
Des Lys Toxiques et un Cœur Brisé
Chapitre 3
Aveline POV:
Je me forçai à sourire, un masque de calme sur mon visage, bien que mon cœur saignât à grosses gouttes. Gwendal sembla remarquer mon calme inhabituel. Il me regarda avec des yeux interrogateurs, un pli sur le front.
« Tu as l' air fatiguée, ma chérie. Si tu veux, on peut partir d' ici. On ira à la côte, te changer les idées, » proposa-t-il, une tentative maladroite de réconfort.
Je me tournai vers lui, un sourire amer sur les lèvres. « Oui, Gwendal. C' est une excellente idée. Nous pourrions dîner dans notre restaurant préféré ce soir, puis prendre le large sur le yacht pour voir le lever du soleil demain matin. »
« Merveilleux ! » dit-il, son visage s' éclairant. « Je t' ai d' ailleurs réservé une surprise pour ton anniversaire. Et après cette période mouvementée, on pourra enfin penser à avoir un enfant, tu ne crois pas ? »
Je me tournai vers la fenêtre, mon regard vide, les mots se perdant dans le vide.
Nous arrivâmes à la côte peu après. Le soleil commençait à descendre, peignant le ciel de teintes orangées et violettes. À peine étions-nous sortis de la voiture que son téléphone sonna. Une mélodie joyeuse, qu' il avait choisie pour un contact spécial.
Il répondit. Son visage se fit doux, un sourire béat étirant ses lèvres. Puis, une ride d' inquiétude apparut entre ses sourcils. Son ton devint hésitant. « Oui, mon amour… bien sûr… »
Je me tournai vers lui, mon cœur engourdi par la douleur, incapable de ressentir quoi que ce soit de plus. « C' est urgent, Gwendal ? »
Il me regarda, l' air coupable. Il ouvrit la bouche pour parler, mais je le coupai, un doux sourire sur les lèvres. « Va-t' en, Gwendal. Je vais t' attendre sur le yacht. »
Je n' avais pas besoin de voir le nom sur son écran. Je savais. Seule Doriane pouvait provoquer cette expression sur son visage, cette alternance d' adoration et de désarroi.
Une fois à bord du yacht, je sortis mon téléphone. Je cherchai le profil de Doriane. Une nouvelle photo, postée il y a quelques minutes. Elle la montrait affalée sur un canapé, l' air épuisé mais rayonnant. La légende me transperça. « Après une nuit difficile, mon Gwendal est toujours là pour moi. Le petit déjeuner au lit, préparé de ses mains. »
Des commentaires affluaient déjà. « Quel mari dévoué ! » « Vous êtes le couple parfait ! »
Mon regard s' arrêta sur l' homme sur la photo. Son bras entourait Doriane, et à son poignet… La montre. La montre qu' il ne quittait jamais. La montre gravée.
Je composai son numéro. Une sonnerie. Puis, une voix féminine, pleine de suffisance, répondit.
« La chercheriez-vous, Madame Sansoucy ? » Doriane. Sa voix suintait la moquerie. « Il ne viendra pas. Il ne viendra jamais. Tu n' as jamais été capable de garder un homme, n' est-ce pas ? Ni ton premier mari, ni celui-ci. Même si je te le mettais dans les bras, tu ne saurais pas le retenir. »
Je raccrochai, le souffle court, le corps tremblant.
« Les clés du yacht, s' il vous plaît, » dis-je au marin, ma voix étrangement calme.
Il me regarda, surpris. « Madame ? Vous voulez conduire ? »
« Non, » murmurai-je. « Je veux juste être seule. »
Je pris la barre, le vent glacial fouettant mon visage. L' océan s' étendait à l' infini devant moi, sombre et menaçant. Le froid extérieur n' était rien comparé à la glace qui s' était installée dans mon cœur.
Je m' assis sur le pont vide, regardant la lune descendre lentement à l' horizon. Le temps passa. L' aube, timide et pâle, commença à remplacer les étoiles. Il n' était jamais venu.
Cinq ans de ma vie défilèrent devant mes yeux, une succession de souvenirs douloureux. Ses caresses, ses mots doux, ses promesses… tout n' était que mensonge. Chaque geste tendre, chaque baiser, chaque murmure d' amour était une trahison, une farce cruelle qui rendait ma propre sincérité ridicule.
L' aube approchait. Je composai son numéro une dernière fois. Une voix mécanique répondit. « Le numéro que vous avez composé n' est pas disponible. » Son téléphone était éteint.
Je regardai l' écran, fixant le message. Puis, d' un geste lent et délibéré, j' ouvris mes réseaux sociaux. J' attachai deux fichiers, programmant leur envoi dans quelques minutes. Un enregistrement vocal, une vidéo. Mes adieux. Mes preuves.
Tout était en place. Le soleil apparut, flamboyant, au-dessus de l' horizon. Mon ancien moi mourut avec la nuit.
Je supprimai toutes les photos, tous les messages, son numéro. Je n' avais plus besoin de sa fausse tendresse, de sa fausse sollicitude. J' étais libre.
Au même instant, loin de là, Gwendal se préparait à quitter Doriane. « Mon amour, je dois partir. C' est l' anniversaire d' Aveline, et je lui ai promis de regarder le lever du soleil. »
« Tu es en retard, Gwendal. Ne t' inquiète pas, reste un peu, » murmura Doriane, se blottissant contre lui. « J' ai besoin de toi maintenant. »
Il secoua la tête. « Je reviens vite. »
Alors qu' il se levait, une voix paniquée résonna dans son esprit. « Alpha ! Le bateau d' Aveline… Il a été pris dans une tempête ! »
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