
AUTRE MONDE - Deux frères unis
Chapitre 3
Les deux frères parlèrent de ce qu'il s'était passé. Comme Noah, Tim fut attaqué par un éclair qui se jeta sur lui puis il s'évapora et se réveilla dans sa chambre. De la neige entrait par l'unique fenêtre dont les éclairs l'avait brisée.
-T'as vu les montres ? Elles ne fonctionnent plus, regarde ! dit son petit frère en montrant sa montre digitale.
-Effectivement la mienne aussi, tout est coupé même les portes en bas, les aimants électriques ne fonctionnent plus.
- Une panne de courant tu penses ?
- Non, sinon nos montres fonctionneraient toujours.
- Peut-être une attaque terroriste ? Tu sais avec ce missile qui neutralise tous les systèmes électriques.
- Une IEM, une impulsion électromagnétique. Dit Noah en se tenant le menton. Non j'ai vu des choses dehors et ça n'a rien de terroriste.
Il faisait froid dans la chambre de son petit frère, Noah regarda partout dans la pièce. Il se remémora ce que son frère lui avait dit quand il vit que sa mère n'était pas avec lui.
-Tim où est maman ? Et c'est quoi cette histoire de monstre ?
Tim déglutit, se tordit les doigts et il se lança.
-Après mon réveil j'ai entendu du bruit au niveau de l'entrée, je suis allé voir dans la cuisine et j'ai vu une créature immonde. Elle était au sol, elle avait des boursouflures et des pustules partout sur le corps. Elle vidait le frigo à manger tout ce qui lui passait par la main.
Des larmes coulèrent sur ses joues.
-Elle avait les mêmes vêtements que maman, dit Tim en regardant son frère dans les yeux, j'ai réussi à fermer la porte avant qu'elle ne m'attaque, je pense qu'elle ne voit pas dans le noir elle se cogne partout dans la cuisine.
Noah était sous le choc, il devait se ressaisir jouer le rôle du grand frère.
Il prit Tim par les épaules.
-Ecoute, le principal c'est de sortir d'ici prend des vêtements chauds et ton plus gros sac, dit-il en fixant son frère avec autorité. Moi je vais dans la mienne prendre des affaires aussi. Je reviens dans cinq minutes.
-D'accord. Répondit-il en s'essuyant les joues d'un revers de la manche.
Noah se précipita dans sa chambre prit son plus gros sac qu'il remplit de vêtement chaud, il mit sa paire de chaussures de randonnées, qu'il n'avait pas utilisé depuis un an et prit ses chaussures hautes qu'il laça à son sac.
Il regarda son katana en bois attaché à sa ceinture. Avec ce qui s'était produit dans le gymnase lorsqu'il avait rencontré le chien, il décida de prendre son katana acheté plus tôt sur Paris. Il détacha larme en bois de sa ceinture et la posa dans son coin habituel. Même si les samouraïs pouvaient se battre avec deux katanas, lui n'était pas encore à ce niveau, surtout que deux armes lui ralentiraient ses mouvements pour se déplacer dans la neige ou pour courir.
Il prit le katana qu'il avait posé sur un support en bois cloué au mur. L'arme était plus lourde que celle qu'il utilisait pour les entraînements. Il sortit la lame de son fourreau, pour la déguster du regard, elle brillait sous la lueur de la lune qui éclairait sa chambre, la lame elle n'était pas affûtée mais le bout de celle-ci était très pointu.
-C'est normal se dit-il. On ne va pas me vendre une arme affûtée surtout à Paris. Je vais devoir trouver une pierre pour affûter.
Quand il avait acheté son katana, il dû la laisser dans son carton jusqu'à être rentré chez lui. Il se rappela comment il frima devant son frère en lui montrant quelques mouvements dans le salon. Ce jour-là il avait troué le canapé en cuir que sa mère avait acheté il y a quelque temps de ça, il se fit sévèrement gronder, un souvenir qui lui donna un petit sourire au coin des lèvres. Il repensa alors à sa mère, son visage réapparu tel une vision, les larmes montèrent facilement mais il ne devait pas craquer, il devait rester fort pour son petit frère.
