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Couverture du roman Cinq Ans à Genoux

Cinq Ans à Genoux

Élise a passé cinq ans asservie à Antoine, un mari tyrannique prétextant une phobie du contact pour l'isoler. Ce mariage arrangé n'était qu'un mensonge : Antoine brise enfin le masque en révélant son plan cruel devant sa maîtresse. Il compte vendre la virginité de sa femme aux enchères. Humiliée et exposée face à des acheteurs cyniques, Élise refuse de rester une marchandise. Sa seule issue réside désormais dans un appel désespéré à la grand-mère de son bourreau.
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Chapitre 3

Je suis retournée dans notre chambre. Notre chambre... Le mot sonnait faux. C'était sa chambre. J'avais un petit lit dans un coin, comme une servante.

L'air était différent.

Une odeur flottait, un parfum lourd et sucré que je ne connaissais pas. Le parfum de Clara.

Sur la coiffeuse d'Antoine, à côté de ses flacons de Cologne hors de prix, il y avait un rouge à lèvres rouge vif, ouvert. Une trace de ce même rouge à lèvres maculait l'un des oreillers de son grand lit.

Sur le fauteuil, un soutien-gorge en dentelle noire était nonchalamment jeté. Il ne m'appartenait pas.

La preuve était là, étalée, arrogante. Ils ne prenaient même plus la peine de se cacher. Ma présence dans cette maison était devenue si insignifiante qu'ils vivaient leur liaison sous mes yeux.

J'ai senti la nausée monter.

J'ai fouillé dans le tiroir de ma table de chevet, cherchant mon vieux téléphone.

La porte s'est ouverte. C'était Antoine.

Il arborait une expression que je ne lui avais jamais vue : une sorte de fausse bienveillance.

« Élise, je sais que c'est un choc. Mais vois le bon côté des choses. Tu seras libre après ça. Et riche. Je te donnerai un petit pourcentage. »

Un petit pourcentage. Le prix de mon âme.

Je l'ai regardé, et pour la première fois, je n'ai pas baissé les yeux. J'ai vu la laideur derrière son visage charismatique. La cruauté pure.

« Je ne veux pas de ton argent, » ai-je dit, ma voix tremblante mais ferme.

Son sourire a disparu.

« Ne sois pas stupide. Qu'est-ce que tu ferais sans moi, de toute façon ? Tu n'es rien. »

Il a vu la robe que j'avais sortie pour la soirée, une robe simple et sombre que j'avais choisie.

« Tu ne vas pas mettre ça. C'est horrible. J'ai quelque chose de beaucoup mieux pour toi. »

Il a ouvert la penderie et a sorti une robe. C'était une création Leclerc, évidemment. Une pièce de tissu presque inexistante, d'un rouge agressif, transparente par endroits. Une robe de courtisane.

« Mets ça. »

« Non. »

Le mot est sorti tout seul, un acte de rébellion minuscule mais terrifiant.

Son visage s'est durci.

« Qu'as-tu dit ? »

« J'ai dit non. Je ne porterai pas ça. »

Il s'est approché de moi, ses yeux brillant de colère.

« Tu n'as pas le droit de dire non. »

Il a attrapé la robe que je tenais et l'a déchirée d'un coup sec. Le bruit du tissu déchiré a été comme une détonation dans la pièce silencieuse.

Puis il a attrapé les manches de ma propre robe, une simple robe de coton que je portais à la maison, et a tiré. Le tissu a cédé. Il m'a arraché mes vêtements jusqu'à ce que je sois en sous-vêtements devant lui, frissonnante de froid et d'humiliation.

« Tu porteras ce que je te dis de porter. Maintenant, va dans la salle de bain. Lave-toi. Je ne veux pas de ton odeur de pleurs sur ma robe. »

Il m'a poussée brutalement vers la salle de bain attenante et a claqué la porte derrière moi, la verrouillant de l'extérieur.

Le clic de la serrure a été le son le plus effrayant que j'aie jamais entendu. J'étais prisonnière.

