
EDEN
Chapitre 3
POV Lily
Avant même d'ouvrir les yeux, je peux déjà dire que je me sens bien, même si j'ai le souvenir d'avoir fait un rêve étrange. Il y avait un homme avec les même yeux que le loup que j'ai vu la nuit de la mort de mes parents. Des yeux apaisant mais aussi terriblement attirant.
Je bouge un peu cherchant à m'enrouler dans ma couette quand je réalise que c'est impossible. Tout mon corps est étroitement emmêlé à un autre corps. Durant un court instant, je panique. Putain mais qu'est ce que j'ai foutu hier soir ? Comment Anna ou Lucas à pu me laisser partir avec un inconnu ?
J'ouvre les yeux mais au même moment, cet homme remonte sa main le long de mon dos et je me sens fondre sur place. Ces mains sont grandes et chaudes, puissantes et douces en même temps, je ne peux m'empêcher de frissonner à son contact. Je réalise alors que ma main est sur son torse , un torse avec des abdos en bétons. Je relève un peu la tête et constate que cet homme est juste magnifique, je n'avais jamais vu une couleur de cheveux pareil. Ma main se lève, sans que je n'y fasse attention et je déplace une mèche qui barre son front.
N'importe quoi, à quoi je pense sérieux. Je suis dans le lit d'un paraît inconnu et tout ce que je trouve à faire c'est le recoiffer ? Je pourrais me gifler pour mon geste et pour autant je ne me recule toujours pas. Je comprends pas ce qu'il se passe, mon corps refuse de m'obéir. Une part de moi me hurle que je suis enfin à ma place.
La sonnerie de mon portable me tire de ma contemplation et je réussis à m'extirper de sa prise pour réaliser que ma robe est en partie baissée avant de la remettre rapidement. Je vérifie en panique que je porte toujours mes sous vêtements et soupire de soulagement en réalisant que c'est le cas. Je vois mon sac posé au pied du lit et me précipite dessus pour en sortir mon portable.
Le choc, 40 appels en absence et presque autant de messages. Je tourne rapidement la tête vers l'homme étendu dans le lit. Voyant qu'il dort encore, je regarde mon portable, mon frère et Anna s'inquiètent. Pestant contre cette foutue soirée dont je ne me rappelle rien, j'envoie un message rapide. « Tout va bien. Je vais arriver. » Je passe mes mains sur mon visage en me maudissant et finis par me relever. Seulement, je ne sais pas pourquoi, tout à cou, j'ai la tête qui tourne. J'essaye d'avancer, distinguant vaguement une porte mais après deux pas, mes jambes flanchent et je me sens tomber.
POV Logan
J'ai sentis quand elle s'est réveillée, quand elle a paniqué et surtout, la douce caresse de sa main sur mon front. Je sais qu'elle a peur, elle ne comprend pas ce qu'il se passe ni comment elle est arrivée ici. Je ne compte pas l'effrayer, elle m'est bien trop précieuse, alors refoulant mon loup et son besoin de possession, je la laisse agir, je fais comme si je dormais mais au fond de moi, sa chaleur me manque déjà.
Elle se lève du lit, mais quelque chose ne va pas. Je peux le ressentir. Je la rattrape avant qu'elle ne tombe sur le sol et enfin je peux plonger dans ces yeux.
- Doucement ma douce. La drogue que t'a donnée ce mec hier va peut être laisser des traces pendant encore quelques heures.
Je vois à ces yeux qu'elle a peur. Elle se demande ce qu'il lui est arrivé et recommence à paniquer.
- Ne t'en fais pas. Il ne t'a pas touché. Personne ne t'a touché.
- Je..Merci. Je dois partir. Mon frère...
- D'abord tu dois manger un morceau et ton frère viendra te chercher. Il est hors de question que je te laisse partir dans cet état ma douce.
Je lis la surprise dans son regard en m'entendant l'appeler ainsi, mais rien n'est aussi délectable que le doux frisson qui la parcoure en entendant ma voix. Elle est si belle et mon loup me confirme qu'elle lui plaît vraiment. Il s'agite, incapable de tenir en place après l'avoir attendu si longtemps et mes yeux changent de couleur sans que j'arrive à l'arrêter.
POV Lily
Ces yeux. Ce rouge, c'est le même, celui de cette nuit, celui qui nous a protégé. Mes doigts se posent sur sa joue. C'est vraiment les même. Protecteurs, et en même temps possessifs. Il ne lui manque que cette belle fourrure argentée. Je me relève et quitte ces bras. Aussitôt un vent froid me parcours mais je dois m'éloigner. Il est dangereux, il veux me faire penser que c'est lui, mais je n'y crois pas.
Un voile de tristesse traverse son regard et mon cœur se serre pourtant, il n'est pas lui.
- J'ai l'impression que tu m'as protégé hier soir alors merci pour tout mais je vais partir maintenant. Désolé de t'avoir dérangée, bien que je ne me souvienne de rien.
Je récupère mon sac et commence à me diriger vers l'une des deux portes de la chambres. À mi parcours, je soupire en demandant quelle est celle qui mène à la sortie. Voyant qu'il ne me répond pas, je me dirige vers la plus proche pour tomber sur une salle de bain classieuse. Je referme et file vers la deuxième quand j'entends un grognement.
Mon geste s'arrête alors que mon corps se retourne automatiquement et là, à la place de cet homme, je le vois. Ce loup, celui qui m'a sauvé, celui qui a sauvé mon frère est face à moi. Mon corps se détend aussitôt, c'est bien lui. Il reste assis comme si il m'attendait et je ne résiste pas à l'envie de m'approcher.