Il toucha l'acier de la lame, il était froid même glacé. Il s'habitua à son poids, remarquant qu'elle n'était pas si lourde que ça, mais l'accroché à sa ceinture fit cogner le fourreau dans tous les coins des murs de la maison.
-Ça va pas être simple, dit-il. Mais elle est légère et robuste, c'est l'arme parfaite.
Il regarda sa chambre, tout ce confort allait lui manquer. Ses yeux tombèrent sur ces manteaux qui étaient accrochés à des cintres. Il devait en choisir un lourd pour ce froid glacial dehors et un autre léger. Il se tourna vers son lit où était posé sa parka bordeaux, qu'il avait prise plutôt pour aller au sport et prit un autre manteau plus léger au motif militaire. Il devait laisser derrière lui son caban qu'il avait reçu pour son anniversaire, ce manteau qu'il aimait tant, qu'il portait pour les froids du petit matin. C'était sa mère qui lui acheta, il se rappela que c'était lui qui lui avait réclamé le manteau.
-C'est vraiment elle qui est enfermée dans la cuisine ? Je ne veux pas le savoir et encore moins voir cette créature. Bon ! C'est le moment de te dire au revoir. S'adressa-t-il à sa chambre avec une fausse joie.
Il sortit et ferma la porte de la pièce, laissant intact tout ce qu'il laissait derrière lui.
Tim de son côté avait presque fini, il était vêtu d'une grosse doudoune noire et avait rempli son sac à dos de vêtement chaud, il attacha ces baskets à la lanière de son sac. Puis il regarda le petit sabre qu'il venait à peine d'acheter pour frimer devant son grand frère. Avec l'épisode du monstre de la cuisine, il décida de le prendre.
Il sortit la lame, le métal était grossier mais assez solide pour se défendre. Il regarda son sabre avec attention, imaginant les ninjas la manier avec perfection lors d'assassinat. La lame était pointue et courbée, une forme parfaite se dit-il.
-Alors t'es prêt ? Dit Noah derrière lui.
Tim sursauta, son frère l'avait sorti de ses pensées.
-Oui, je suis prêt mais où allons-nous ?
Il regarda son frère qui était lourdement vêtu pour affronter le froid, son regard finit par se poser sur le fourreau accroché par un lacet à sa ceinture.
-Chercher des vivres ? Avec ce qu'il y a dans la cuisine je ne préfère pas y aller. Ensuite trouvons d'autres personnes dans la même situation que la nôtre.
-D'accord je te suis.
Ils sortirent de la chambre et passèrent devant la porte de la cuisine, ils s'arrêtèrent devant.
Tim faisait la moue et son grand frère aussi. Ils entendaient quelque chose bouger et grogner à l'intérieur, le plus étonnant c'est qu'elle ne savait pas comment ouvrir une porte.
Cette chose n'est pas très intelligente, pensa Tim.
Ils sortirent de l'appartement, fermant la porte derrière eux par réflexe. Les deux frères se dirigèrent vers la porte d'accès à la cage d'escalier en marchant sur les tapis d'entrée du palier sans y prêter attention. Quand soudain sur l'autre bout du palier une porte céda et fut projeté contre le mur d'en face dans un vacarme mélangeant le bois qui craque et le métal qui ce tort.
Une créature y sortit, elle se tenait debout mais marchait difficilement tel un ivre sortant d'une soirée bien arrosée.
C'était une vision d'horreur, cette chose ne ressemblait plus à un homme. Elle avait des verrues partout sur le visage, des pustules sur le bout de ses doigts, la peau plissée surtout au-dessus de ses yeux et son front et un nez cabossé comme si les os de celui-ci s'étaient cassés pour lui donner cette forme monstrueuse. La bête s'approchait des deux frères d'un pas lourd et déstabilisait.
