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Couverture du roman Charlotte et Michael - Tome 1

Charlotte et Michael - Tome 1

Michael et Charlotte, que tout oppose, voient leurs chemins se croiser suite à un drame imprévu. Alors que Michael doit épouser la glaciale Sue et que Charlotte se dévoue à sa passion d'infirmière, des choix cruciaux bouleversent leur futur tout tracé. Entre pressions familiales et secrets d'entourage, leur lien évoluera-t-il vers une passion sincère ? Ce premier tome explore la force de l'âme sœur et de l'amour parental à travers un destin que rien ne laissait présager.
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Chapitre 3

Bruno s’apprêtait à s’en aller le baluchon à la main :

— Au revoir ma chérie je reviendrai demain, je suis pressé de voir nos fistons.

Il se pencha pour l’embrasser quand, soudain, une escouade de policiers en uniforme pénétra dans la salle, en examina chaque recoin avec minutie. Malgré tous leurs efforts pour être discrets, leur présence troubla la tranquillité de la salle commune.

Bruno lâcha le paquet, s’approcha de l’un d’entre eux, lui demanda la raison de leur présence :

— Je ne peux rien vous dire, répondit l’agent de police.

— Vous outrepassez vos droits ! Connaissez-vous le code de la santé publique ? s’indigna Bruno.

— Moi j’obéis aux ordres, voyez avec mon supérieur.

Tous ressortirent comme ils étaient venus provoquant un brouhaha d’insultes et d’injures contre eux.

L’infirmière en chef dut intervenir afin de tranquilliser les seize patientes dont elle avait la surveillance.

Rapidement, Bruno rassura Rose, déposa ses lèvres sur son front en lui promettant de revenir très vite, puis il sortit en courant, se contenta des escaliers, dévala les marches quatre à quatre jusqu’à l’accueil.

Dans le hall, parmi d’autres policiers, le commissaire du 36 Quai des Orfèvres procédait aux interrogatoires de toutes les personnes présentes sans distinction.

Plusieurs d’entre elles avaient croisé dans l’ascenseur ou dans les couloirs, une maman avec un bébé dans les bras, le portrait-robot établi était celui de la nouvelle amie de Rose.

Bruno Merciers’arrêta un instant, reprit son souffle, essuya les verres embués de ses lunettes en s’adressant au commissaire du 36 :

— Pourquoi êtes-vous si nombreux dans ici ? Que faites-vous dans un hôpital ?

— Allez voir mon collègue Robert Molineux, répondit le jeune gradé de la PJ en le désignant du doigt.

Bruno resta immobile un instant, à la fois troublé et inquiet par sa réponse.

— Monsieur Mercier s’il vous plaît, le lieutenant Molineux vous expliquera, moi je suis occupé dit-il avec fermeté.

Bruno resta figer sur place en écoutant les interrogatoires : chacun énonçait leur nom, prénom, profession, âge, adresse et le nom du praticien, du service ou du patient qu’ils venaient voir.

Sébastien Lourmel apostropha un homme voûté, une casquette sur la tête se déplaçant à l’aide d’une canne qui lui répondit aussitôt :

— Faure Robert, soixante-dix-huit ans : 25 rue Jean Jaurès, Paris 20e, je suis en invalidité depuis quinze ans !

Consciencieusement, Sébastien Lourmel nota toutes ces informations :

— Pourquoi êtes-vous là ?

— Je viens tous les mois consulter le professeur Roussel à cause d’une malformation là, dit-il en montrant son dos, un héritage de mon père, ce n’est pas drôle, vous savez !

Sébastien vérifia si ce médecin était bien répertorié sur la liste des praticiens de l’établissement remise par le directeur.

— Avez-vous vu cette femme avec un nourrisson ? demanda-t-il en montrant le croquis dessiné au crayon grâce aux divers témoignages

— Vers deux heures de l’après-midi, nous étions ensemble dans l’ascenseur, le gamin était bien emmitouflé dans sa couverture.

— Quel âge donneriez-vous à la maman ?

— La trentaine…

— Avez-vous remarqué quelque chose de particulier ?

— Non rien, j’ai juste conseillé à la maman de prendre soin de son bébé ! Mais… de quoi m’accusez-vous ?

— Nous ne vous reprochons rien, c’est juste une question de routine pour notre enquête… Merci, votre témoignage a été précieux.

Alors qu’une dame de petite taille, rondouillarde descendait la dernière marche de l’escalier, Sébastien Lourmel l’accosta en lui demandant de se présenter :

— Sapin Georgette, sans profession, cinquante-cinq ans. 82 rue des Abbesses, annonça-t-elle avec un accent « titi parisien ».

— Qui alliez-vous voir ?

— Ma fille « m’sieur » au troisième étage, service du docteur Gibouin « neuro » elle a été hospitalisée le 3 juillet. « J’viens » la voir tous les jours… Vous pouvez vérifier, « j’mens pas m’sieur » ! termina-t-elle en fouillant dans ses poches.

Sébastien nota et vérifia ses dires tandis que Georgette Sapin trifouillait dans son sac à main, sans regarder le commissaire du 36. Elle voulut partir mais Sébastien Lourmel n’avait pas terminé :

— Que cherchez-vous ? demanda-t-il irrité.

