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Couverture du roman AU COEUR DU RANCH

AU COEUR DU RANCH

En pleine nuit, Cunégonde s'enfuit à travers la forêt pour échapper à un ravisseur acharné. Apercevant une lueur d'espoir, elle tambourine à la porte d'une demeure isolée. Un homme surgit alors, menaçant la jeune femme avec son fusil et exigeant son départ immédiat. Terrifiée mais piégée par l'ombre de son bourreau qui approche, elle doit convaincre cet inconnu de l'abriter. Cet homme choisira-t-il de la protéger ou de l'abandonner au monstre qui la traque ?
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Chapitre 2

Au cœur du Ranch...

_ Peut-être que c'est lui, dit-il en regardant Cunégonde tremblée comme une feuille. Autant vous livrez à lui, ajouta-t-il en s'avançant vers la porte.

_ Mais je ne vous... ai rien fait à part abuser de votre hospitalité, bégaya-t-elle au bord de la panique.

_ Justement, lâcha-t-il en faisant un pas.

_ Pourquoi vous êtes si cruel ? Demanda-t-elle en boitant vers lui. Attendez, vous êtes de mèche avec mon kidnappeur ? Vous voulez soutirer de l'argent à mon père ? Suis-je entrée dans la gueule du loup ?

À sa dernière question, elle sentit ses joues s'empourprées. Il lui jeta un regard étonné.

_ Non mais qu'est-ce que vous racontez ? Pourquoi aurais-je besoin de soutirer de l'argent à une personne que je connais ni de vue et d'existence ?

_ Et bien ce n'est pas cette impression que vous me donnez.

Les coups de porte se firent entendre à nouveau. Ils se regardaient pendant un moment ainsi que la porte à tour de rôle.

_ Écoutez Mlle, je n'ai absolument rien à avoir avec ce type. Rien ! Maintenant prenez les escaliers et cachez-vous dans l'une des chambres.

Avant qu'il ne termine sa phrase Cunégonde avait déjà pris les escaliers à son plus grand désarroi. Il ouvrit la porte après s'être assuré qu'elle s'était enfermée. Il vit un homme habillé d'une capuche noire avec le visage cicatrisé qui se tenait devant lui. Sa respiration était saccadée et malgré cette fraîcheur des gouttes de sueurs perlaient sur son front. En tout cas il ne lui présageait rien de bon. Après tout il s'agissait sûrement de ce kidnappeur et probablement un tueur en série. Il avait caché son fusil derrière lui au cas où il en aura besoin.

_Bonsoir, n'aurez-vous pas vu une femme rousse de couleur de peau blanche ? Demanda-t-il impatient

_ Non désolé, répondit-il.

_ Hum, j'aurai juré qu'elle était passée ici. Je peux fouiller votre maison ?

_ Absolument pas, refusa-t-il catégoriquement.

Le kidnappeur regarda par-dessus son épaule espérant voir la jeune femme.

_ J'ai dit qu'elle n'était pas ici. Je n'ai jamais vu cette femme d'ailleurs, s'agaça-t-il pour lui faire comprendre clairement qu'il voulait qu'il parte.

Le kidnappeur le regarda d'un air douteux... Au départ, il ne voulût pas s'en aller, mais lorsqu'il sortit son fusil, il se résigna à partir. Il referma la porte à double serrure, accrocha son fusil au mur et grimpa les escaliers. Après avoir fouillé les quatre premières chambres sans la retrouver, il ouvrit la cinquième et trouva la jeune femme couchée dans le lit.

_ Pour quelqu'un en danger elle se permettait de dormir pendant que je persuadais son kidnappeur qu'elle ne se trouvait pas chez moi, chuchota-t-il en secouant la tête.

Il déplia une couverture avec laquelle il la couvrit pour la protéger du froid. Il sortit ensuite de la Chambre et referma délicatement la porte pour éviter que le bruit la réveille. Demain elle quittera sa maison et il allait enfin retrouver sa tranquillité....

Cunégonde fût réveillée par des hennissements de chevaux. Elle se leva du lit et regarda par la fenêtre. De là, elle aperçut une forêt dont les arbres étaient couvertes d'une couche de neige. Pour un matin bonheur, le soleil brillait si fort laissant paraître les rayons qui fondirent la neige du sol. D'un geste puéril, elle ôta son peignoir. La nuit avait été longue pour elle. Son kidnappeur avait hanté toute la nuit et Heureusement pour elle ça n'avait été qu'un mauvais rêve même si elle avait eu l'impression qu'il était réel ainsi que les coups qu'elle recevait de sa part. À présent, elle se rendit compte qu'elle n'avait rien à se mettre. Sa robe était en mauvais état ce qui la brisa. C'était le dernier cadeau qu'elle avait reçu de sa grand-mère avant qu'elle ne décède. Elle trouva un dressing posé dans un coin de la Chambre et elle se hâta pour l'ouvrir. Elle sentit l'odeur du renfermé qui y dégageait. Elle songea qu'il était fermé depuis bien longtemps sans que personne l'ouvre. Elle fouilla l'intérieur et trouva des sachets en plastiques contenant des vêtements ainsi que des robes féminins soigneusement pliés à son plus grand étonnement. Des questions lui tourbillonnèrent l'esprit. Était-il marié ? Ces vêtements pourraient-ils appartenir à sa femme ? Sachant bien qu'elle ne pouvait y répondre elle-même elle entreprit de porter une robe de couleur jaune moutarde qui lui venait au genou. Après avoir refermé l'armoire, elle descendit les escaliers pensant le trouver au Salon. Il n'y était pas. Des hennissements de chevaux attiraient son attention. Lorsqu'elle les avait entendus il y a quelques minutes elle pensait que c'était le fruit de son imagination, mais cette fois-ci elle les entendit si vivement.

