Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman CE PROF QUE JE DÉSIRE

CE PROF QUE JE DÉSIRE

Un simple numéro erroné fait basculer la vie de Léa. Pendant trois mois, elle échange des messages torrides avec un mystérieux inconnu, persuadée de l'anonymat de leur jeu de séduction. Pourtant, la rentrée universitaire brise cette illusion : son nouveau tuteur n'est autre que son correspondant secret. Pire encore, alors que Léa découvre avec effroi l'identité de son professeur, ce dernier lui avoue qu'il a toujours su qui elle était réellement.
Chapitres
Partager

Chapitre 3

Chapitre 3 : La première fissure

Le soir tombe. Léa est allongée sur son lit, le téléphone collé à la main. Elle attend. Elle ne veut pas écrire la première, alors elle fixe l'écran, le ventilateur, le plafond. Son cœur pompe doucement.

La vibration arrive à vingt-deux heures douze.

« Je suis libre. Toi aussi ? »

Elle sourit dans le noir.

« Oui. Je t'attendais. »

« Tu m'attendais ? C'est dangereux d'attendre quelqu'un qu'on ne connaît pas. »

« Je prends le risque. »

« Moi aussi, apparemment. »

La conversation reprend comme une mécanique bien huilée. Ils parlent de leur journée. Lui a relu des poèmes pour préparer ses futurs cours. Elle a regardé une série nulle. Rien d'extraordinaire. Mais chaque mot a un double sens, une légèreté suspendue.

Léa se sent pousser des ailes. Elle ose demander :

« R, tu penses à quoi, là, tout de suite ? »

« À tes cheveux. Tu as dit qu'ils étaient longs et bruns. J'imagine comment ils tombent sur ton visage. »

Elle se redresse. Personne ne lui a jamais parlé comme ça. Pas avec cette précision, cette lenteur.

« Et après ? » écrit-elle.

« Après, je pense à ta nuque. La partie qu'on cache. Celle qu'on montre quand on attache ses cheveux. »

Ses doigts touchent machinalement sa nuque. La peau y est chaude.

« Tu es poète, ce soir. »

« Non. Juste honnête. »

Le silence. Puis un nouveau message. Plus court. Plus coupant.

« Tu as quel genre de corps, Léa ? »

Elle sursaute. C'est la première fois qu'il utilise son prénom. Léa. Pas toi, pas ma belle, rien. Son vrai prénom. Cela rend la question plus intime. Plus vulnérable.

Elle hésite. Elle devrait changer de sujet, mettre une barrière. Mais ses doigts bougent tout seuls.

« Pourquoi tu veux savoir ? »

« Parce que j'ai besoin de t'imaginer. Pour que ce soit réel. »

« Ce n'est pas réel, justement. On est derrière des écrans. »

« Si pour toi ce n'est pas réel, arrête de me répondre. »

Il marque un point. Elle ne peut pas arrêter. Elle ne veut pas.

Elle écrit, lentement : « Je suis fine. Pas très musclée. Des hanches un peu larges. Et toi ? »

« Mince. Épaule large. Des mains. »

« Des mains ? »

« Oui. Mains d'homme qui écrit. Longues, fines. »

« Tu te trouves beau ? »

« Assez pour que les filles me regardent. Pas assez pour que je sois prétentieux. Et toi, tu es belle ? »

« Assez pour qu'on me regarde. Pas assez pour qu'on s'arrête. »

Il répond : « Je me serais arrêté. »

Elle sent ses joues brûler. Il ne s'arrête pas, d'ailleurs.

Les mots deviennent plus lourds. Il parle de sa bouche, de ses lèvres, de ce qu'il aimerait lui dire en face. Elle lit, relit, ne répond pas tout de suite. Parfois, elle pose le téléphone sur son ventre, respire, reprend.