- C'est bien toi n'est ce pas ? Toi qui nous a sauvé mon frère et moi.
Le loup se lève et s'approche de moi avant de frotter son museau contre moi. Mon cœur se remplit de joie alors que je me serre contre lui.
- Bien sûr que c'est toi. Lucas n'a jamais aimé parler de toi mais moi je ne t'ai jamais oublié.
Je sens le loup frémir contre moi et je ferme les yeux en me gorgeant de son odeur. Une odeur de pin, de mousse, de forêt.
- Tu m'a tellement manqué.
Mes mots me surprennent, mais en même temps, c'est vrai. J'ai rêvé de lui si souvent, même quand je ne dormais pas, je le dessinais. Qu'importe les rumeurs sur les loups, dans mon esprit, il était possible qu'une poignée d'entre eux ne soit pas si mauvais que ça. Il me pousse doucement et j'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi mais son regard me rassure et je m'assieds devant lui.
- Enfin tu es devant moi.
Une voix raisonne dans ma tête, je sais que c'est lui, ça façon de me regarder, d'incliner la tête, il cherche à savoir si je le comprend.
- J'arrive à t'entendre, comment c'est possible ?
- Tu me comprenais déjà à l'époque, à ta façon. Maintenant tu entends les mots, mais avant ça, tu sentais déjà mon cœur.
- C'est pour ça que je n'ai pas eu peur de toi ?
- Pas tout à fait. À l'époque tu étais trop jeune pour le sentir mais maintenant que tu es une femme, tu dois le savoir.
- Savoir quoi ? Je sors avec des amis pour fêter mon diplôme et je me retrouve là, avec un homme que je ne connais pas, puis la minute d'après, tu es ici, à mes côtés.
- Et toi, tu es enfin là.
- Comment ça enfin là ?
- Je t'ai attendu depuis si longtemps. Toi, la seule qui puisse me compléter, me rendre plus fort. La seule capable de mener ma meute au sommet. Mais, il a voulu attendre. Mon humain, il a dit que tu devais te remettre et que tu étais bien trop jeune, pourtant, je le savais, tu es as moi, a moi seul. Rien qu'à moi, dit-il en s'approchant.
Sa démarche en ferait reculer plus d'un mais je sais qu'il ne me veux pas de mal et je me permets même de sourire avant de le regarder dans les yeux.
- Tu comptes vraiment essayer de m'impressionner ? Je n'avais déjà pas peur de toi enfant, pourquoi j'aurais peur de toi maintenant ?
Il s'arrête un instant, comme si j'étais parvenu à le troubler, et contre toute attente me demande.
- Tu vas essayer de partir ?
- Loin de toi ? Jamais, dis-je en me blottissant contre lui, tant que tu voudras de moi, je resterais près de toi.
- Tu ne comprends toujours pas ? Tu arrives à me comprendre, je ne t'effraie pas, tu es à moi Lily. Tu es ma compagne. Ma moitié, la seule qui sera combler ma vie. De temps à autre, je serais plus dur, tu dois le savoir, et personne ne pourra t'approcher mais, tu es à moi et c'est toi qui détiens le pouvoir de ma meute. Tu seras ma Luna et je ferais tout pour que tu sois heureuse.
- Tu crois vraiment que je suis ta compagne ? Je veux dire, depuis le temps j'ai entendu des histoires, j'ai vu des filles disparaître mais à chaque fois, il y avait quelque chose d'autre, dis-je un peu gênée.
- Tu parles de la marque ?
- C'est ça, on dit qu'en prenant une compagne, un loup la marque et qu'après, ils s'accouplent, alors elle devient sienne à jamais.
- C'est vrai, mais, personne n'aurait pu penser que tu serais plus à l'aise avec ma forme de loup.
- C'est donc ta forme humaine avec qui je dormais.
- C'est ça, c'est lui qui m'a empêché de te revoir et en même temps, c'est lui, qui m'a empêché de te marquer hier soir, dit-il les oreilles légèrement en arrière.
- Pourquoi a t-il fait ça ?
- Parce qu'il veut être sûr que tu le veuilles. Que tu le veuilles vraiment.
- Bien sûr que je veux rester avec toi. Tu m'a sauvé, moi et mon frère.
- Tu es sûr de toi, car après, tu ne pourras plus revenir en arrière. Tu m'appartiendras, pour toujours, dit-il en faisant miroiter une lumière dorée dans son regard. Pour toujours et à jamais. Tu seras à moi. À moi, répéta t il en grognant.
Sans vraiment savoir pourquoi, je lui souris. J'ai confiance en lui. Je sais qu'il ne me fera jamais de mal. Je pose mes mains sous ces yeux et le regarde avant de lui répondre.
- Tu n'as pas besoin de revendiquer ce droit. Ni même de grogner pour ça, je t'appartiens déjà et ça depuis très longtemps. Si tu veux me marquer, je te laisserais faire. Je ferais tout ce qu'il faudra tant que je peux rester avec toi.
Encore une fois, mon corps réagit de lui même. J' incline la tête pour lui laisser un accès à mon cou. Il me renifle et rien qu'à le sentir près de moi je souris. Enfin il est là, près de moi. Si près de moi.
Quand ces crocs s'enfoncent dans mes chaires, j'ai l'impression que je vais mourir tant la douleur est insoutenable et pourtant, après quelques secondes, une vague de chaleur m'envahit et mes cris se transforment en gémissements.
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