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Couverture du roman Docteur charme - Tome II : Les tumultes du passé

Docteur charme - Tome II : Les tumultes du passé

Installés à Paris, Louka et Anna savourent enfin leur idylle. En s'immergeant dans le quotidien de sa compagne, Louka découvre les épreuves financières et la solitude qu'elle a subies avant leur rencontre en Afrique. Pour bâtir leur futur, le couple doit affronter les fantômes du passé qui menacent leur union. Entre nouveaux visages et amis fidèles, ce second tome explore leur quête de résilience, oscillant entre espoir, projets communs et secrets à surmonter.
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Chapitre 3

Je sors du bureau du DRH le sourire aux lèvres et le cœur plus léger. J’ai obtenu sans difficulté de cumuler les congés que je n’ai pas pris depuis le début de l’année, et cela me permet de ne reprendre mon travail que dans trois semaines, tout en pouvant prétendre à une semaine de vacances à la fin de l’été pour envisager un voyage avec Louka.

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, ma candidature pour intégrer le service des urgences a beaucoup intéressé le DRH – car il est apparemment en sous-effectif – et il ne devrait pas y avoir de soucis pour mon transfert.

Mon téléphone vibre, je reçois un SMS de mon docteur charme qui me demande si tout s’est bien passé. Il vient de sortir de l’agence immobilière et me propose de se retrouver dans un restaurant sympa près de l’hôpital Saint-Louis pour déjeuner.

Je lui réponds aussitôt et pars vers le lieu indiqué, un sourire toujours scotché aux lèvres.

Le temps est un peu maussade aujourd’hui aussi j’enfile ma veste noire par-dessus ma robe fluide rouge foncé. D’un regard, je repère mon amoureux assis derrière la baie vitrée du restaurant ; il me fait un signe de la main.

Dès que j’arrive à sa hauteur, je lui dépose un tendre baiser sur la bouche puis je m’assieds en face de lui.

— Tout s’est bien passé apparemment ! me lance Louka un large sourire flottant sur ses lèvres.

— Oui, je suis très contente ! J’ai trois semaines de vacances et je vais pouvoir travailler aux urgences. Le manque d’effectif a bien joué en ma faveur, dis-je excitée par ces bonnes nouvelles. Et toi ? L’agence pense pouvoir nous trouver un petit nid d’amour ?

— Oui Mademoiselle ! Nous allons pouvoir visiter des biens très rapidement ; j’ai joué de mon charme auprès de la dame de l’agence, dit-il avec un sourire irrésistible.

Je le contemple un instant et je ne peux que confirmer qu’il a vraiment un charme indéniable. Ce matin, le jeune médecin a enfilé un costume gris foncé sur une chemise blanche et on dirait qu’il sort tout droit d’un magazine. L’éclat de ses yeux ambrés me sonde tout entière et je repense en rougissant à notre soirée de la veille au restaurant d’abord puis à nos ébats dans mon appartement.

Le regard amusé, Louka me taquine :

— Je donnerai cher pour lire dans tes pensées ma douce, bien que j’aie suffisamment d’imagination… Tu es adorable quand tu rougis, ajoute-t-il avec un regard appuyé.

La serveuse nous interrompt en nous confiant la carte des menus et je détourne les yeux de mon bel amoureux, les joues encore brûlantes

Nous déjeunons sereinement en discutant de notre futur appartement. Louka m’apprend qu’il possède un grand garde-meuble où il a entreposé de nombreux effets personnels dont du mobilier que l’on pourrait utiliser pour notre logement.

— On ira cette semaine si tu veux, me propose-t-il, comme ça tu pourras choisir ce qui te plait ou ce que l’on jette.

J’en profite pour parler d’un sujet qui me met particulièrement mal à l’aise, mais qu’il est nécessaire que j’évoque avant notre emménagement :

— C’est plutôt une bonne nouvelle que tu possèdes des meubles, ça nous fera des frais en moins, surtout avec la location. Je ne suis pas difficile, tout fera l’affaire…

Puis j’ajoute dans une tentative vaine pour faire de l’humour :

— Tu as vu ma déco, non ?

