Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Elle est devenue sa propre étoile

Elle est devenue sa propre étoile

Face à l'hospitalisation d'urgence de sa mère, blessée par le chien de sa meilleure amie Chloé, la narratrice appelle son fiancé Adrien. Loin de la soutenir, celui-ci préfère rester skier à Courchevel avec Chloé. Tandis que l'infection dégénère en choc septique mortel, le duo affiche son bonheur sur Instagram. Seule face au décès de sa mère à l'aube, la jeune femme réalise l'ampleur de leur trahison. Brisée mais déterminée, elle décide de disparaître pour mieux se venger.
Chapitres
Partager

Chapitre 2

La bague de fiançailles semblait un objet étranger à son doigt.

C'était un diamant de trois carats, pur et froid, un symbole de sa place dans le monde d'Adrien. Il la lui avait offerte lors d'une fête somptueuse, une déclaration publique. Maintenant, elle ressemblait à une marque au fer rouge.

Clara se tenait dans la salle de bain de la maison de sa mère. Le visage dans le miroir était celui d'une étrangère – pâle, avec des yeux trop grands, trop sombres.

Elle tourna la bague. Elle ne voulait pas venir. Ses doigts étaient gonflés d'avoir pleuré, d'avoir serré les poings.

Elle passa sa main sous l'eau froide, le froid s'infiltrant dans sa peau. Elle tourna de nouveau, plus fort cette fois. Le diamant érafla sa jointure.

Elle glissa enfin.

Elle la tint dans sa paume. Elle était lourde. Une ancre.

Elle ne la jeta pas. Elle ne la tira pas dans les toilettes. Elle alla dans le salon et la posa délicatement au centre de la cheminée, juste à côté d'une photo poussiéreuse de ses parents le jour de leur mariage.

Un paiement. Pour la vie qu'il avait prise.

Les deux jours suivants furent un flou de tâches méthodiques. Chacune était un petit acte d'effacement.

Elle commença par les vêtements de sa mère. Elle ouvrit le placard et l'odeur de lavande et de naphtaline – l'odeur d'Élise – emplit la petite chambre.

Clara enfouit son visage dans un pull en laine douce et l'inspira, un sanglot étranglé s'échappant de sa gorge. Elle s'accorda ce seul moment.

Puis, elle commença à plier.

Elle tria tout en piles. À garder. À donner. À jeter.

La pile à garder était petite. Un tablier à fleurs délavé. Un exemplaire usé de "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur". Un petit médaillon en argent avec une photo de Clara bébé à l'intérieur.

Elle les emballa dans un seul carton, le fermant avec des mouvements fermes et délibérés. Elle écrivit « SOUVENIRS » sur le dessus au marqueur noir. Un tombeau pour une vie.

Elle passa aux photographies. Des albums remplis de photos de classe, de vacances, d'anniversaires.

Elle en trouva une prise l'été dernier. Eux trois. Elle, sa mère et Adrien, debout sur le porche de cette même maison. Sa mère rayonnait, son bras passé sous celui d'Adrien. Adrien souriait de son sourire facile et charmeur, sa main posée sur la taille de Clara.

Ils ressemblaient à une famille.

C'était un mensonge.

La main de Clara était stable lorsqu'elle prit une paire de ciseaux dans la boîte de couture de sa mère.

Elle ne déchira pas la photo. C'était trop émotionnel, trop désordonné.

Elle découpa soigneusement, précisément, Adrien de l'image. Elle tailla les bords jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'elle et sa mère, souriant sous le soleil d'été. Une ligne nette et franche séparait son monde du sien.

Elle glissa la nouvelle photo, plus petite, dans son portefeuille.

Elle jeta le morceau de papier avec le visage souriant d'Adrien à la poubelle.

Cette nuit-là, son téléphone vibra. Une notification d'Instagram. Chloé avait de nouveau posté.

C'était une vidéo cette fois. Un court clip d'elle et d'Adrien sur un télésiège. Il riait, son bras drapé autour de ses épaules. Il se pencha et l'embrassa sur la tempe. Ce n'était pas un baiser amical. C'était possessif. Familier.

La légende était un simple émoji cœur.

Clara la regarda une fois. Deux fois.