— « J’suis inquiète », j’ai dû laisser mon porte-monnaie là-haut, puis-je y aller ?

— Je n’ai pas fini ! La reconnaissez-vous ?

À nouveau, il montra le portrait.

— Oui pour sûr, « j’l’ai croisée ici-même », elle marchait comme ça, « m’sieur », « j’m’suis » même demandée comment fera cette maman avec son bambin quand il sera grand, raconta-t-elle en imitant sa démarche

— Merci madame Sapin, vous pouvez partir.

— Qu’est-ce qui « s’passe » ?

Le jeune commissaire ne prit pas la peine de lui répondre, s’approcha de son coéquipier pour lui confirmer à haute voix qu’il n’y avait aucun doute : c’était bien elle. En se retournant, il remarqua Bruno statufié, il rentra dans une colère noire en lui répétant d’aller voir son collaborateur.

Georgette Sapin disparut dans la cage d’escalier.

Bruno se dirigea avec élégance, la tête haute vers un homme aux tempes grisonnantes.

Quelque chose le dérangeait, son cœur se mit à battre la chamade, une angoisse s’empara de lui, son estomac se serra, les mots avaient du mal à sortir de sa bouche.

« Mon imagination de flic me perdra », pensa-t-il en se ressaisissant.

Un policier en civil bâti comme une armoire, un calepin à la main sur lequel, les instructions de son supérieur avaient été notées avec soin, l’attendait :

— Bonjour ! Le commissaire Lourmel m’a demandé de venir vous voir. Qui y a-t-il ?

— Monsieur Bruno Mercier ?

— Oui pourquoi ?

— Lieutenant Robert Molineux, se présenta-t-il.

Il prit un instant pour reboutonner sa veste et remonter son pantalon qui tombait à cause de son embonpoint. Ensuite, il sortit une paire de lunettes de la poche intérieure de sa veste, la posa sur son nez en demandant à Bruno de s’asseoir, mais ce dernier refusa :

— Vous êtes bien le papa des jumeaux Olivier et Jérémy ? demanda-t-il après avoir relu ses notes.

— Oui en effet, vous m’inquiétez !

Bruno troublé remit ses cheveux en ordre, il pressentait une mauvaise nouvelle, des gouttes de sueur perlaient sur son front.

— Votre fils Olivier a été enlevé ; nous avons de fortes présomptions qui nous orientent vers madame Bénédicte Lefranc, la voisine de lit de votre épouse. Mes collègues ont interrogé son mari, mais madame Lefranc ne lui a donné aucun signe de vie. Il nous a également indiqué plusieurs noms, adresses et numéros de téléphone de proches chez qui elle pourrait aller se réfugier avec le gamin. Nous ne manquerons pas d’explorer toutes ces pistes, soyez-en sûr ! Monsieur Lefranc nous a promis de nous prévenir s’il la voyait ou si elle le contactait.

Devant l’air horrifié de Bruno, il continua :

— La suspecte va être très vite appréhendée, croyez-moi ! Comme vous pouvez le voir, nous continuons les interrogatoires, dans quarante-huit heures votre bébé vous sera rendu, soyez confiant nous mettons tout en œuvre pour le trouver.

Robert Molineux dut retenir Bruno qui vacillait, puis il le conduisit vers les sièges de l’accueil. Le jeune papa s’effondra sur une chaise, ses yeux marron inondés de larmes… suffoqua. Une infirmière accourut, prit sa tension artérielle, s’éloigna, revint ensuite avec un verre d’eau et un comprimé qu’elle lui tendit.

— Avalez ça, vous vous sentirez mieux.

— Merci.

Lorsqu’il reprit ses esprits, Bruno demanda deux faveurs à son homologue parisien.

La première : d’annoncer lui-même à son épouse la disparition d’Olivier :

— Rose ne doit pas apprendre la terrible nouvelle d’un inconnu.

La seconde : d’aller chercher Line Boyer, sa sœur, boulevard Monceau. Sébastien accepta et délégua deux agents en uniforme. Il avait compris que Bruno ne voulait pas être seul pour apprendre à sa femme cet horrible drame.

Entre-temps, monsieur Petrov tenta de s’excuser auprès de Bruno :

— Tout le personnel et moi-même vous présentons nos excuses les plus sincères, je ne comprends pas ce qui s’est passé mais les responsables vont devoir me rendre des comptes.

— Monsieur, vos excuses… Vous pouvez vous les garder ! C’est mon fils qui a disparu dans VOTRE HÔPITAL… Croyez-moi vous allez entendre parler de moi !

Une nouvelle fois Bruno replaça sa mèche rebelle.

— Je ne sais quoi vous…

— Ne dites rien cela vaudra mieux, interrompit le jeune papa en hurlant de colère.

— J’ai convoqué tous les employés dans mon bureau, les responsables seront démasqués.

— Monsieur, « les responsables », comme vous dites, doivent s’en vouloir et avoir des regrets. C’est trop tard, le mal est FAIT. À mes yeux, c’est VOUSL’UNIQUE RESPONSABLE ET VOUS SEUL,monsieur le directeur, termina Bruno en pointant du doigt Adam Petrov.

Ce dernier, déconfit, la tête baissée, s’en alla pour retourner dans son bureau.

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