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Couverture du roman Avantage et inconvénients d'une femme indépendante

Avantage et inconvénients d'une femme indépendante

Zeynab, Sénégalaise de 33 ans et mère d'une fillette, a toujours lutté pour son autonomie financière. Mariée à Badou, un homme aimant et conciliant, elle a laissé son fort caractère et son indépendance prendre le dessus sur son foyer. En voulant tout régenter, cette femme d'affaires accomplie a commis des erreurs qui ont fragilisé son couple. À travers son récit, elle livre un témoignage sincère sur la nécessité de concilier ambition professionnelle et devoirs conjugaux.
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Chapitre 2

2ème Partie : Le bon moment

« Bonsoir, demain vers les 6h45, j’passerai devant l’arrêt. D’habitude, c’est mon heure pour partir au travail. Aujourd’hui, si j’suis parti vers les 7h30, c’est parce que j’savais qu’il n’y aurait pas de bouchon avec la grève. Vu que le mot d’ordre est levé. J’reprends les vieilles habitudes. Si c’est OK. Rendez-vous à 6h45. NB : Je n’aime pas attendre. Bye ».

En lisant ce message, j’ai senti comme un élève qui recevait de l’ordre venant de son maitre. Hey, il se prend pour qui cet homme. C’est encore la première fois qu’on me parle sur ce ton. Ça a touché mon orgueil. Je n’aime pas cette façon de parler. J’ai voulu réagir mais je me suis retenu. Peut-être, nous ne partageons pas la même vision de ses paroles. J’devais me calmer. C’est dans mon intérêt de partir avec lui. Avec ou sans moi, il ira chaque jour au travail. J’ai répondu à son message « D’accord Badou. J’serai à l’heure Inchallah et merci encore ».

Ma nuit était perturbée par ce message autoritaire de cet homme. Une voix me disait (Zeynab, qu’est-ce qui t’arrive depuis quand tu autorises un homme à te parler de la sorte ?) Une autre (Zeynab, tu ne vaux pas mieux que les autres. Le gars n’a rien dit de grave ou de mal. Arrête de voir le mal partout. C’est dans ton intérêt de partir avec cet homme. Ce n’est pas un péché d’accepter une aide étrangère. Il est grand temps que tu redescendes sur terre. Momo nitt yi). J’ai fini par m’endormir. Heureusement, j’avais réglé mon réveil.

Le lendemain, j’ai fait tout mon possible pour ne pas être en retard. J’voulais prendre ma revanche. S’il était en retard, j’pouvais sortir ce que j’avais dans le cœur. Malheureusement, à 6h45mn pile, le monsieur s’est garé à mes pieds. J’suis montée à bord, on se salue respectueusement. Un silence régnait dans la voiture. On entendait les versets coraniques qui sortaient de la radio de la voiture. A peu près 20mn, coïncident avec la fin des versets de Coran, le gars pouvait se toucher le visage avant de me dire « excuse-moi, le matin j’me motive avec ses versets de Coran. J’pense que tu devrais t’y habituer. Vu que nous irons ensemble au boulot ». J’réponds avec le sourire « Belle motivation. Ne t’inquiète pas, ça ne me dérangera pas. J’vois que monsieur est pieux Mashallah. C’est une bonne qualité. Ne change jamais cette habitude. Félicitations ». Il sourit à son tour « Non. Pourquoi tu me félicites. Y’a rien d’extraordinaire. J’essaie d’être un bon croyant. J’sais ce que ma foi m’a apporté. Bref, je ne veux pas paraitre un Ouztass. Si j’ai un conseil à te donner, c’est de prier. Pour moi, la foi est la base de toute chose ». Il ne savait pas encore que chez nous, la foi a toujours été mise en avant. On se réveille chaque matin pour faire la prière. J’ai préféré garder ce secret pour moi. J’ai juste répondu par un "OK" pour son conseil. La matinée de notre 2ème journée de notre rencontre, on ne s’est pas trop parlé. J’suis descendu devant la porte de mon lieu de travail, avant qu’il ne continue son chemin. A l’heure de la descente, j’étais la première à finir et je l’ai contacté. Il me fait savoir qu’il allait être un peu en retard. Que si j’étais pressé, il pouvait me donner le prix du taxi. Cette réponse me met encore sur tous mes états et j’ai riposté cette fois-ci « Badou, est-ce que je t’ai demandé le prix du transport ? Ou bien tu penses que je n’ai pas de quoi me payer le transport ? J’sens un peu de l’arrogance dans tes propos. Je te rappelle que j’partais au travail avec mes propres moyens. Pourquoi tu me parles d’argent ? »

Nandité : Zeynab nak balma mais eupeul nga. Waaaaa ki louko dal. Huum je me tais c’est mieux. Nous n’avons pas les mêmes problèmes. J’vous laisse continuer.

