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Couverture du roman Élue: Tome I

Élue: Tome I

Victime d'un quotidien marqué par la violence et les tourments, une jeune femme saisit l'opportunité de briser ses chaînes. En mettant fin à son calvaire, elle ignore encore les bouleversements qui l'attendent. Entre les murmures oniriques d'une voix mystérieuse et l'accomplissement d'un destin incertain, Ever doit naviguer entre l'espoir d'une existence apaisée et la menace de nouvelles noirceurs. Suivez le combat d'une héroïne résiliente face à l'inconnu.
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Chapitre 3

Chapitre 2

Terreur

Je fus réveillée à six heures trente par le réveil, je m’extirpai des draps en gémissant, j’avais si mal. Je me dirigeai, un bras serré autour de mon buste, vers la cuisine, maman était déjà là et préparait le petit-déjeuner, je déposai un baiser sur sa joue.

— Comment tu te sens ? demanda-t-elle.

— Pas trop mal, répondis-je.

— Si seulement tu pouvais prendre ces antidouleurs.

C’est vrai que ça nous simplifierait la vie, mais papa explosait lorsqu’on prenait des médicaments. Il croyait sincèrement que les raclées qu’il nous mettait étaient légitimes, complètement fou le vieux !

— J’ai l’habitude, maman.

Ses yeux brillèrent de larme, je posai ma tête sur son épaule en l’enlaçant.

— Si je pouvais fuir loin avec vous, je le ferais mais cette ordure nous pourchasserait.

— Ce serait bien la première fois qu’il ferait quelque chose de sa vie, plaisantai-je pour la détendre.

Elle eut un petit sourire. J’allai m’asseoir, pris une poignée de céréales et la versai dans ma tasse, je mangeai lentement, bus mon lait et lavai ma tasse dans le lavabo.

— Tu ne prends pas un verre de jus d’orange ? s’étonna maman.

— Non, c’est le dernier litre et il en reste assez pour un verre. Tu connais Alexy quand il n’a pas son jus d’orange.

Ce dernier apparut en baillant, je déposai un baiser sur son front et filai. Je fouillai dans l’armoire branlante, je dénichai une tenue propre et sobre et allai m’habiller. Je me brossai les cheveux et les dents. J’allai mettre mes ballerines noires, saluai ma famille et sortis. J’avançais calmement, je croisais quelques personnes qui m’observèrent avec pitié, je les saluais doucement. Je continuais d’avancer, il faisait un peu froid, je passais devant la boulangerie et regagnais le bout de la rue. Je pénétrais dans le bar-restaurant, j’avançais jusqu’au bar, poussais la porte et regagnais la salle des employés, je trouvais Maria, ma patronne, Aïsha et Mohamed, j’enlevais mon manteau et me tournais vers eux, leurs yeux étaient agrandis par l’inquiétude.

— Bon-jour, bredouillai-je.

— Bonjour Ever, répondit Maria.

— Hey bébé ! s’écria Mohamed

Mohamed m’appelait comme ça depuis qu’il était arrivé, c’était un dragueur, mais comme il était comme ça avec toutes les filles, je ne me sentais pas vraiment chanceuse. Même sans ça, je n’aurais pas été intéressée. Il n’existe que deux représentants masculins en qui j’avais une totale confiance, mes frères. Je restais sur mes gardes avec les autres, je n’avais jamais eu de petit copain et ça ne m’avait jamais tentée, comment croire aux hommes quand on avait un père comme le mien ? Surtout sachant que lorsque maman l’avait rencontré, il n’était pas du tout comme ça. Ce n’était pas très juste, je le conçois, de mettre tous les hommes dans le même sac mais je ne pouvais m’en empêcher, j’avais trop peur.

Je leur fis la bise et chacun pris grand soin de ne pas appuyer sur mes bleus. Aïsha, comme à son habitude, me passa du fond de teint sur le visage et dans le cou afin d’apaiser le bleu violet, même si ça se voyait encore, ce n’était plus aussi frappant qu’au début.

Ensuite, nous allâmes préparer la salle et à neuf heures, Maria ouvrit, très vite, les habitués arrivèrent. La matinée passa avec difficulté, j’avais non seulement mal mais la main qui portait l’attelle me rendait maladroite, je fis tomber trois plateaux et des verres au bar. À midi, je regagnai la salle des employés avec tristesse, j’étais adroite d’habitude mais aujourd’hui j’étais une catastrophe. Je posais mon assiette de bolognaise et commençais à manger, Mohamed essayait de me faire rire. Maria entra et me fixa longuement, elle se servit une tasse de café, le fit chauffer et s’assit à côté de moi.

— Ever, je suis désolée, dit-elle, mais je vois bien que tu as du mal à travailler avec cette attelle.

Je relevais la tête.

— Faut juste que je m’habitue, répliquai-je déjà vaincue.

— J’ai bien vu que le moindre mouvement te fait mal et cette attelle te gêne, je suis désolée mais je pense que le mieux serait que tu te reposes. Le médecin t’a donné combien de semaines d’arrêt maladie ?

— Trois, balbutiai-je.

— Bien, tu vas rentrer chez toi et te reposer pendant ces trois semaines, dis à ta maman de m’apporter l’arrêt maladie, d’accord ? Bien entendu, tu seras payée comme si tu avais été présente.

J’aurais voulu la supplier mais je ne le fis pas, je supportais déjà mal les regards de pitié alors si j’osais me plaindre ou supplier quelqu’un, ce serait pire. Puis je la comprenais, j’avais déjà fait pas mal de casse en une matinée. Au moins, elle ne me virait pas.

J’acquiesçai, elle pressa mon épaule avec douceur, je me levai, enfilai mon manteau, rapportai mon assiette à demi pleine en cuisine et partis en saluant tout le monde. Je marchais en direction de la maison, j’étais triste et furieuse. Triste car je serais coincée à la maison pendant trois semaines et furieuse car c’était sa faute ! Le pire étant que grâce à la moitié du salaire qu’il me prenait, cet enfoiré se payait alcool et putes !

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