Je me suis appuyée contre la porte, le souffle coupé. J'ai regardé autour de moi, paniquée. Il n'y avait qu'une petite fenêtre dépolie, trop haute pour être atteinte.

Je me suis approchée du miroir. J'ai vu mon reflet : une femme pâle, les yeux rougis, tremblante dans ses sous-vêtements. Je ne me reconnaissais pas.

Soudain, j'ai remarqué quelque chose. Un reflet étrange dans la fenêtre de l'immeuble d'en face.

Le bâtiment était proche, juste de l'autre côté de la cour intérieure. C'était un appartement que les Leclerc possédaient aussi, un pied-à-terre pour les invités.

Je me suis mise sur la pointe des pieds, essayant de mieux voir.

Et là, mon sang s'est glacé.

Sur le balcon de l'appartement d'en face, il y avait un groupe de personnes. Clara était parmi eux, un verre de champagne à la main. À côté d'elle, plusieurs hommes et femmes que je reconnaissais comme faisant partie du cercle d'amis d'Antoine.

Et ils tenaient tous des jumelles.

Ils pointaient les jumelles dans ma direction. Non, pas dans ma direction. Vers la fenêtre de la salle de bain.

Ma fenêtre.

Ils me regardaient.

Ils me regardaient, là, à moitié nue, prisonnière. Ils riaient. Je pouvais voir leurs bouches s'ouvrir et se fermer, leurs corps secoués par le rire.

L'humiliation était si intense, si violente, que j'ai eu l'impression que le sol se dérobait sous mes pieds. Ce n'était pas seulement une vente aux enchères. C'était un spectacle. Un cirque dont j'étais l'attraction principale.

J'ai reculé, me cachant dans un coin, hors de leur champ de vision.

Et c'est là que je les ai entendus.

Les murs de cet ancien immeuble parisien étaient fins. J'ai entendu la voix d'Antoine, juste de l'autre côté de la porte. Il parlait à Clara, probablement au téléphone.

« Oui, elle est dans la salle de bain. Le spectacle commence. Est-ce que nos invités apprécient ? »

J'ai entendu le rire de Clara, métallique et aigu, à travers le téléphone.

« Ils adorent, mon chéri ! Ils disent que c'est encore mieux qu'ils ne l'imaginaient. La petite sainte piégée. C'est délicieux. Le prix de départ vient de doubler. »

Le prix de départ... Ils avaient déjà commencé à prendre des offres. Avant même la soirée officielle.

Ma détresse était leur divertissement. Ma honte était leur produit.

« Parfait, » a dit Antoine. « Dis-leur de bien profiter. Je vais la faire sortir dans quelques minutes pour l'habillage. Acte deux. »

J'ai entendu ses pas s'éloigner.

Je suis restée recroquevillée sur le sol froid de la salle de bain, le corps secoué de sanglots silencieux. Chaque parcelle d'espoir, chaque bribe de dignité, tout était en train d'être méticuleusement détruit.

Quelques minutes plus tard, la serrure a tourné.

Antoine a ouvert la porte. Il m'a regardée, recroquevillée par terre, avec une fausse pitié dans les yeux.

« Oh, ma pauvre chérie. Tu as l'air si triste. Allez, viens. Il est temps de te faire belle pour ta grande soirée. »

Sa voix était mielleuse, hypocrite. Il me tendait la main comme s'il voulait m'aider à me relever.

J'ai ignoré sa main. Je me suis relevée seule, m'appuyant contre le mur.

Il a retiré sa main, son expression se durcissant à nouveau.

« Comme tu voudras. »

Il a jeté la robe rouge sur le lit.

« Habille-toi. »

Alors qu'il se retournait, son téléphone, posé sur la table de chevet, s'est allumé. J'ai vu une notification. Un message d'un groupe nommé "Club des Connaisseurs".

Le message disait : "Offre actuelle : 500 000 €. Qui dit mieux ? Le spectacle en direct est un bonus apprécié !"

Cinq cent mille euros.

C'était le prix de mon humiliation.

Et ce n'était que le début.

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