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Couverture du roman Au claire de lune

Au claire de lune

Sienna célèbre ses dix-huit ans alors que son existence bascule lors d’un dîner. Deux ans après le décès tragique de ses parents et la découverte de sa nature de loup-garou, une rencontre fortuite lui offre une protection vitale face aux menaces. Elle apprend bientôt que la mort des siens n'était pas accidentelle. Entre révélations et non-dits, elle réalise que son meilleur ami cache aussi un lourd secret, bouleversant à jamais le lien qui les unissait jusqu'ici.
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Chapitre 2

— Sienna ! Lève-toi ! L’Alpha est en ville et il nous a invitées à un dîner. Il faut qu’on y aille !

J’ouvris les yeux. Ma tante Lana se tenait au pied de mon lit, complètement paniquée. Elle était déjà habillée, coiffée d’un chignon impeccable, digne d’une danseuse classique. Aucun cheveu ne dépassait.

Elle portait un tailleur noir et une chemise rose pâle. Elle avait l’air sévère… mais elle était magnifique.

Je regardai l’heure : seize heures.

J’avais dormi toute la journée. Malgré mes cauchemars, j’étais étrangement reposée.

Je me redressai et lui demandai :

— L’Alpha ? En ville ? Un dîner ? C’est quoi ce bordel ? Pourquoi sommes-nous invitées ? Et pourquoi t’es habillée comme ça ?

— Tu ne comprends pas, Sienna. Quand un Alpha t’invite, ce n’est jamais bon signe. Il se passe forcément quelque chose de grave.

Et je suis habillée comme ça parce que je n’ai rien d’autre de convenable à me mettre pour me présenter devant lui. Dépêche-toi, on doit être là-bas à dix-huit heures !

— Tu peux pas y aller toute seule ? J’ai rien d’autre à me mettre que des jeans et des joggings…

— AH NON ! Hors de question ! Tu te trouves quelque chose de présentable, et tu viens. Refuser l’invitation d’un Alpha, c’est le défier. Et crois-moi, ça peut très mal finir.

Elle quitta la pièce en claquant la porte.

Je soupirai et fouillai mon placard sans succès. Par curiosité, j’ouvris le coffre sous mon lit, où j’avais rangé les vêtements de ma mère. Je n’avais jamais eu le cœur à m’en séparer — ils portaient encore son odeur.

Je tombai sur une longue robe verte. Je l’essayai.

En me regardant dans le miroir, j’eus un choc. La robe m’allait comme si elle avait été faite pour moi.

Elle descendait jusqu’à mes chevilles, dégageait un décolleté raisonnable mais élégant, mettant en valeur mes courbes. Dans le dos, elle était ouverte jusqu’au bas des reins.

J’ajoutai un châle noir léger pour couvrir un peu cette nudité.

Cette robe… elle était parfaite. La couleur se mariait à merveille avec mes cheveux roux et faisait ressortir mes yeux bleus.

Je laissai mes cheveux détachés, tombant en cascade dans mon dos pour m’aider à dissimuler l’ouverture de la robe, au cas où je devais retirer le châle.

---

Une fois prêtes, nous prîmes la route vers la maison de l’Alpha.

— MON DIEU ! Je ne sais pas si je dois être excitée ou terrifiée !

Ma tante devenait folle, elle ne tenait pas en place dans la voiture. Elle ressemblait à un enfant fébrile avant d’ouvrir son cadeau… sauf qu’elle avait peur de ne pas aimer la surprise.

— C’est juste un dîner, tata… tentai-je de la rassurer.

— Juste un dîner ? Sienna, c’est l’Alpha. Il n’invite quasiment jamais les gens chez lui ! Quelque chose se trame, j’en suis sûre…

Je réalisai alors qu’en deux ans de transformations, je ne l’avais jamais vu. Et à ma grande surprise, ma tante non plus.

Nous arrivâmes devant un immense portail blanc. Il s’ouvrit automatiquement. La voiture s’engagea sur une allée menant à un magnifique jardin. Tout était parfaitement entretenu, harmonieux… presque irréel.

En descendant de voiture, un homme grand aux cheveux blancs s’approcha de nous d’un pas solennel.

— Bienvenue, mesdames. Si vous voulez bien me suivre jusqu’à la grande salle. L’Alpha vous y rejoindra plus tard.

---

Nous traversâmes un salon somptueux. Tout dans la décoration évoquait luxe, ordre et pouvoir.

Dans la salle à manger, une longue table avait été dressée. Trois couverts en or, pas un de plus. Des fleurs, sûrement issues du jardin, trônaient au centre.

Ma tante pâlit.

— Trois couverts ? Il va dîner seul avec nous ? Et ses conseillers, où sont-ils ?… Bordel…

Je pris sa main pour la rassurer, mais elle la serra si fort que je crus qu’elle allait me la broyer.