-Cours ! Cria Noah.
Ils coururent jusqu'à la porte de la cage d'escalier, la créature les suivait derrière de près, ayant entendu deux formes fuir. Les deux frères dévalaient les marches trois par trois faisant résonner leurs pas dans toute la résidence. Mais la créature aussi maladroite fut elle, trébucha dès la première marche et dévala le reste du premier palier dans un vacarme assourdissant.
Les deux garçons entendirent les os de la créature se casser et se déboitaient à chaque marche, le bruit leur donna une grimace affreuse imaginant l'état de la chose après cette chute mortelle. Ils sortirent de la résidence en haleine de la neige montait jusqu'à leurs mollets.
-Putain ! On a eu chaud ! Dit Tim.
-Eh les gros mots ! Le gronda Noah. Allez, viens il faut remonter la rue pour aller au magasin le plus proche.
La neige leur arrivait au niveau des genoux. Ils mirent une dizaine de minutes pour remonter une rue de 500 mètres qui se terminait sur un énorme rond-point que les deux adolescents prenaient quotidiennement pour aller en cours.
Sur une énorme place de parking se trouvaient deux magasins, dont un vendant des articles de sport.
Les deux frères allèrent dans ce dernier, passant devant le magasin alimentaire, dont la porte était fermée. Ils arrivèrent devant la vitrine du bâtiment sportif, il faisait noir à l'intérieur et ils ne pouvaient voir si des personnes se trouvaient dedans. Noah força la vitre pour rentrer dans le magasin.
-Personne ? Conclut l'aîné.
-Nous chercherons autre part, allons déjà faire les emplettes. Répondit Tim.
Ils dévalèrent les rayons, prenant de nouveaux sacs de randonnée plus gros avec plus de poche, des équipements de survie et autres affaires de camping. Noah dirigea son frère dans le rayon vélo, là où se trouvaient des plastrons qui protègent les riders des chutes. Ils passèrent devant le rayon de chasse et prirent des gros couteaux avec leurs supports qui s'attachaient à la cuisse. Les deux frères déambulaient entre les rayons et passèrent devant celui des arcs de compétition.
-Tu veux en prendre un ? Dit Noah à son frère. Moi je ne peux pas avec mon katana.
-Ouais, vas-y ça pourrait nous aider.
Il attrapa un arc de sa taille et un carquois qu'il remplit de flèche.
-J'ai vu que tu l'as pris, continua Tim, c'est dommage de devoir le sortir dans ces conditions.
Noah regarda son katana, lui qui pensait qu'il n'allait jamais l'utiliser et surtout de le sortir en dehors de la maison.
-Il faut un temps pour tout. Répondit l'aîné.
Tim passa devant le rayon électronique et fusil de chasse.
-Waaa vient voir ! Dit-il à son frère. Les armes ! Elles ont fondu !
Il ne restait qu'une flaque dure de métal virant sur le gris et d'autres sur le jaune, couleur initiale des balles. Seules les crosses en bois restaient suspendues aux étagères vitrées des rayons.
-Alors ça c'est vraiment bizarre. Mais tu as remarqué toi aussi dans la rue ? Fit Tim.
-Non quoi donc ?
-Les voitures, il y en a plus du tout.
-Oui, c'est ce qui me gêne le plus dehors.
-Tu penses que ce sont les orages qui ont fait ça ?
-Des orages qui grillent les systèmes électriques, je veux bien mais ceux-là font fondre des véhicules et les armes à feux, ce n'est pas une tempête normale.
-Surnaturelle ?
-Je pourrais dire ça. Nous avons assez traîné ici, partons de là.
-Attend ! Dit Tim.
Il partit au rayon camping et prit un réchaud et une bouteille de gaz. Noah le rejoint puis prit deux duvets et en donna un à son frère.