La douleur n'était pas vive. C'était une pression sourde et lourde dans sa poitrine, confirmant tout ce qu'elle savait maintenant. C'était le coup de grâce.

Ce n'était pas une nouvelle trahison. C'était une vérité de longue date qu'elle avait refusé de voir. Il ne réconfortait pas seulement une amie. Il était avec la personne qu'il avait choisie.

Elle ressentit un étrange sentiment de calme. La douleur était une boussole. Elle lui indiquait qu'elle allait dans la bonne direction.

Elle se leva et se dirigea vers la cheminée. Elle regarda la bague, scintillant froidement sur le manteau.

C'était une insulte. Une blague.

Elle la ramassa. Cette fois, elle n'hésita pas. Elle se dirigea vers la porte de derrière, l'ouvrit et jeta la bague de toutes ses forces dans l'obscurité du jardin en friche.

Elle ne l'entendit pas atterrir.

Elle avait juste disparu. Avalée par la nuit.

Vous aimerez aussi

Couverture du roman La femme écartelée: Les enquêtes de Marc Deauville
7.9
Lors d'une promenade banale en réserve naturelle, un chien déniche une main humaine. Ce vestige macabre lance le commissaire adjoint Marc Deauville dans une affaire complexe. Identifier la victime n'est que le premier défi, car l'enquête se heurte vite à d'étranges pressions politiques. Pourquoi le pouvoir tente-t-il d'entraver le travail policier ? Malgré les interférences, l'équipe doit tout faire pour démasquer l'auteur de ce crime ignoble dans ce cinquième opus captivant.
Couverture du roman L'amour dangereux
9.6
Cinq mois avant le drame, le quotidien lycéen de la protagoniste s'étire entre ennui et monotonie. Heureusement, la présence constante de Marie, sa meilleure amie, rend les cours magistraux plus supportables. Studieuse, l'héroïne recopie scrupuleusement des notions qu'elle maîtrise déjà pour avoir pris de l'avance sur le programme. Lorsque la cloche retentit enfin, libérant les deux jeunes filles, une question s'impose pour la soirée qui s'annonce.
Couverture du roman L'épouse et la bête: une tragédie
8.9
Sophie, ma femme, a tué notre chien avant de me livrer à ses molosses. Devenu un spectre, je vois cette femme cruelle manipuler mon héritage et accuser Marc, son amant, de ma disparition. Seul mon grand-père, Gérard, dresseur émérite, devine l'horreur. Entre trahisons et folie, Sophie finit par massacrer ses complices avant de subir le courroux de Gérard. Sous les coups de batte brisant ses os, celle qui me tortura est traitée comme une bête, offrant enfin la paix à mon âme tourmentée.
Couverture du roman L'Épouse, L'Amant et L'Argent
7.9
Architecte renommé, Alexandre Dubois voit son existence basculer en découvrant l'impensable sur ses caméras de surveillance. Sa femme Chloé, influenceuse en vogue, le trompe avec Marc, son meilleur ami, tout en utilisant sa fortune pour financer leur liaison. Face à cette trahison totale, Alexandre refuse le divorce classique. Consumé par la rage, il décide de simuler sa propre mort. Disparaître pour mieux observer, dans l'ombre, l'effondrement de ceux qui l'ont spolié.
Couverture du roman L'ex de ma vie
8.1
On emploie souvent des expressions comme l'homme ou la femme de sa vie pour désigner l'être aimé, mais la réalité cache parfois une figure bien plus indélébile : l'ex de notre vie. Il s'agit de cette personne unique dont le souvenir persiste malgré le temps et les ruptures, celle que l'on ne parvient jamais vraiment à effacer de son cœur. Plongez dans l'intimité de Gaga et découvrez un récit touchant où les sentiments passés dictent encore le présent.
Couverture du roman L'extase du cœur
8.5
Lors de leur rencontre initiale, Becky n'était qu'une sans-abri en fuite, vivant dans un dénuement total. Malgré son apparence négligée, Darrow fut instantanément séduit par la pureté qui émanait d'elle. Avec l'aide de sa sœur, il décide de la recueillir pour transformer son destin et faire d'elle une icône de la mode. Devenue le mannequin le plus en vue du pays, Becky gravit les échelons de la gloire tout en préservant l'innocence touchante qui avait jadis captivé Darrow.