Il écrit : « J'aime quand tu ne réponds pas. Ça veut dire que je t'ai touchée. »

« Ce sont des mots. Pas des doigts. »

« Les mots sont mes doigts. Pour l'instant. »

Elle mord son poing. Il va trop loin. Pourtant, elle ne veut pas qu'il s'arrête. Une partie d'elle, la plus sombre, la plus faim, réclame plus.

Elle ose : « Et qu'est-ce que tes mots touchent chez moi ? »

« Ta fierté. Ton envie. »

Il ne parle pas encore de sexe. Pas directement. Mais tout y mène.

Puis le message qui change tout.

« J'imagine tes hanches. Celles que tu as dites. Larges. J'aimerais poser mes mains dessus. Juste les poser. D'abord. »

Léa expire fort. C'est la première remarque ouvertement physique. Pas floue. Pas poétique. Réelle.

Elle devrait couper. C'est un inconnu. Il peut être n'importe qui. Elle a dix-sept ans. Lui vingt-trois. Mais elle continue.

« Et ensuite ? »

« Ensuite, je les remonterais le long de tes côtes. Doucement. Pour compter combien de secondes tu mets à frémir. »

« Tu es arrogant. »

« Tu n'as pas dit non. »

Elle n'a pas dit non. C'est vrai.

Elle change d'angle, se protège par la provocation.

« Tu fais ça avec toutes les filles qui t'envoient des messages au hasard ? »

« Tu es la première. Et toi, tu envoies des messages au hasard à tous les garçons ? »

« Non. Toi, tu es une erreur. »

« Une belle erreur. »

Elle rit nerveusement. Elle ne maîtrise plus rien.

Il enchéri : « Tu sais ce que j'aime chez toi ? Ta façon de te croire forte. Comme si ces mots ne te faisaient rien. Mais si. Je le sens. »

Le téléphone devient brûlant dans sa main.

Elle répond, les doigts tremblants : « Tu te prends pour un dieu. »

« Non. Juste un homme qui lit entre les lignes. »

La nuit s'épaissit. La chambre est noire sauf la lueur de l'écran. Léa a chaud. Un vertige. Elle n'est plus sûre d'où elle va.

Il écrit : « Je vais me coucher. »

« Déjà ? »

« Tu veux que je reste ? »

« ... »

« Ce point-virgule, c'est un oui ou un non ? »

« C'est un je ne sais pas. »

« Très bien. Alors je te laisse réfléchir. Mais avant de partir, réponds-moi sincèrement. Quand tu penses à moi, qu'est-ce que tu ressens ? »

Elle se lève, fait les cent pas dans la chambre. Ce type la met à nu. Elle pourrait mentir. Mais elle est fatiguée de mentir.

« Du désordre. »

« Désordre comment ? »

« Dans ma tête. Dans mon ventre. J'ai l'impression de faire quelque chose de mal. Mais je n'ai pas envie d'arrêter. »

Long silence. Puis :

« Moi non plus, Léa. Moi non plus. »

Il ajoute : « Bonne nuit. »

« Attends. »

« Quoi ? »

« Tu as dit que tu m'appellerais, un jour. »

« Bientôt. Promis. »

« R. »

« Oui ? »

« Merci de ne pas être un vieux dégueulasse. »

« Je peux l'être si tu veux. »

Elle sourit dans le noir. « Bonne nuit, R. »

Elle éteint l'écran. Le noir total. Dans son lit, elle se tourne, se retourne. La remarque sur ses hanches tourne en boucle. Ses doigts, ses mains, ses côtes. Pour la première fois, elle touche son propre ventre en pensant à lui.

Ce n'est plus un jeu.

Son téléphone vibre une dernière fois. Un message qu'il a envoyé au même moment qu'elle éteignait.

« J'ai oublié de te dire : j'aime ta cicatrice. Celle du menton. Elle te rend unique. Dormais bien, mon erreur. »

Elle rallume, lit, éteint, rallume encore.

Elle ne répond pas. Elle n'a pas les mots.

