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Couverture du roman De la femme de la mafia à la femme libre

De la femme de la mafia à la femme libre

Mariée depuis trois ans à Damien Ricci, parrain de Marseille, mon rôle se limitait à lui offrir un héritier. En découvrant ma grossesse, j'ai compris que ce test était mon arrêt de mort. Cachée, j'ai surpris Damien confiant à sa sœur que je ne serais plus qu'une poulinière inutile après l'accouchement. Pour lui, je n'existe pas. Face à cette trahison glaciale, j'ai décidé de briser ses plans. Un seul appel pour une interruption volontaire, et son échiquier s'effondre.
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Chapitre 2

Point de vue de Clara :

Je ne suis pas sortie de ma chambre du reste de la journée. J'ai ignoré les coups discrets de la femme de chambre et le SMS de Damien qui disait simplement : « Dîner. 20h. » Il attendait de moi une obéissance aveugle. Et il l'obtenait toujours.

Ce soir, tout allait changer. Ce soir, je commençais à jouer mon rôle.

À 19h55, il a ouvert la porte de la chambre sans frapper. Un rappel subtil que je n'avais aucune intimité, aucun espace qui ne soit pas le sien. Il portait un costume noir sur mesure, son pouvoir était une présence physique dans la pièce, aspirant l'air de mes poumons. Il régnait sur la pègre de cette ville d'une main de fer, un héritage de violence transmis de génération en génération.

Il tenait une petite tasse fumante. « Tu as manqué le dîner. Bois ça. C'est une tisane de ma sœur. Elle dit que c'est bon pour toi. »

Ses yeux, couleur de ciel d'orage, étaient fixés sur moi. Il n'y avait aucune chaleur en eux, seulement une évaluation. Il regardait son investissement, vérifiait sa propriété.

La vapeur dégageait une odeur amère et terreuse. « Je n'ai pas soif », ai-je dit, ma voix à peine un murmure.

Sa mâchoire s'est crispée. C'était un mouvement minuscule, mais je savais que c'était le signe que sa patience s'épuisait. Il s'est approché, l'odeur de son parfum de luxe et de quelque chose de dangereux remplissant l'espace entre nous.

« J'ai dit, bois. » Ce n'était pas une demande. C'était un ordre, soutenu par la menace tacite de ce dont il était capable.

« Non », ai-je dit, une étincelle de défi que je ne me connaissais pas montant en moi. C'était pour mon bébé. Je n'avalerais rien que je n'aie pas préparé moi-même.

Son expression n'a pas changé, mais l'air s'est épaissi de menace. Il a posé la tasse, et d'un mouvement rapide, il m'a saisi le menton, ses doigts s'enfonçant dans ma mâchoire. Il m'a forcé à renverser la tête, sa force écrasante. De son autre main, il a pris la tasse et l'a portée à mes lèvres.

« Tu vas apprendre à obéir, Clara », a-t-il murmuré, sa voix une promesse froide. Il a incliné la tasse, et le liquide chaud et amer a inondé ma bouche. Je me suis étouffée, essayant de le recracher, mais il a maintenu ma mâchoire fermée jusqu'à ce que je sois forcée d'avaler.

Il m'a relâchée, et je me suis effondrée sur le lit, toussant et crachant. Il m'a regardée, son visage un masque indéchiffrable. « Ce n'était pas si difficile, n'est-ce pas ? »

Une vague de vertige m'a submergée presque instantanément. Les contours de la pièce ont commencé à se brouiller. La silhouette imposante de Damien a vacillé, se dédoublant, puis se triplant. Une sensation lourde et engourdissante s'est propagée dans mes membres.

La dernière chose que j'ai vue avant que mes yeux ne se ferment était le léger pli satisfait de ses lèvres.

Je me suis réveillée des heures plus tard avec un mal de tête lancinant et un goût sec et immonde dans la bouche. L'obscurité m'oppressait. Mon corps était lourd, violé.

La panique m'a griffé la gorge, mais je l'ai refoulée. Je me suis souvenue de la micro-caméra que j'avais cachée dans la bibliothèque des semaines auparavant, un acte désespéré d'auto-préservation.

Mes mains tremblaient tandis que je récupérais la petite carte mémoire et la glissais dans ma tablette. Je me suis blottie sous les couvertures, la lueur de l'écran illuminant mon visage. J'ai avancé rapidement à travers des heures de pièce vide jusqu'à ce que je trouve le moment juste après ma perte de connaissance.

La vidéo montrait Damien debout au-dessus de moi. Isabelle est entrée dans la pièce.

« Elle est inconsciente ? » a-t-elle demandé, sa voix tranchante.

« Complètement », a répondu Damien. « Le dosage était parfait. »

Mon cœur s'est serré comme dans un étau invisible. Le dosage. Il me droguait.

Isabelle s'est approchée du lit et a regardé ma forme inerte avec un mépris pur. « Elle a refusé la tisane ? La petite salope commence à se rebeller. »

« Ce sont les hormones de grossesse », a dit Damien d'un ton dédaigneux. « Ça n'a pas d'importance. Encore quelques semaines comme ça, et elle sera parfaitement docile. Soumise. Exactement comme elle aurait dû l'être depuis le début. »

Le souffle que je retenais s'est échappé dans un hoquet rauque. Il voulait me droguer jusqu'à la soumission pendant toute ma grossesse.

Isabelle a ri, un son comme du verre brisé. « Et à la fête d'anniversaire, on va bien s'amuser. Après lui avoir fait boire le champagne, elle ne se souviendra de rien. On pourra enfin montrer à tout le monde ce qui arrive à une épouse qui ne connaît pas sa place. »

Damien n'a pas répondu. Il s'est contenté de me regarder, son expression froide, calculatrice. C'était un monstre, mais pas du genre à se cacher dans l'ombre. C'était le genre de monstre qui bâtit des empires et détruit tranquillement des vies dans le confort de sa propre maison.

J'ai éteint la tablette, l'écran devenant noir. La rage en moi était une chose silencieuse et froide. Il ne voulait pas seulement un héritier. Il voulait briser le réceptacle qui le portait.

Et j'allais le laisser croire qu'il gagnait, jusqu'au moment précis où je lui prendrais son héritage et disparaîtrais pour toujours.

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