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Couverture du roman CES MÈRES CÉLIBATAIRE

CES MÈRES CÉLIBATAIRE

À 26 ans, Grâce Muta survit seule avec sa fille Bénédicte après avoir été trahie par Florian, qui a fui avec ses économies. Entre un père absent et une nouvelle déception amoureuse avec Roland, elle ne croit plus au bonheur. Parallèlement, Natacha Ouedraogo, 24 ans et mère de deux enfants, navigue entre erreurs de jeunesse et liaisons sans lendemain. Marquée par l'instabilité et des choix audacieux, elle s'interroge sur sa capacité à aimer sincèrement. Deux destins de mères célibataires face à la fatalité.
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Chapitre 2

Quelques rayons de soleil parcourent la pièce, filtrant à travers les rideaux. Dans la cuisine, Natacha est absorbée par la préparation du petit déjeuner pour son fiancé, Pascal. Un homme qu'elle a rencontré récemment, après sa séparation avec le père de son deuxième enfant. Pourtant, ce matin, elle ressent une profonde lassitude.  

Elle jette un regard autour d'elle. Cette maison commence à l'étouffer. « Je ne veux plus passer une minute ici...» La nuit ne s'est pas déroulée comme elle l'espérait. Comme d'habitude, Pascal n'a pas su l'amener à l'orgasme.  

Après avoir réchauffé les repas, elle décide d'aller réveiller son fiancé. Lorsqu'elle entre dans la chambre, elle s'arrête un instant, le regard figé sur Pascal, profondément endormi. Un rictus de dégoût traverse son visage.  « Mais qu'est-ce qu'il a bien pu faire pour être aussi fatigué ?» 

Elle croise les bras, l'observant avec froideur.  « Même un seul coup, il n'a pas pu donner cette nuit... Il ne sait pas du tout comment prendre une femme au lit. C'est vrai qu'il a de l'argent, et malgré le fait que je sois mère célibataire avec deux enfants de pères différents, il a accepté de prendre soin de moi et de mes enfants, prêt à faire sa vie avec moi... Mais s'il ne trouve pas une solution à son incapacité au lit, cette relation ne mènera à rien. »

Elle inspire profondément, mais la frustration en elle ne faiblit pas.  « Moi, j'aime qu'on me prenne bien au lit, qu'on me torture pendant des heures, qu'on me cogne fort, qu'on me fasse ressentir chaque seconde du plaisir que je mérite. » Ses doigts se crispent légèrement alors qu'elle baisse les yeux vers Pascal.  « Mais lui... Même dix minutes, c'est trop pour lui.» 

Elle serre la mâchoire, son regard s'emplissant d'amertume.  « Par respect pour lui, je fais semblant. Mais en réalité, je suis obligée d'aller assouvir mes envies ailleurs... Chez Éric. Mon meilleur ami, mon confident, et surtout... mon sexfriend. Lui, au moins, sait comment me prendre, comment me détruire au lit. »

Elle se mordille légèrement la lèvre en sentant la chaleur monter en elle.  « J'ai promis à Pascal de ne plus mener ma vie d'avant, alors je dois être discrète. Très discrète. » Elle jette un dernier regard à l'homme qui dort paisiblement, inconscient de ce qu'elle s'apprête à faire.  « Je dois me dépêcher avant qu'Éric ne sorte de chez lui... Mon corps est en feu. Pascal n'a fait qu'attiser une flamme qu'il est incapable d'éteindre. »

Suite à ces mots, Natacha s'approche de Pascal et le touche doucement pour le réveiller. Il grogne, se tourne sur le côté, puis, après quelques instants d'ignorance volontaire, il finit par ouvrir les yeux, la voix ensommeillée.  

- Qu'est-ce qui ne va pas, Tachou ?  

Elle croise les bras et répond d'un ton calme, mais détaché :  

- Je vais rentrer. Je t'ai déjà préparé ton petit-déjeuner et réchauffé les repas.  

