
Au Cœur des ténèbres Mafieux
Chapitre 2
Je haussai un sourcil. « Pourquoi ? »
Son regard se fit plus intense, et un sourire malicieux naquit sur ses lèvres.
« Parce que sans ça, je n'aurais jamais eu droit à un tel spectacle. »
Je suivis son regard et rougis violemment. Mon peignoir s'était ouvert, dévoilant bien plus que je ne l'aurais voulu. Je refermai aussitôt le tissu contre moi.
« Dehors ! » hurlai-je en lançant un coussin.
« On se calme ! On s'en va ! » dit-il en riant, tandis qu'il filait avec les gars hors de ma chambre.
« À demain, beauté », lança-t-il avec un clin d'œil insolent.
Les filles et moi avons décidé d'aller nager et bronzer le lendemain matin.
Mais le destin, capricieux et bien décidé à bouleverser nos plans, en décida autrement. Ce qui devait être une simple journée de détente s'est transformé en un tourbillon d'émotions, de révélations et de chaos inévitable.
Le soleil à peine levé, les filles et moi nous étions donné rendez-vous à la plage pour profiter des premières lueurs. L'eau salée, les rires sincères et le sable chaud effaçaient momentanément nos tourments adolescents. Mais après le déjeuner, une envie soudaine de cinéma s'imposa à nous. Nous avions besoin de fuir, de rêver encore un peu.
À peine sorties de la salle obscure, l'excitation monta d'un cran. La fameuse fête chez Hero approchait à grands pas. Nous avons filé chez moi en courant, excitées comme jamais, pour nous préparer. Robes moulantes, maquillage soigné, cœurs tambourinants. L'heure de vérité sonnait.
À 20h tapantes, nous franchissions les portes de chez Hero. La musique faisait vibrer les murs, les corps se mouvaient en cadence, et une atmosphère électrique planait. Je me suis laissée emporter par la musique jusqu'à ce que deux mains fermes se posent sur ma taille. Je me retournai, et ses yeux clairs me transpercèrent : Hero. Il souriait, et sans un mot, nous avons dansé une chanson entière, nos corps parfaitement synchronisés.
De retour près des autres, Tyler lança soudain :
- « Ok, les gars, action ou vérité ? »
- « Je commence. » déclara Jonas.
- « Hero, action ou vérité ? »
Hero, accoudé au canapé à l'autre bout de la pièce, se redressa, sûr de lui :
- « Action. »
- « Embrasse Mélina. »
Un frisson parcourut l'assemblée. Hero sourit, se leva lentement et s'approcha de moi.
- « Tu veux bien m'aider à relever ce défi ? »
- « C'est puéril. » grognai-je.
- « Allez, s'il te plaît. »
- « Bon... Ce n'est pas comme si j'avais une chance d'embrasser quelqu'un d'autre avec vous quatre autour. »
Nous nous sommes lentement penchés l'un vers l'autre. L'instant était suspendu... jusqu'à ce que nos téléphones sonnent en chœur.
- « Mauvais timing ! » lança Kj.
- « C'est ma mère... Je dois filer. » dis-je, en attrapant mon sac.
Hero, lui aussi, consultait son écran, le visage figé.
- « La fête est finie ! » hurla-t-il soudain.
Je rentrai en trombe chez moi, le cœur battant, pour trouver ma mère dans une colère noire.
- « Où étais-tu ?! »
- « À la fête de Hero. Je suis désolée, maman. » soufflai-je.
- « Ton père et moi travaillons comme des forçats pour t'offrir le meilleur et toi... tu fais la fête en cachette ?! »
- « Je sais. Je suis désolée. »
- « Tu crois que c'est responsable ?! »
Je ne répondis pas, fixant le sol comme si j'y cherchais des excuses. Elle soupira longuement, puis lâcha d'un ton sec :
- « Je pars en déplacement pour plusieurs semaines... »
- « Encore ?! Tu n'es jamais là ! Je suis seule, maman ! Tu parles de responsabilité, mais tu fuis la tienne depuis un an ! T'es toujours derrière ton foutu patron ! »
La gifle partit sans prévenir. Ma tête tourna sous l'impact. Je portai une main tremblante à ma joue, les larmes aux yeux.
