
Damnation: Tome III:Le diamant noir
Chapitre 3
À ce moment précis, je commençais déjà à ressentir le poids du pouvoir et je compris mieux l’attitude parfois distante et froide que pouvait avoir Antoine. Pour être respecté et obéi, il ne fallait pas faiblir une seule seconde devant les démons esclaves ou le peuple de l’enferDonc avoir une attitude autoritaire et confiante démontre l’importance que tu donnes. Alors, les pleurs et les jérémiades, il en était hors de question
Même si j’ai confiance en l’obéissance de mon chevalier noir, mais sur sa fidélité ou sa motivation, je m’en méfie comme de la peste.
Me tournant vers lui, je le vois concentré sur le clavier de son PC.
C’est un très bon assistant au moins.
— Pourquoi as-tu trahi tes frères ? demandais-je sans préambules.
Un rictus de surprise et l’arc sourcilier se dessine au-dessus de son œil se relève, me faisant comprendre que ma question le gène.
Il arrête de pianoter aussi sec sur son clavier puis se tourne vers moi. Pendant une fraction de seconde, je vois comme une lueur de peine dans son regard.
— Être le frère du milieu n’as aucunavantage, bougonna-t-il en se redressant sur son siège. Et… à vraidire, Lili a réussi à me rendre dingue d’elle, même si je sais très bien qu’elle n’en a rien à faire de moi.
Le dévouement par amour. Je ne pouvais que le comprendre sachant que j’avais accepté tellement de choses pour Antoine, mais sa voix si triste me fait vraiment de la peine.
— Elle est très forte en manipulation, continua-t-il, la mine défaite. Je pensais réellement vivre une belle histoire avec elle, mais je sais que pour elle, tout cela n’est qu’un jeu. Je suis conscient que je ne suis que son petit chien-chien.
Mon idée sur Michael changea soudainement, c’est en fin de compte un grand enfant perdu qui a juste besoin d’être mis en valeur et respecter sur tout le travail qu’il accomplit.
— Mais qu’est-ce qui te retient maintenant ? demandais-je sans pour autant être douce. Pourquoi ne les retrouves-tu pas ?
Il eut un rire amer.
— Ils me détruiraient, affirma-t-il. Et j’avoue que j’ai trop honte pour revenir.
C’est là qu’il se trompe. Je ne faisais peut-être pas partie de cette famille aussi longtemps que lui, mais s’il y a bien une chose dontj’étais sûr, c’est le dévouement et l’amour qu’ils ont entre eux. La famille, c’est sacré pour eux.
Sans lui dire ce que moi je pensais, je préfèrechanger de sujet.
— M’as-tu trouvé un logement à Monte-Carlo ?
Il pianota sur son clavier puis tourna l’écran vers moi.
La villa la vigie à Monte-Carlo Beach. Une vue panoramique exceptionnelle sur la Méditerranée, la Principauté et la baie de Roquebrune-Cap-Martin.
Une villa à trois niveaux, offrant six chambres, quatre salles de bain, deux dressing-rooms, un équipement haut de gamme et une décoration sobre et élégante, elle dispose également d’une superbe terrasse de 237 m².
— Marbre, colonnes, cheminées, parquet et hauts plafonds lui confèrent une atmosphère tendance-chic, ajouta Michael avec assurance, fière de sa petite trouvaille.
— Parfait, dis-je sans sourire.
L’endroit aurait été parfait pour des vacances avec Antoine, pensais-je soudainement.
— Je veux que tu renforces la sécurité au domaine, ajoutais-je en regardant défiler la route. Je veux deux dobermans dressés à mes côtés et je les veux dès notre arrivée.
Tout de suite, Michael prit son téléphone, puis obéit à l’ordre.
Arrivés à bord du jetprivé de la famille Lux, je savais qu’en faisant cela j’allais donner un indice précieux pour qu’ils me retrouvent rapidement. Je le faisais exprès pour qu’ils sachent que j’étais sur terre. Pendant tout le trajet, je discute avec Michael de ma prochaine acquisition, l’agence de mannequins à Monaco, j’avais donc rendez-vous le lendemain avec le PDG de l’agence « Dolly’s Royale », un riche Texan américain du nom de Douglas Jefferson.
L’agence n’est pas à vendre, mais je dois réfléchir à une proposition qu’il ne pourra pas refuser.
