes mains se saisirent du rebord de pierre froide, un soupir de soulagement s'échappa involontairement de ma gorge. Le vent frais de la nuit caressa ma peau et envoya des frissons tout le long de mon échine.

La demeure des Utterhood...

C'était un immense manoir. Tout y était si grand, si luxueux, si beau. Il était rare que les Utterhood organisent des fêtes. C'était une famille très respectée. Ils possédaient de grandes entreprises aux quatre coins du monde. Tout le monde mangeait dans leur main. Personne n'osait leur tenir tête. Cette famille se composait d'Helena Utterhood, la mère, de Jackson Utterhood, le père, et enfin, de leur fils unique, Liam Utterhood.

Appuyée contre la balustrade, je laissai mon regard errer sur le paysage nocturne qui s'étendait devant moi. Les étoiles scintillaient dans le ciel obscur comme des joyaux éparpillés. Le silence apaisant de la nuit n'était rompu que par le doux murmure du vent. Une bouffée d'air frais emplit mes poumons et dissipa instantanément la chaleur étouffante qui régnait à l'intérieur du manoir.

Pour la première fois depuis le début de la soirée, je sentis mes muscles se détendre, libérés de la tension que je ressentais depuis que j'avais mis les pieds dans cette maison, comme si un danger m'y attendait. Mes paupières se fermèrent un instant. La brise nocturne soufflait légèrement, et je me mis à la savourer, la laissant glisser sur ma peau comme une caresse.

Le jardin des Utterhood s'étendait sur plusieurs hectares. Mes yeux erraient distraitement sur le paysage, profitant de la beauté des lieux, quand un bruit attira soudainement mon attention. Intriguée, je baissai les yeux vers le sol et vis à quelques pas de moi une femme vêtue d'une robe bleu nuit assez courte, ses cheveux aussi sombres que les miens. Elle était engagée dans une conversation animée avec un homme.

Il se tenait nonchalamment debout, une main dans la poche de son pantalon, l'autre se balançant le long de son corps. Immobile, il affichait une posture décontractée. Je ne pouvais pas voir son visage, puisqu'il était dos à moi. Son costume semblait de qualité, peut-être même fait sur mesure, avec des nuances de gris argenté et de noir.

- Crois-tu vraiment que tu peux vivre avec moi ? Supporteras-tu la vue de mon visage ?

Sa voix grave résonna dans l'air. Sa question était froide et dépourvue d'émotions.

La jeune femme fit la moue et posa sa main sur son avant-bras.

- Je ne suis pas comme toutes ces filles que tu as croisées. Je suis capable de t'aimer au-delà de ta beauté, déclara-t-elle.

Elle avait l'air déterminée.

L'homme demeura silencieux. Il se contenta de rester inerte, impassible. À l'évidence, cette femme ne l'intéressait pas.

- Tu ne me crois pas ? Demanda-t-elle.

Elle s'approcha, tendit lentement la main vers son visage. Mais il la repoussa en interceptant brusquement sa main.

- Personne n'a le droit de voir mon visage sans ma permission, déclara-t-il d'un ton sec. Mais puisque tu te crois capable de m'aimer... je te laisse l'honneur de retirer ce masque.

Un silence tendu s'installa. La femme sembla hésiter. Puis, elle prit une profonde inspiration, un sourire triomphant s'esquissant sur ses lèvres. Ses doigts glissèrent sur le masque, qu'elle retira avec précaution. J'avais même l'impression qu'elle retenait son souffle.

Un hoquet de stupeur s'échappa de sa bouche. Le masque lui échappa des mains et s'écrasa lourdement au sol. Elle porta ses mains à ses lèvres, une expression d'horreur se dessinant sur son visage.

- Tu es... immonde. Je n'ai jamais rien vu d'aussi affreux, grimaça-t-elle.

Sans un mot de plus, elle tourna les talons, ses jambes tremblantes la portant loin de l'homme. Elle fuyait comme si sa vie en dépendait, comme si rester là une seconde de plus signifiait sa fin.

Comme si elle avait vu... un monstre.

Comment pouvait-elle réagir avec une telle puérilité ? Il y avait l'art... et la manière. Et pourtant, elle l'avait abandonné. Il était désormais seul.

Mes yeux restèrent fixés sur l'homme, maintenant agenouillé. Une étrange aura de malaise flottait dans l'air. Lentement, il ramassa son masque argenté du sol, le tenant entre ses doigts avec délicatesse, comme s'il s'agissait d'un trésor. Son regard se perdit dans les reflets froids du métal poli.

Puis, dans un mouvement fluide, il se redressa. Et nos regards se croisèrent.

Un frisson glacial me parcourut l'échine. J'étais face à ce visage défiguré. Un visage que personne n'aurait su oublier. Sa peau semblait ondulée, parcourue de motifs étranges, comme ravagée par de l'acide. Ses traits étaient distordus, grotesques. Ses yeux, brillaient d'une certaine intensité et paraissaient scruter directement mon âme.

Ses lèvres tordues, à moitié fondues, semblaient prêtes à vomir toute la haine du monde. Ses joues étaient marquées de creux profonds et de bosses informes.

La bile me monta à la gorge. Tous les mets que j'avais avalés depuis le début de la soirée voulaient quitter mon estomac. D'un geste fébrile, je portai ma main à mes lèvres, terrifiée. Mon cœur s'emballa, résonna dans ma poitrine avec une telle violence que je crus un instant qu'il allait jaillir hors de moi... telle Athéna surgissant du crâne de Zeus.

Je restai figée, incapable de détourner le regard de ce spectacle. Jamais encore, je n'avais vu une telle laideur, jamais, je n'avais été confrontée à une aberration aussi déroutante de la nature.

C'était la première fois de ma vie que je voyais le visage de Liam Utterhood.

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