
Aveugle par choix
Chapitre 2
# Chapitre 2
Point de vue d'Isabelle
Je suis à table avec toute la famille, silencieuse, tandis que ma grande sœur, **Sophia**, ne cesse de se vanter de la rencontre avec sa belle-famille dans deux jours. Ses mots sont hautains, ses gestes théâtraux, et je ne peux m'empêcher de la regarder avec un mélange de moquerie et de dédain. Elle se croit supérieure, et chaque fois qu'elle ouvre la bouche, c'est pour rappeler que je ne suis pas comme elle.
De nature calme et très intelligente, je reste impassible. Mais à l'intérieur, je bouillonne. Âgée de 25 ans, je suis une femme hors pair. La beauté incarnée, élégante et maîtrisant l'art des affaires, je dirige la majorité des entreprises de mon père. Respectueuse, attentionnée, je fais tout pour ne jamais décevoir ceux que j'aime. Et pourtant... ma relation avec Sophia est devenue insupportable. Elle est jalouse de moi. Chaque homme que je fréquente, elle le convoite, et elle réussit souvent à me le ravir avec l'appui de notre mère.
Ces deux-là ont rendu ma vie tellement pénible que j'ai fini par quitter la maison. J'ai loué un petit appartement discret, simple, où personne ne soupçonne que je suis milliardaire. J'y vis selon mes propres règles. J'aime les affaires, oui, mais j'ai aussi une passion : le jardinage. Cultiver mes plantes me procure une liberté que je ne retrouve nulle part ailleurs. J'ai même pour projet d'ouvrir une boutique de fleurs naturelles, un rêve qui m'appartient entièrement.
Pendant que Sophia continue à faire les éloges de son fiancé, je secoue doucement la tête. Je n'ai pas envie de répondre à ses piques. Elle remue la tête, satisfaite de son récit, et semble s'amuser à m'indexer à chaque phrase. Mais je garde mon calme. Je refuse de me laisser entraîner dans une dispute avec elle.
Elle réagit toujours comme si j'étais sa petite sœur fragile, à protéger ou à ridiculiser, et notre mère l'encourage souvent. Moi, je reste silencieuse. Je ne veux pas entrer dans ses jeux.
- Je crois que je vais rentrer, je dis enfin, épuisée.
Mon père me regarde, inquiet.
- Tu ne vas pas dormir ici, ma fille ?
Je lui souris. Mon papa d'amour, le seul qui m'a toujours soutenue et couvert d'amour. Je fais tout pour qu'il ne soit jamais déçu de moi.
- Ne t'inquiète pas, papa, ça ira.
Ma mère, exaspérée, intervient :
- Laisse-la partir. De toute façon, elle ne fait jamais ce qu'on lui dit.
Je prends mon sac sans rien répondre. Pas un mot. Pas un regard pour Sophia.
- Tu seras là dans deux jours pour le dîner avec le fiancé de ta sœur ? demande mon père, légèrement inquiet mais plein de bienveillance.
- Si mon emploi du temps me le permet, oui, réponds-je calmement.
Sophia, insistante et hautaine, ajoute :
- Il est impératif que tu viennes ! Il est milliardaire, et beau en plus ! Une chance que tu n'as jamais eue.
Je ne relève pas ses piques. Je ne me laisse pas provoquer. Je me contente de leur dire au revoir avant de quitter la villa.
L'air frais de l'extérieur me frappe le visage. Je respire profondément, laissant derrière moi le tumulte de la maison. Les lumières de la villa s'éloignent derrière moi tandis que je marche vers mon petit appartement. Là-bas, je serai enfin libre, seule avec mes pensées et mes plantes.
Et pourtant, malgré cette liberté, je sais que ces deux jours à venir ne seront pas simples. Je vais rencontrer un homme milliardaire. Et même si je ne montre rien, je sens déjà que ma vie va être bouleversée.
Je ferme la porte derrière moi, respire une dernière fois l'air de la soirée, et me rappelle que je suis Isabelle Vasconcelos. Et dans ces jours qui viennent, je déciderai selon mes propres règles. Personne d'autre ne le fera pour moi.
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