Pascal se redresse brusquement, les sourcils froncés.  

- Quoi ? Mais... tu étais censée passer tout le week-end ici, non ?  

- Oui, mais je viens de me souvenir que j'ai un rendez-vous avec une cliente, et je dois aussi faire des courses pour mon salon de coiffure. Désolée, bébé... Si je termine vite, je repasserai ce soir.  

Pascal soupire bruyamment et secoue la tête, visiblement contrarié.  

- Natacha, pourquoi tu me fais ça ? On dirait que tu n'es toujours pas prête à faire ta vie avec moi... Je t'ai proposé de venir habiter ici avec les enfants, mais tu refuses sans même m'expliquer pourquoi. Pourtant, tu vis dans un petit appartement inconfortable alors que j'ai une grande maison avec assez d'espace pour nous tous. Honnêtement, on dirait que ta vie de passer d'homme en homme te convient mieux...  

Natacha lève les yeux au ciel, exaspérée.  

- Pascal, comment peux-tu me parler comme ça ? Tu ne vois donc pas tous les efforts que je fais pour qu'on construise quelque chose ensemble ? Franchement, si tu ne réalises pas ça, je ne sais plus quoi faire.  

Elle marque une pause, hésite une seconde, puis lâche, le regard froid :  

-Tu n'arrives même pas à me satisfaire au lit comme j'aime, et pourtant, je reste. Je fais des efforts. Mais toi, tu refuses de prendre des compléments ou même d'essayer des méthodes naturelles pour améliorer ta performa...  

- Arrête ça tout de suite ! » l'interrompt-il brusquement, son ton plus dur.  

Elle le regarde, défiant.  

- Je t'ai déjà dit que c'est toi qui devrais consulter un médecin, pas moi. Moi, je ne vais pas me rendre malade ou bousiller mon organisme juste pour passer des heures sur une femme au lit ! J'ai d'autres préoccupations plus importantes que ces conneries.  

Il la fixe avec irritation avant d'ajouter, cinglant «  Il y a des choses que je n'ai jamais faites, comme... lécher une femme, par exemple. Mais pour toi, j'ai brisé cette barrière. Alors, s'il te plaît, arrête de me saouler avec ça. Je ne suis pas impuissant et tu le sais très bien. Simplement, je ne suis pas prêt à passer des heures à ça. C'est toi qui as un problème, pas moi.  

Natacha reste silencieuse un instant, les lèvres pincées. Puis, d'un ton sec :  

- Ok. J'ai compris. Plus besoin d'en parler.  

Elle attrape son sac et se dirige vers la porte. Pascal tente de dire quelque chose, mais elle ne lui laisse pas le temps. Elle claque la porte derrière elle et sort de la maison.  

Une fois arrivée au portail, son téléphone se met à vibrer. Elle jette un œil à l'écran. C'est Éric.

Un sourire effleure ses lèvres tandis qu'elle décroche.  

- Allô, chéco, je suis déjà en route.  

- Natacha, je t'ai dit que j'ai un programme tout à l'heure...  

- Oui, je sais, mais s'il te plaît... Tu sais bien que je ne peux pas tenir si je ne ressens pas une vraie bite me traverser comme j'aime... Alors, attends-moi, j'arrive.  

Un petit rire à l'autre bout du fil.  

- D'accord, mais dépêche-toi.  

- Promis, mon sucre.  

Éric raccroche. Sans perdre une seconde, Natacha interpelle la première moto-taxi qui passe et sans plus tarder, ils ont pris la route. 

Je m'appelle Natacha Ouedraogo, j'ai 24 ans, et je suis mère de deux enfants, un garçon et une fille, de pères différents.  