- « Ne me parle jamais sur ce ton ! »
- « Laisse tomber. Va-t'en. Comme toujours. »
Je m'enfuis dans ma chambre et, peu après, j'entendis la porte claquer. Le bruit du moteur de sa voiture finit de m'achever. Je restai là, dans le noir, à ressasser la soirée. J'en avais marre d'être l'adolescente parfaite. Ce soir, je voulais me sentir vivante.
J'ouvris mon MacBook et tapai : lieux pour s'amuser cette nuit. Une heure plus tard, j'étais devant l'entrée de la boîte la plus sélect de la ville : Le Luxe. Le videur me demanda ma carte d'identité. Ma fausse carte, commandée l'année passée, passa comme une lettre à la poste.
À l'intérieur, la chaleur et la musique m'engloutirent. Je m'installai au bar.
- « Que puis-je te servir ? » demanda le barman.
- « Un soda, ça ira. »
Un homme s'approcha, l'air assuré :
- « Pas une grande buveuse, ma belle ? »
Je levai les yeux vers lui. Cheveux noirs gominés, regard sombre, sourire ravageur.
- « Ton prénom ? »
- « Mélina. Et toi ? »
- « On m'appelle King. »
Je lui serrai la main avec un sourire distant.
- « Pas une grande buveuse, Monsieur King. Bonne soirée. »
Je me réfugiai sur la piste de danse. Après quelques morceaux, je me laissai totalement aller. Jusqu'à ce que deux mains surgissent à mes hanches. Je me retournai, agacée, face à un homme tatoué de la tête aux pieds.
- « Salut, ange. On m'appelle Diable. Tu veux savoir pourquoi ? »
Je sortis de mes gonds.
- « C'est pour des mecs comme toi que je reste enfermée ! Tu crois qu'un corps sexy suffit ? Va draguer ailleurs, je suis pas une proie facile ! »
Je me retournai et tombai sur... King.
- « Génial. Vous êtes deux. Je vous présente. King, voici Diable. Diable, King. Vous feriez un duo parfait pour séduire des filles désespérées. »
Je retournai m'asseoir au bar, furieuse. C'est alors que j'entendis :
- « Qu'est-ce que tu fous ici ? »
Je me retournai et vis les quatre féroces.
- « Je cherche un peu de fun. »
Hero m'entoura de ses bras.
- « Si quelqu'un t'embête, tu nous dis. On s'en charge, compris ? »
- « Putain, oui ! » confirmèrent les autres.
- « C'était ma mère... »
- « Euh... non, pas elle. Elle, elle fait flipper. » dit Hero en riant.
Je ris aussi, malgré tout.
- « H, ton patron te cherche en haut ! » cria le barman.
- « Désolé Mélina, je dois y aller. Tu rentres seule ? »
- « Oui. On se voit lundi. »
Je rentrai, me changeai rapidement, et m'écroulai sur mon lit, le cœur encore chaviré par cette nuit imprévue.
« Ouais, je rentre. On se voit lundi. »
Mais en vérité, mon cœur n'était pas encore prêt à affronter la solitude de ma chambre. J'avais cette boule au ventre, ce poids invisible qu'aucune mélodie ne pouvait alléger. Pourtant, comme par réflexe, dès que je suis rentré, j'ai arraché mes vêtements, enfilé un vieux t-shirt trop grand, et je me suis laissé tomber sur mon lit comme si le matelas pouvait absorber ma peine. La musique tournait, enveloppait mes pensées d'un voile sonore, mais rien n'apaisait la tempête intérieure causée par ma dispute avec ma mère.
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