Être un démon me permettait un accès illimité au pouvoir démoniaque, être la femme de Satan m’en donnait encore plus et pour ne pas cracher dessus, j’avais accès aussi au compte en banque d’Antoine et à sa fortune colossale
Avec un sourire cynique, je bois le verre de whisky que m’a préparé ma secrétaire Darcy.
La jeune femme est une parfaite humaine bien vivante, la trentaine, sa blondeur est comme un champ de blé et son visage pourrait faire concurrence à la plus célèbre des mannequins. Ce qui la désavantage, c’est le non-maquillage et ses lunettes ridicules qui lui cachent un bonne partie de son visage.
À la regarder plus précisément, j’avais l’impression de me reconnaître dans sa timidité et son innocence certaines.
Enfin toutcela était du passé et aujourd’hui je ne suis que sensualité et sex-appeal.
Mais pour quoi faire ? Je suis certes marié, mais je ne connais plus les joies du bonheur et du sexe depuis trop longtemps maintenant.
J’enviais soudainement Darcy d’être si innocente, de ne pas connaître le mal, la cruauté et l’enfer.
Mais bon, si la famille Lux a su vivre avec pendant des siècles, je pouvais le faire aussi.
Oui, mais eux, ils n’ont connu que ça, me dis-je en mon fond intérieur.
Mes pensées furent interrompues par Michael qui me tend un dossier sur le PDG de l’agence de mannequinat que je convoite.
J’ouvre le dossier et tout de suite une photo de Douglas Jefferson apparaît.
Une peau mate, des traits masculins, des yeux marron foncé, des cheveux poivre et sel, une légère ressemblance avec l’acteur George Clooney à part que celui-ci a la quarantaine et est célibataire.
Lisant son descriptif, je découvre qu’il est le fils héritier d’un pétrolier du Texaset que sa mère est une ancienne star de cinéma française, vivant à la fois aux États-Unis et en France.
Donc jamais marié ni fiancé et aucune femme dans sa vie aujourd’hui. Il pratique le tennis, le golf et la voiture de course, passionné de formule 1. Et sachant qu’il y a un circuit à Monaco, je comprends mieux son choix de ville pour son agence.
J’étais encore à étudier sur le personnage et sur l’agence quand le jet atterrit à l’aéroport de Monte-Carlo.
Très vite, nous arrivons à la villa La Vigie.
Quel domaine splendide ! Le hall d’entrée, monumental, avec son superbe escalier, s’élevant vers les étages, donne le ton : espace, luminosité, standing.
Le hall mène directement au salon central, qui dessert la salle à manger et un grand salon quis’ouvre sur la vaste terrasse.
Le rez-de-chaussée comprend également une salle de billard – bibliothèque, ainsi qu’une cuisine moderne équipée de matériel dernière génération.
Au premier étage, deux grandes chambres doubles ayant leurs propres salles de bain, une chambre double légèrement moins grande avec salle de douche, un bureau privé, un dressing-room.
Au deuxième étage une chambre double et une salle de bain, deux chambres dont une légèrement moins grande partageant une même grande salle de bain, un bureau privé et un dressing-room.
Quatre employés nous attendent à l’entrée quand nous arrivons.
Il y a Franck, le majordome, qui est aussi mon chauffeur en cas de besoin. Il y a Rose et Magguy, cuisinière et femme de ménage, et enfin Pablo le jardinier et maître chenil. Celui-ci tient en laisse deux magnifiques dobermans mâles.
Tous les quatre ontdans la quarantaine et leurs allures sont simples et professionnelles, ils sont tirés à quatre épingles. Un bonjour poli à mon passage, je ne m’arrête que devant les chiens, je m’accroupis et les regardes droitdans les yeux. Par mon regard, je peux les faire obéir au doigt et à l’œil. Un reflet rouge et scintillant s’infiltre dans leurs iris comme si je venais de les hypnotiser.
— Pablo, celui-ci sera Viper, dis-je en posant une main sur la tête de l’animal qui est à sa gauche. Et l’autre sera Cross. Vous pouvez enlever leur laisse.
Celui-ci obéit tout de suite et d’un geste de la main, les chiens me suivent au pas sous les yeux écarquillés des employés. Cela prouvait que j’étais une femme puissante et qu’ils devaient chacun me craindre.
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