À ces mots, Louka se penche vers moi avec un air grave :

— Anna, je veux que l’on se sente bien dans cet appartement et que tu le décores comme tu le souhaites sans penser à la dépense. D’ailleurs puisque tu parles d’argent, je souhaite partager le loyer de ton studio – ça me parait normal puisque j’y vis – et tous les autres frais aussi.

Son ton est empreint de douceur et son regard me scrute comme s’il souhaitait me poser des questions. Je devine sans peine que la vétusté de mon appartement ne l’a pas trompé ce qui me contrarie et me gêne à la fois. En lisant mon journal intime, j’ai confié à Louka mes pires démons et il sait que la stérilité et le rejet de mon ex-mari m’ont profondément blessée, l’indifférence de mes parents aussi

Soudain, je n’ai pas envie de rajouter un fardeau de plus sur la liste, car j’ai la désagréable impression de n’être plus qu’un lot de problèmes et cela me blesse.

Je sursaute légèrement alors qu’il pose une main rassurante sur la mienne et commence à parler calmement :

— Je crois surtout que tu n’as pas pu faire autrement non ?

— Oh, Louka, ce n’est pas grand-chose, ce n’est que du matériel de toute façon.

Mon docteur charme me fixe un instant puis il me demande doucement :

— Anna, pardonne-moi de te poser la question… Est-ce que tu as dû faire face à des difficultés financières suite à ton divorce ?

Je lui réponds un peu sèchement :

— Qu’est-ce que cela change ? L’argent n’est pas important, tu le sais bien.

— Sauf si tu en manques au point de devoir te priver dans la vie de tous les jours… Anna, Vincent t’a bien donné la part qui te revenait sur votre appartement non ? insiste-t-il encore.

Je le dévisage en pâlissant, mais je vois à son expression que ses doutes se confirment.

— Il mériterait une bonne raclée ce sale type, dit-il les dents serrées.

Je secoue la tête et explique d’une voix basse :

— J’étais d’accord avec lui pour renoncer à ma part, après tout je ne pouvais pas porter son enfant et c’est une forme de préjudice…

— C’est une plaisanterie non ? me coupe-t-il. Je ne peux pas croire que tu te blâmes encore de ne pas avoir pu tomber enceinte !

Je comprends son irritation bien sûr, car je sais à quel point il est malsain de me rendre responsable de ma stérilité. Pourtant, je n’ai pas envie que mon docteur charme ait pitié de moi, je baisse la tête ne sachant que répondre.

— Anna, tu n’es responsable de rien, ne crois pas cet abruti, je t’en prie. Tu es une jeune femme merveilleuse et c’est lui qui a tort, dit-il d’un ton convaincant.

Il se penche et pose sa main sous mon menton pour que je relève les yeux vers lui. Il me sourit tendrement et me propose d’aller marcher un peu.

Les nuages s’accumulent dans le ciel de Paris et je songe avec tristesse que le temps, à l’instar de mon moral, s’est assombri.

Nous marchons main dans la main en direction du métro, mais le silence qui persiste entre nous est assourdissant.

Je sais bien que Louka a raison au fond.

Vincent a su jouer de ma douleur psychologique pour me culpabiliser et s’approprier les bénéfices financiers de notre appartement. Pire encore, il a utilisé la fonction d’avocat de son père pour me convaincre que juridiquement j’étais responsable de notre divorce.

Je m’arrête brutalement de marcher, mon petit ami se tourne vers moi perplexe. Tout à coup, je me rends compte que mon retour à Paris a fait ressurgir mes doutes quant à mon estime de moi et je ne veux pas faire machine arrière sur la résilience que je suis en train d’accomplir !