La réponse de Badou était posée et calme. J’ai eu honte de moi. Il m’a appelé au téléphone avec une voix douce « Excuse-moi Zeynab, si je t’ai offensé. Ce n’était pas mon intention. Je ne l’ai pas dit pour te prouver quoi que ce soit. J’viens à peine de te connaitre et tu es là depuis de longs mois. J’sais très bien que tu te débrouillais sans moi. Vu que j’vais tarder à descendre, j’ai voulu donner un coup de main. Apparemment, tu l’as mal pris. Je te présente mes sincères excuses. En tout cas, j’termine aujourd’hui à 18h. Bye ».

Il ne m’a pas laissé répondre. J’ai honte et j’ai encore envoyé un texto « Désolée, j’ai mal compris. J’vais me débrouiller pour rentrer. Je ne pourrai pas t’attendre. Bye ». J’ai remonté comme d’habitude pour prendre le bus. Intérieurement, j’ai eu honte. Le mec est réglo avec moi mais j’pense qu’à ce rythme, j’vais gâcher son aide. Mon défaut est que j’suis trop orgueilleuse et trop fière. Pour un rien, j’pense qu’on me manque de respect ou qu’on essaie de me montrer certaines choses.

(Nandité : Sister, une femme doit être douce. Djiguène dafey oyof. Tekk bopam si souff. Certaines tardent trop à trouver un mari à cause de leur fierté démesurée. Certes djiguène fouleu mais djiguène douceur. Wassalam.)

J’avoue être allée trop loin avec ma fierté. Même si c’est une erreur de ma part, je n’y peux rien. C’est ma nature. Avec les embouteillages et les arrêts du bus, j’suis arrivée vers les 19h à la maison. J’ai repris ma routine à la maison. Bizarrement, j’voulais avoir des nouvelles de Badou. Je m’en voulais de l’avoir parlé ainsi mais encore ma fierté était au dessus de ma volonté. J’me suis laissée influencer par mon côté sombre. Je n’ai pas envoyé un texto à mon bon samaritain. Avant de me coucher, j’reçois son texto « Comme prévu. J’serai devant l’arrêt à 6h45 Inchallah. Bonne nuit ». J’étais contente de recevoir son message avant de répondre par un « OK ». Le lendemain, comme d’habitude, j’étais ponctuelle tout comme lui. C’était la même chose, le Coran raisonnait. Toute la semaine, c’était comme ça. J’commençais à m’habituer de sa compagnie. Les jours passèrent et le respect était toujours mis en avant. J’ai senti des limites dans les paroles de Badou. Il contrôlait toujours ses paroles quand il me parlait. Il était toujours poli et attentionné avec ses paroles. Ça commençait à faire 1 mois 15 jours qu’on se fréquentait. Un vendredi, il m’invita dans un restau. Après beaucoup de refus, cette fois-ci, j’avais répondu par la positive. On se donnait rendez-vous devant l’arrêt à 20h30. Avec sa ponctualité légendaire, il s’est pointu à l’heure convenue. Il m’amène dans un restau vraiment chic. Nous avons fait notre commande. Nous discutions de la vie, en attendant patiemment, notre commande qui n’a pas tardé à venir. Nous avons bien mangé et pris le dessert. Comme j’suis directe et que je n’aime pas perdre mon temps, il fallait que j’ouvre le débat. Parce que sachant Badou, il ne va jamais entamer le sujet. Il me calcule trop. J’ai ouvert le débat « Que me vaut l’honneur de cette invitation ? Ça fait des moments que tu essayais de m’inviter et que j’refusais. Maintenant comme nous y sommes, je t’écoute mon cher samaritain ». Il me lance d’abord un sourire avant de lancer un grand ouf qui m’a fait rire d’ailleurs.

Badou : (la tête baissée, il me prend les mains sans me regarder dans les yeux). Zeynab, je ne sais pas par où commencer. Tu es trop compliquée et je ne veux pas t’offenser. Tu vois le mal partout, raison pour laquelle, je ne sais pas si c’est une bonne chose de te parler de ce que j’veux parler.

Zeynab : (J’retire mes mains et l’aide à relever la tête avec cette même main). Badou, je suis une humaine, je ne mords pas. Regardes-moi dans les yeux et tu me dis ce que tu as à me dire. Si je le prends mal, c’est mon affaire. L’essentiel est que tu dis le fond de tes pensées. Attends, j’vais t’aider pour que nous allions trop vite (Tu m’aimes ? Tu es amoureux de moi ?) Ne t’inquiètes pas tu peux me le dire parce que je le sais. Mais j’préfère l’entendre de ta bouche. Rire.

