
Compagne Par Erreur, Aimée Pour Toujours
Chapitre 3
Un Alpha en guerre contre son destin.
Kaelan l'ignorait. Délibérément. Obstinément.
Il faisait comme si elle n'existait pas, comme si elle n'était rien de plus qu'une erreur qu'il finirait par corriger. Mais son corps ne le laissait pas oublier. Chaque fois qu'elle franchissait un seuil, son loup se tendait. Chaque fois qu'elle respirait, il l'entendait. Chaque fois que son cœur battait, il le ressentait.
Il enrageait.
Ce lien était un poison insidieux qui s'enfonçait dans ses veines, tordant ses instincts contre sa volonté. Il refusait de l'accepter. Il refusait de céder à cette force qui le poussait, inexorablement, vers elle.
Alors, il la fuyait.
Ou du moins, il essayait.
La meute n'avait pas cette retenue. Elle n'était pas la bienvenue, et ils ne se gênaient pas pour le lui faire comprendre.
Eliza avançait prudemment entre les cabanes massives du village, se forçant à ne pas croiser les regards des loups qui s'écartaient à son passage. L'air était chargé d'hostilité, de mépris à peine voilé. Des murmures couraient dans son dos, des chuchotements venimeux qu'elle aurait préféré ne pas entendre.
- *Une humaine...*
- *Une impure...*
- *Elle souille notre Alpha.*
Son estomac se tordit, mais elle garda la tête haute. Elle n'allait pas se laisser briser par des mots.
Pourtant, lorsqu'une femme-louve passa à sa hauteur et la heurta brutalement de l'épaule, Eliza trébucha sous l'impact.
- Regarde où tu marches, humaine, cracha la voix.
Elle se redressa sans répondre, mais son silence n'apaisa rien.
- Tu crois que parce que le rituel t'a liée à lui, tu as ta place ici ? poursuivit une autre voix, acérée comme une lame.
Eliza sentit un rire amer lui brûler la gorge. Sa place ? Elle ne l'avait jamais eue. Pas ici. Pas ailleurs.
Alors pourquoi restait-elle ?
Parce qu'ils l'avaient enfermée. Parce que Kaelan refusait de voir qu'elle était aussi piégée que lui.
Parce qu'elle n'avait nulle part où aller.
Non.
Un éclair de fierté lui traversa la poitrine. Elle *avait* un choix. Elle n'était pas une prisonnière.
Elle pouvait partir.
***
La nuit était tombée lorsque Eliza franchit la lisière des bois.
Son souffle était court, mais son pas déterminé. Elle n'avait pas pris le temps de réfléchir-si elle l'avait fait, elle aurait craint les représailles. Alors elle s'était contentée de marcher.
Loin.
Son cœur battait à tout rompre, un mélange de peur et d'excitation. Elle ne connaissait pas ces terres, mais l'instinct primal qui la poussait à avancer était plus fort que l'inconnu.
Mais alors qu'elle croyait enfin être libre, un frisson glacial lui parcourut l'échine.
Quelque chose la traquait.
Un bruissement dans les feuillages. Un mouvement, rapide, presque imperceptible.
Puis un grondement sourd.
Il était là.
Une ombre émergea des arbres, massive, imposante. Son regard doré l'attrapa dans son piège avant même qu'elle ne puisse esquisser un geste.
- Où pensais-tu aller ?
Sa voix était basse, menaçante.
Eliza fit un pas en arrière, mais il réduisit la distance en un battement de cils. Son corps entier irradiait une tension brute, dangereuse, une colère contenue qui vibrait dans chaque fibre de son être.
- Loin d'ici, répliqua-t-elle, défiant son regard.
- Mauvaise réponse.
Il bougea si vite qu'elle n'eut pas le temps de reculer.
Une main, brûlante, s'enroula autour de son poignet. Un frisson violent la parcourut lorsqu'une vague d'énergie brute pulsa entre eux, comme une force invisible qui se tendait, se resserrait, exigeait.
Le lien.
Elle vit sa mâchoire se contracter, ses pupilles se dilater imperceptiblement sous l'effet de ce courant indomptable.
- Lâche-moi, souffla-t-elle.
- Non.
Son ton était tranchant, absolu.
- Tu ne peux pas m'enfermer.
- Tu crois que c'est ce que je fais ?
Ses doigts serrèrent un peu plus. Il ne faisait pas mal. Pas physiquement. Mais son regard... Il la retenait bien plus encore que sa main sur elle.
- Si tu pars, tu risques de mourir.
Elle rit, amer.
- Parce que ta meute me laisserait une chance ?
- Parce que tu es seule, répliqua-t-il froidement. Et que les créatures qui rôdent dans ces bois n'ont aucune pitié.
Eliza sentit sa gorge se nouer. Elle ne voulait pas entendre ça.
Elle voulait croire qu'elle pouvait partir.
Mais la vérité était là, brutale.
Elle était vulnérable.
Et Kaelan était la seule barrière entre elle et l'abîme.
Elle tira sur son poignet, un dernier acte de défiance, mais il ne bougea pas.
Au contraire, il attira son corps plus près. Trop près.
La chaleur de sa peau. Son souffle. L'odeur brute de la forêt qui s'accrochait à lui.
Tout était oppressant. Hypnotisant.
Et elle détesta la façon dont son propre cœur répondit.
Elle leva les yeux vers lui, prête à cracher une dernière insulte... mais ses mots se perdirent.
Kaelan la fixait.
Pas avec colère. Pas avec mépris.
Mais avec quelque chose de plus sombre.
Plus profond.
Un instinct qu'il luttait pour contenir.
Un désir qu'il refusait de nommer.
Et l'espace d'un instant, le monde entier retint son souffle.
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