Elle colle le téléphone contre sa poitrine, ferme les yeux, et son dernier mot de la nuit est le même que sa première pensée du matin, silencieuse, dévorante : R.

Continuez à regarder !
L'histoire devient intense ! Passez sur l'application pour continuer la lecture
Débloquer tous les épisodes
Ouvrir le site officiel

Vous aimerez aussi

Couverture du roman La perverse cruauté de mon frère
8.1
Cinq ans de calvaire pour couvrir un frère que je croyais emprisonné. Entre faim et précarité, j'ai tout sacrifié pour Antoine avant de découvrir l'insoutenable vérité. Ma déchéance n'était qu'une mise en scène cruelle orchestrée par lui pour m'humilier pendant qu'il voyageait. Face à son mépris et sa violence lors de nos retrouvailles, j'ai choisi de mettre fin à ce jeu pervers. Mourante dans mon taudis, je lui adresse un ultime appel pour clore sa leçon macabre.
Couverture du roman Le Bad boy que j'aime
8.8
À 21 ans, Sylvie Kincaid subit une trahison dévastatrice : Rhodes, son premier amour, la délaisse pour la NBA et s'affiche déjà ailleurs. Pire encore, ses amies l'ont trahie pour rester proches de lui. Pour fuir ce climat toxique, Sylvie emménage avec Colter Wexler, le capitaine rival et bad boy du campus. Si la cohabitation s'annonçait électrique, une attirance interdite naît entre eux. Sylvie saura-t-elle guérir ou fonce-t-elle vers un nouveau désastre amoureux ?
Couverture du roman L'Étreinte Mortelle Du Destin
9.7
Après avoir succombé à l'hôpital, trahie par sa jumelle Chloé qui lui a volé sa place à l'ENS et son identité, Léa se réveille inexplicablement le jour des résultats. Habité par les souvenirs de son agonie et de l'usurpation subie, elle refuse de redevenir une victime. Armée de sa connaissance du futur, elle compte saboter l'ascension de sa sœur et démasquer ses mensonges publics. Ce second souffle est l'heure de sa vengeance : Léa ne laissera plus personne briser son destin.
Couverture du roman Mon mari deviens le papa d'un autre enfant
8.9
Sous prétexte d'un impératif professionnel, Guillaume Simon décline la journée familiale de la maternelle de sa fille, Lilas. Soucieuse du bonheur de son enfant, Lola décide de s'y rendre malgré tout. Sur place, la réalité la frappe de plein fouet : son époux y joue les pères de substitution pour le fils de sa meilleure amie d'enfance, Sabrina. Face à cette trahison intime et aux excuses maladroites de Guillaume, Lola choisit une froide distance, redéfinissant instantanément les règles de leur union.
Couverture du roman Mouna et Cheikh : Deux cœurs liés
9.7
Face à la maladie de Sidy, son père retraité, et aux revenus précaires de sa mère Sadya, la jeune Mouna, 17 ans, voit son destin basculer. Malgré les craintes de sa mère, qui redoute de la voir souffrir auprès d'une tante cruelle, la décision paternelle est sans appel : Mouna doit s'installer chez Oulimata. Entre pauvreté et déchirement familial, l'adolescente quitte son frère étudiant pour affronter l'hostilité de cette nouvelle demeure où elle n'est pas la bienvenue.
Couverture du roman Playboy : L'art de la séduction 2
9.6
Kyrell, séducteur né au charme ravageur, s'enfonce dans une spirale de maladresses affectant sa vie sentimentale et intime. Épris d'hommes et de femmes, il tente de s'équilibrer face à Pépito, sa prothèse masculine vivante et clipsable. Cet attribut singulier génère autant de plaisir que de périls. Entre expérimentations de chirurgiens fous et désirs ardents, Kyrell navigue dans une odyssée mêlant humour, érotisme et danger, où chaque étreinte devient une aventure incertaine.