_ Des chevaux ! S'exclama-t-elle lorsqu'elle vit ces animaux faire des aller-retours devant la maison.

Elle rêvait de les voir de plus près et maintenant qu'elle en avait aperçu plusieurs, rien ne l'empêcherait de les approcher. Même pas son père, ni sa mère et même ses frères ainés. Elle boitait jusqu'à la terrasse. Pendant quelques secondes, elle resta immobile. Elle regardait le propriétaire de la maison brossée la crinière d'un cheval blanc. Contrairement à ce qu'il portait hier soir, il s'était vêtu d'un chemisier à carreau rouge piqué dans un Jean bleu délavé. Des cuissardes en cuir emprisonnaient ses pieds et un chapeau en paille couvrait sa tête. Elle descendit les cinq marches d'escalier pour le rejoindre.

_ Bonjour !

Il arrêta instantanément son geste et se retournait. Son visage arborait une mine lorsqu'il vit la robe que portait cette femme. Avec une stupeur horrifiée, il s'approcha d'elle. Cunégonde reculait tandis que les traits de son visage se déformaient.

_ Qui vous a autorisé à porter cette robe ?, interrogea-t-il en la regardant de travers.

_ Je...

_ Qui vous a donné l'ordre ?

_ Personne, répondit-elle dans l'embarras. Au fait, je n'avais rien à me mettre et en fouillant le dressing, j'ai trouvé cette robe...

_ Que vous aviez eu le culot de la porter, termina-t-il en serrant les dents.

_ Désolé, j'irai de ce part l'enlever, dit-elle en tordant la bouche.

La gorge nouée elle tourna les talons. Elle ne comprenait pas pourquoi en faisait-il de trop pour une simple robe qu'elle avait jugée bon porter. Elle serra les poings, releva la tête et s'avançait vers les marches.

Remarquant qu'il l'avait blessé gratuitement à cause d'une simple robe il reprit ses esprits et la rattrapa en saisissant son bras. Cunégonde frémissait au contact de ses mains sur sa peau si blanche et fragile.

_ Excusez-moi señorita, je n'aurai pas dû crier sur vous.

_ Non ! Vous aviez tout à fait raison. Cette robe ne m'appartenait pas et je n'aurai pas dû la porter et je m'en excuse, dit-elle en dégageant son bras.

Elle se mit à grimper les marches quand il l'arrêta à nouveau en saisissant son poignet.

_ Gardez la ! De toute façon, vous n'aviez rien à vous mettre.

Sur ses paroles, il relâcha son poignet et retourna à ses occupations. Cunégonde hésitait un moment avant de le rejoindre.

_ Si ça vous dérange autant que je la porte je peux bien la retirer, lâcha-t-elle derrière son dos.

_ J'ai dit que vous pouvez la garder, s'empressa-t-il de dire en brossant le dos du cheval.

Il renchérit...

_ J'ai réussi à persuader votre soi-disant kidnappeur que vous n'étiez pas chez moi pendant que vous dormez.

_ Je vous en remercie.

Elle le regardait faire. Il savait s'y prendre avec les chevaux, pensa-t-elle. Il laissa tomber la brosse dans le sceau et s'éloignait. Elle en profitait pour toucher pour la première fois de son existence un cheval. Nom de Dieu ! Elle se trouvait devant un cheval. Elle peinait à y croire qu'elle se trouvait à moins d'un mètre d'un cheval. Si son père la voyait en ce moment, il allait piquer une crise et la punir pour au moins deux mois.

Cependant, il n'y avait pas son père dans les parages. Autant en profité ne serait-ce qu'une seule fois. Elle approcha sa main et la posa délicatement sur son dos. Elle poussa un soupir de soulagement lorsqu'il restait calme à son toucher. D'un geste vétilleux, elle le caressait. Il reniflait et elle souriait. Elle boita jusqu'à l'intérieur de la cuisine et fouilla les placards à la recherche du sucre. Elle savait que les chevaux en raffolait. Elle trouva un bocal remplit de morceau de sucre. Elle en prit suffisamment et les mit dans l'une des poches de la robe. Elle sortit de la maison et s'approcha du cheval.

_ Tu aimes les sucres pas vrai ? Demanda-t-elle en lui présentant un morceau de sucre dans la paume de sa main.

Il en rafla et le croqua. Elle rigola sous le chatouillement de sa la langue. Il hennissait en guise de réponse. Elle lui donna un second morceau de sucre tout en le caressant le dos. Le propriétaire fit son apparition avec une quantité de fouin en main.

_ Que lui donnez-vous ? Demanda-t-il en fixant la jeune femme.

_ Du sucre, je les ai trouvé dans votre cuisine, répondit-elle en lui donnant un troisième morceau. Il a l'air d'aimer, renchérit-elle.

Elle prit la brosse du sceau et se mit à le brosser comme une débutante. Le cheval s'affola et trépigna. Cunégonde recula, l'air pétrifié. Il déposa les foins et calma le cheval en le murmurant des mots doux.

_ Vous lui fait mal avec la brosse, dit-il en reprenant la brosse de sa main.

_ Je... Je ne voulais pas lui faire du mal. Ce n'était pas mon intention, balbutia-t-elle en écarquillant les yeux.

_ Vous devriez le brosser délicatement avec douceur.

Il enjoint sa parole avec les gestes. Il brossait le dos de l'animal tout en lui caressant sa crinière.

_ Tenez !

_ Vous êtes bien sûr ?

_ Oui prenez la brosse. Je vais vous apprendre.

À suivre...

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