— Désolée… je m’en suis pas rendu compte, dit-elle en relâchant aussitôt sa prise.

— C’est rien. Je comprends ton stress… mais je suis sûre que tout va bien se passer.

— Merci d’être la meilleure nièce au monde, répondit-elle avec un sourire tremblant.

---

Soudain, ma poitrine se serra. Mon cœur s’emballa. Ma respiration se bloqua.

Cette odeur… Elle mettait tout mon corps en feu.

Mon loup voulait sortir, foncer vers elle.

J’agrippai la main de ma tante pour me calmer. Pourquoi cette odeur me faisait-elle autant d’effet ? D’où venait-elle ?

La grande porte s’ouvrit dans un grondement sourd. Trois serviteurs entrèrent avec des plateaux fumants. Mon estomac gargouilla.

Puis il apparut.

Grand. Cheveux noirs. Musculature imposante. Un regard d’un noir profond dans lequel je me perdis instantanément.

Alexander. C’était lui. L’Alpha. Celui de la boîte de nuit. Celui de mes rêves.

Son odeur… C’était celle que je traquais chaque nuit.

Nos regards se croisèrent. En un éclair, ses yeux devinrent rouges.

Ma tante tomba aussitôt à genoux.

Moi, j’étais figée.

— Sienna, tu es folle ! Agenouille-toi ! Tu es en train de le défier ! chuchota ma tante en tirant sur ma robe.

Mais je ne pouvais pas. Je n’y arrivais pas.

Mon regard était plongé dans le sien, comme attiré par une force invisible.

Il me regardait… avec surprise, et… de la joie ?

— Relevez-vous, Lana. ordonna-t-il d’une voix grave mais étrangement douce.

— Et appelez-moi Alexander.

Ma tante se releva, remit sa jupe en place, et répondit timidement :

— C’est un honneur de vous rencontrer, Alpha… Alexander.

---

Nous nous installâmes. Le repas débuta dans un silence un peu tendu. Ma tante et Alexander discutèrent un peu du quotidien, de la ville… Rien de bien intéressant.

Au bout d’un moment, je perdis patience. Je posai mes mains sur la table et regardai Alexander droit dans les yeux.

— Qu’est-ce que vous venez faire ici ? J’imagine que ce n’est pas pour parler météo…

Il esquissa un sourire.

— Sacré caractère… Mais tu as raison. Allons droit au but.

Il reprit, plus sérieux :

— Les chasseurs ont repris leur traque. Je suis venu vous avertir.

— Et il fallait un dîner pour ça ? Un simple courrier ne suffisait pas ? demandai-je.

— Non. Parce que tu es la dernière née. Tu as eu ta première transformation il y a deux ans, et tu es en danger. Il est de mon devoir de t’entraîner.

Je haussai un sourcil.

— Et si je ne veux pas ? Je sais me défendre.

— Ce n’est pas une proposition. C’est un ordre.

Tu emménages ici dès demain. Les chasseurs sont des professionnels. Ils ne ratent jamais leur cible. Si tu ne sais pas te battre, tu es fichue.

Je ne répondis pas. Je savais que contester serait vu comme un affront.

Et je ne voulais pas mettre Lana en danger.

Elle n’avait pas ouvert la bouche depuis le début du repas. Elle restait sage, à sa place. Soumise. Craintive.

Le dîner se termina dans un silence pesant. Je sentais le regard d’Alexander sur moi, tout le long. Ça me mettait mal à l’aise.

---

Sur le trajet du retour, ma tante ne dit pas un mot. Quelque chose la rongeait, mais visiblement, elle ne voulait pas en parler ce soir.

Une fois rentrée, je me glissai dans mon lit. Mon téléphone vibra.

> 📩 Aiden : "Salut sœurette, pas de nouvelles aujourd’hui. Tout va bien ?"

Je répondis :

> "Hey frérot, oui, tout va bien. Je viens juste de me réveiller, j’ai dormi toute la journée."

Je posai le téléphone à côté de moi et m’endormis presque aussitôt.

---

Mais cette nuit, je ne rêvai pas de poursuite.

Je rêvai d’Alexander.

— Sienna… mon amour… tu m’as enfin trouvée. Je suis là pour te protéger de…

Mais il n’eut pas le temps de finir sa phrase.

Une pluie de flèches le transperça de toutes parts. Il disparut dans un cri.

Mon amour… ?

Pourquoi m’avait-il appelée comme ça ? Ça n’avait aucun sens.

Et pourtant, dès qu’il disparut, je me mis à courir.

Mon instinct hurlait : cours, échappe-toi !

Quelqu’un me traquait… et je ne devais surtout pas me faire attraper.

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