J’ai senti qu’il était gêné mais j’pense l’avoir donné un coup de main. Il s’est lancé avec un sourire « Je ne sais pas si c’est de l’amour mais j’aime être avec toi. Je n’aime pas arriver vite quand tu es en ma compagnie. J’aime ta présence et je me suis habitué à ton parfum. Ton sourire, ton assurance, tes paroles me bercent chaque jour avant de m’endormir. J’donnerai tout pour être avec toi et avec le temps, les sentiments seront clairs. Actuellement, je ne peux pas m’assurer si c’est de l’amour mais j’sens intérieurement, ce petit organe musculaire creux qui assure la circulation sanguine brûlé de sensations fortes. Zeynab donne moi la chance de découvrir la signification du verbe AIMER que j’peine à conjuguer à la première personne du singulier ». J’reprends la parole « Waouh, belle déclaration d’amour. Pour la première fois de ma vie que j’entends une telle déclaration mature et pleine de sincérité de la part d’un homme. Monsieur est vraiment honnête on dirait. Ce qui m’a le plus marqué, c’est le fait de ne pas aller trop vite en me disant "Zeynab Je t’aime" Tu as été très clair. J’suis de celle qui pense que l’amour se vit à deux. Les concernés doivent semer ensemble la graine et l’arroser ensemble afin qu’il porte ses fruits. Si je te dis que tu ne me fais pas de l’effet, j’mens sur toutes les lignes. Je te jure que tu es la première personne avec qui j’porte autant d’importance en savant ses intentions. Certaines choses m’attirent chez toi. Je n’aime pas tourner autour du pot, j’veux être claire dès le début pour éviter certains malentendus. Je ne rends jamais visite à un homme. Je ne reçois jamais les hommes chez moi par respect à mes parents. Avec toi, si tu es sure que j’suis la bonne personne pour devenir mon mari, parce que je ne vais pas être avec un homme qui n’a pas l’intention de se marier. J’ai dépassé l’âge des petit-amis. Je te laisse bien réfléchir avant de t’engager avec moi. Si tu es sur de ta décision, j’suis prête à te présenter mes parents. Mon père a toujours été clair avec moi. Si j’devais lui présenter un homme, que j’sois prête à l’épouser, parce qu’il ne va jamais accepter des allers et retours dans sa maison.

Badou : J’suis prêt à 1000%. Si tu veux, nous irons là-bas, à cet instant même. Pour te prouver mes sincères intentions.

Zeynab : Vas-y molo molo, j’sais de quoi je te parle. Peut-être, c’est l’euphorie de la réponse mais j’veux bien essayer avec toi. J’crois que le Bon Dieu a exaucé mes vœux. A chaque fois, que j’prie, j’demande à Dieu si j’dois rencontrer un homme qu’il soit mon mari pour toujours. Bizarrement, quand je t’ai connu et tout ce que j’ai accepté de toi prouve que tu es la bonne personne pour moi. En tout cas, les signaux sont au vert. Y’a une petite équation à résoudre. J’suis très jalouse et je ne veux pas de l’infidélité. Tu m’avais dit que tu étais en relation avec une fille. Tu es intelligent pour décortiquer mes propos. Je ne veux pas en débattre et tu sais ce qu’il te reste à faire. Vas régler ta relation avec cette fille et reviens me voir.

Badou : J’savais que tu allais en parler et c’est très normal. Je te le dis dès à présent. J’ai rompu avec elle, ça fait maintenant des 2 semaines. Je t’avais dit que j’étais dans une relation pas compliquée mais incomprise. Je ne juge pas la fille mais nous n’avons pas le même point de vu. Elle aime sortir, faire du shopping, partir à la plage, bref, elle croque la vie à pleines dents. Peut-être, c’est sa vie mais je ne suis pas trop fan des sorties excessives. Nous avons décidé de rompre par respect de la vie de chacun. Ton opinion sur la vie m’a fait séduite en toi. J’ai compris tout de suite que tu étais la fille que j’cherchais. Celle qui savait ce qu’elle voulait de sa vie. Tu as un si beau caractère et que j’adore. Zeynab, je ne veux pas perdre de temps avec toi. J’veux demander ta main si tu me l’accordes.

Zeynab : J’veux vraiment une relation qui pourra aboutir au mariage mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs. Prenons un peu le temps de se fréquenter pour mieux se connaitre. J’suis une personne qui est sure d’elle donc si j’réponds par l’affirmative c’est parce que j’suis sure de moi. Nous avons les mêmes sensations, donc, nous allons arroser paisiblement la fleur qui commence à naître au fond de nous. J’apprends à te connaitre chaque jour que nous partions au boulot. J’ai vu un homme qui respecte la femme. J’sens la méfiance que tu as quand tu me parles. Tu fais tout ton possible pour ne pas me vexer et ça me fait vraiment plaisir. Continue sur cette lancée et nous aurons une relation extraordinaire. On me traite d’une fille difficile mais ce n’est pas le cas. Beugouma kouma yapp. Tu veux que notre relation aboutisse, ne me parle jamais d’argent. Je n’attends que ton amour et ton respect. Côté financement, je saurai me prendre en charge. J’espère que, j’ai été assez claire ?

Il me répond par la positive. Nous nous prenions les mains. Nos sourires s’affichaient de nos visages. J’sentais vraiment de la joie dans mon fort intérieur. J’ne me suis jamais pressée en matière d’amour, parce que j’savais que ça allait venir au bon moment. Là, j’sens que ce moment est enfin arrivé. Il a tout pour être cet homme attendu. Sa foi et son comportement seront validés par mes parents. A suivre…

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