-Ah, merci, j'allais complètement oublier.
Ils les attachèrent au-dessus de leurs sacs de randonnée.
Ils passèrent devant les tentes voulant sortir du magasin ce qui les firent penser à leur mère disparue. Le camping était une activité que la famille pratiquait beaucoup pendant les vacances d'été. C'était ces petits moments en famille que les deux frères aimaient passer ensemble.
-Noah ? On va revoir maman tu penses ?
Il fit la moue en regardant son frère, il ne savait pas quoi répondre.
-Je ne sais pas. Je ne comprends pas ce qu'il se passe mais je me demande si on va revoir quelqu'un d'ici là.
-Tu crois que c'est comme ça partout ? Papa habite dans le 77, peut être que ça se passe qu'en Ile-de-France ou juste en France ?
-Alors ça, je ne sais pas du tout. Le seul moyen de savoir c'est d'aller dans les pays alentours.
Noah repensa à son père qui avait quitté le département des Hauts de Seine il y a deux ans pour s'installer dans un village dans le 77. Il vivait avec une nouvelle femme qu'il connaissait depuis trois ans, Lisa. Elle était enceinte d'une fille depuis cinq mois. Il eut un pincement au cœur qui fit remonter les larmes qu'il s'efforçait de retenir.
Je dois être fort pour Tim, il ne reste plus que moi pour le protéger de ce nouveau monde. Dit-il en posant une main sur l'épaule de son petit frère.
Ils sortirent du magasin de sport avec leurs nouveaux équipements, ils durent baisser leurs capuches pour ne pas se faire fouetter le visage par les flocons de neige qui volaient à toute vitesse emportaient par le vent. Ils se dirigèrent vers le bâtiment voisin.
-Noah ! Cria Tim pour se faire entendre à travers le vent hivernal. Regarde là-bas !
Il montra du doigt trois formes fantomatiques qui avançaient avec difficultés au rond-point mais à moitié masqué par la tempête blanche. Tim sortit les jumelles qu'il avait pris dans le magasin de sport et les passa à son frère.
-Je vois trois formes. Deux adolescents je crois et un plus jeune. Attends ! Ils sont suivis par quelque chose d'autre ! C'est une de ses créatures de tout à l'heure. Elle va tomber sur eux. Il faut les prévenir, paniqua Noah. Attend c'est bon, ils l'ont vu avant qu'ils ne soient trop près d'elle, ils sont en train de courir.
-Il faut les rejoindre vite !
-Non ils sont trop loin, ils partent en direction de Rueil et puis avec cette neige on se fatiguerait en essayant de les rattraper.
-Allons au magasin alors. Chercher quelque chose à manger, je crève de faim, moi.
-Moi aussi.
Noah rendit les jumelles à son frère et avancèrent vers la porte du magasin. Tim remarqua quelque chose au niveau de la porte d'entrée.
-Regarde, la porte est ouverte. Quelqu'un est passé ici il n'y a pas longtemps.
-Ça ne peut pas être un mutant, ils ne savent pas ouvrir les portes. Répondit son frère.
Tim regarda Noah après qu'il a utilisé le mot "mutant" ce nom fonctionnait bien.
A pas de loup, ils rentrèrent dans le magasin avec comme seule lueur celle de la lune qui se frayait un chemin entre les nuages de neige. Tim sortit deux lampes torches qu'il avait pris plus tôt. Elles illuminèrent les rayons tels des phares dirigeant les bateaux hors des côtes.
-On prend surtout des aliments qui ont une grande date de péremption. Donc conserves, eau, et surtout pas de produit surgelé. Prends aussi des biscuits secs pour grignoter.
-Yep, j'ai retenu.
Les deux frères avancèrent vers les rayons n'ayant pas remarqué l'ombre qui les épiait de derrière le comptoir de la caisse.
Des yeux bleus miroitaient la folie et l'envie.
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