J'ai eu mon premier enfant à 17 ans, alors que j'étais en troisième secondaire. À l'époque, j'entretenais des relations avec trois mecs en même temps, et jusqu'à aujourd'hui, je ne sais toujours pas qui est le père. Quand j'ai découvert que j'étais enceinte, j'ai préféré attribuer la grossesse au seul dont les parents avaient une bonne situation financière. Mais il a refusé catégoriquement d'en assumer la paternité, tout comme les deux autres. Résultat : mon fils est né sans père.

Certaines filles se retrouvent dans cette situation par manque de moyens ou parce que leurs parents ne prennent pas bien soin d'elles. Mais pour moi, c'était autre chose. J'aime le sexe, j'aime les sensations fortes. Depuis ma première expérience, l'homme qui m'a initiée m'a fait découvrir un monde auquel je n'ai plus voulu renoncer. Pourtant, je n'ai jamais manqué de rien.  

Après mon accouchement, mes parents ont insisté pour que je reprenne les cours, mais j'ai refusé, par honte et par peur du regard des autres. L'école, c'était fini pour moi. Ma mère, malgré tout, m'a soutenue et m'a permis de suivre une formation en coiffure. Mais à la maison, c'était devenu l'enfer. Mes frères et sœurs se moquaient de moi, et mes propres parents me faisaient vivre un calvaire.  

Trois ans plus tard, j'ai rencontré un autre homme. Il me satisfaisait bien au lit, et il m'a proposé de venir vivre chez lui. Avec tout ce que je subissais chez mes parents, j'ai sauté sur l'occasion. J'ai quitté la maison avec mon fils et je suis allée m'installer chez lui.  

Un an plus tard, il m'a mise enceinte à son tour. J'ai accouché d'une petite fille... Mais ensuite, j'ai fait une erreur monumentale. Son frère était venu passer du temps chez nous, et j'ai couché avec lui. Mon homme l'a découvert et m'a mise à la porte.  

Heureusement, il ne m'a pas retiré le salon de coiffure qu'il avait mis en place pour moi. Grâce à ça, j'ai pu garder mon indépendance et subvenir aux besoins de mes enfants.  

Aujourd'hui, je profite de la vie. Je ne vais pas dire que je me prostitue, mais je ne cherche plus l'amour. Je vais à des rendez-vous, je dîne avec des hommes, on couche ensemble, ils me donnent de l'argent, et je passe à autre chose.  J'aimais  juste les aventures sans lendemain. 

Pascal est le seul homme qui m'a donné envie d'essayer une relation sérieuse et de croire, ne serait-ce qu'un peu, à l'idée de fonder une famille. Mais il ne me satisfait pas du tout au lit comme j'aime, et je sais que ça finira par être un vrai problème entre nous.  

Alors, je me pose des questions.   Ai-je vraiment ma place dans une relation amoureuse ? Dans un couple ? Dans un mariage ?  Ou bien suis-je juste en train de me mentir à moi-même ?  

Résidence de Maxwell...

Le vent de la dispute souffle une fois de plus dans cette maison, comme d'habitude, depuis que Maxwell a épousé Monique, une mère célibataire d'un garçon. Et aujourd'hui encore, le père de l'enfant refait surface, semant le trouble dans leur mariage.  

- Monique, je commence à être dépassé par tout ça. 

- Comment ça ? Il est le père de mon enfant, il a le droit de le voir.

- Son enfant ? Il était où tout ce temps ? Et pourquoi est-ce toi qui dois te rendre chez lui ? Il ne peut pas venir ici pour voir l'enfant qu'il a abandonné, celui qu'il a laissé dans la misère ?

- Arrête, Maxwell, s'il te plaît. Je vais juste le déposer chez lui et rentrer directement. 

- C'est ce que tu as dit la dernière fois... Pourtant, tu es rentrée tard dans la nuit, avec tout un lot de mensonges pour te justifier.  

- Vraiment ?

- Oh que oui. J'ai mené mes propres enquêtes, ma chère.  

- Crois ce que tu veux.

Sans ajouter un mot de plus, Monique attrape la main de son fils, ouvre la porte et sort de la maison.

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