— Tu as raison, dis-je à Louka sur un ton déterminé. C’est minable ce que Vincent a fait et honnêtement, je suis bien contente de ne plus être mariée avec lui.

— Tu me surprendras toujours mon amour, me répond-il le regard empreint de fierté en m’enlaçant au beau milieu du trottoir.

Le temps de rentrer, la pluie s’est mise à tomber et nous arrivons trempés dans mon petit studio. Pendant que je sèche mes cheveux dans la salle de douche, mon docteur charme nous prépare un thé bien chaud.

Manifestement, mon petit ami n’a pas passé toute la matinée à l’agence immobilière, car je constate que le frigidaire est plein alors que je sors une bouteille de lait. Un joli bouquet de fleurs apporte une belle touche de couleurs sur le plan de travail de la cuisine.

Charmée par cette attention, je l’enlace en lui déposant un long baiser sur les lèvres.

— Merci, mon amour, dis-je tout contre sa bouche. J’ai beaucoup de chance de t’avoir dans ma vie.

— Je t’aime tellement, bébé.

Son baiser est doux et tendre, mes mains caressent ses cheveux tout naturellement.

Il pose son front contre le mien en me lançant un regard charmeur :

— J’ai envie de passer l’après-midi au lit avec toi, chuchote-t-il en passant ses mains dans mon dos pour me rapprocher encore de lui.

À ces mots, le désir flambe immédiatement dans mes veines et je me contente d’acquiescer de la tête puis de déposer des petits baisers dans le creux de son cou. Je remonte lentement vers sa mâchoire jusqu’au lobe de son oreille que je prends entre mes lèvres comme une gourmandise.

— Hum, bébé, soupire de contentement le jeune médecin tandis que sa main trouve la fermeture éclair de ma robe.

Celle-ci tombe à mes pieds et je l’enjambe machinalement tout en déboutonnant la chemise de mon docteur charme, les doigts tremblants d’impatience.

Comme toujours, son regard, sa peau, son odeur me chavirent complètement et je ne peux plus penser qu’à une seule chose : que cet homme magnifique me prenne le plus rapidement possible pour nous emmener vers l’extase.

Louka attrape mes épaules puis me tourne afin de dégrafer mon soutien-gorge. Sa langue trace de délicieux sillons le long de mon dos et je devine qu’il s’est agenouillé tandis qu’il fait glisser minutieusement ma petite culotte rouge jusqu’au sol.

Je suis nue, offerte, dos à lui et ma respiration s’accélère alors que sa langue reprend son chemin vers mes épaules et que son torse nu se presse contre mon dos répandant un peu plus de chaleur encore dans mon corps. Ses mains glissent vers mes seins qu’il se met à titiller délicatement jusqu’à ce que les pointes durcissent.

— Surtout, ne t’arrête pas, chuchoté-je en penchant ma tête en arrière pour laisser sa bouche explorer mon cou.

Sa main s’aventure entre mes jambes.

N’en pouvant plus, je me tourne pour lui faire face et lui lance un regard langoureux en déboutonnant son pantalon de costume pour le laisser tomber à ses pieds, puis je passe ma main à l’intérieur de son caleçon pour caresser son sexe dressé. Louka s’empare de mes lèvres avec fougue et baisse lui-même son caleçon pour s’en débarrasser et laisser libre champ à ma main qui accélère la caresse jusqu’à le faire gémir dans ma bouche.

— Oh, Anna, je ne peux pas me rassasier de toi, murmure-t-il tout contre mes lèvres.

Le voir s’abandonner ainsi m’excite au plus haut point, je m’agenouille à mon tour pour prendre son pénis dans ma bouche et le caresser avec ma langue. Mes mouvements s’accentuent peu à peu, Louka gémit mon prénom et quelques mots incompréhensibles en caressant mes cheveux.

Il me redresse, le regard chaviré de désir :

— Viens sur moi, dit-il en m’entrainant sur le canapé où il m’assied sur lui à califourchon.

Je me glisse sur son sexe délicieusement puis je ferme les yeux par la sensation de plaisir que cela me procure.

Je chuchote tout contre son oreille :

— J’aime tellement faire l’amour avec toi.

Il agrippe mes hanches fermement et nous entraine dans un rythme infernal qui nous fait gémir à l’unisson. Mes mains se posent sur ses épaules, ma joue frotte contre la sienne alors qu’il me fait monter et descendre inlassablement. Le plaisir monte en moi, la chaleur envahit mon ventre et je suis proche de jouir, tellement proche que la sensation est presque douloureuse. Louka me chuchote d’une voix rauque :

— Oh oui, Anna, c’est bon. Je t’aime, mon amour.

— Moi aussi. Encore, encore.

Je bascule enfin dans un orgasme puissant en gémissant longuement, puis je sens le corps de mon amant se contracter à son tour. Il m’allonge brusquement sous lui en continuant à une cadence frénétique ses mouvements de va-et-vient. Je serre très fort mes jambes autour de sa taille, incapable de résister au plaisir de l’orgasme qui n’en finit pas.

Lorsque nos corps sont apaisés, le thé est froid et Louka, uniquement vêtu de son caleçon, apporte les deux tasses en riant vers le micro-ondes. J’enfile une nuisette et me love dans le canapé, alanguie comme une jeune mariée après sa nuit de noces. La pluie martèle les vitres de l’appartement, mais mon humeur est définitivement à l’opposé de la météo.

Une fois installés tous les deux en train de siroter notre thé, il me demande gentiment si je veux bien lui expliquer pourquoi je me suis retrouvée sans argent après le divorce.

— Vincent et son père ont réussi à me convaincre de renoncer à mes droits sur l’appartement en me culpabilisant, dis-je calmement. Toutes mes économies étaient passées dans l’achat de ce bien, et du coup je me suis retrouvée sans rien. Une fois le loyer payé, la caution, l’achat de quelques meubles d’occasion il me restait peu de budget pour autre chose que la nourriture.

— Ta tante et ton oncle ne se sont rendu compte de rien ?

— Si, je pense qu’Isa et Georges se faisaient du souci pour moi. Ils ont posé pas mal de questions à cette période, mais je me suis arrangée pour les rencontrer à leur domicile et qu’ils ne viennent pas dans mon minuscule studio. En fait, Isa m’a même emmené faire du shopping avant mon départ pour l’Afrique, elle m’a offert presque toute une garde-robe, j’avais beaucoup maigri alors…

Quand je finis de lui raconter tout cela, mon petit ami ne s’emporte pas devant la perfidie de Vincent comme à son habitude. Je vois bien qu’il se contient et je lui en suis grée : après tout, pourquoi donner de l’importance à tout ça ?

Mon portable sonne et je constate, ravie, que justement c’est Isa qui m’appelle.

Je prends la communication en lançant un regard joyeux à mon amoureux qui me sourit en retour puis s’éclipse poliment vers la salle de douche.

Quand il en ressort un peu plus tard, j’ai raccroché et j’ai une excellente nouvelle :

— Isa et Georges nous invitent tous les deux à diner chez eux demain soir. J’ai vraiment hâte de te les présenter !

Il s’assied près de moi, les cheveux encore trempés de sa douche :

— Je suis ravi de les rencontrer, me dit-il avec enthousiasme. Ce serait sans doute plus pratique si j’allais louer une voiture pour les prochaines semaines.

— On peut prendre un taxi demain soir tu sais, pas la peine de dépenser…

La phrase m’a échappé, mais je vois à l’expression du visage de mon docteur charme qu’il a très bien compris que c’est compliqué pour moi de dépenser de l’argent après mon expérience difficile.

Il pose une main sur ma joue et caresse tendrement la courbe d’un de mes sourcils.

— Comme tu veux mon amour, murmure-t-il d’un ton rassurant.

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