Suivre
Chapitres
Partager
Couverture du roman Au carrefour de nos différences

Au carrefour de nos différences

Elisa est dévastée : Ousmane, son mari, vient de s'unir à une seconde épouse. Tandis qu'il s'apprête à passer le week-end avec sa nouvelle compagne, Elisa doit dissimuler sa souffrance derrière un masque de sérénité pour protéger ses enfants. Face au silence de leur père, c'est à elle qu'incombe la lourde tâche d'annoncer le bouleversement de leur foyer. Comment leur dire qu'ils devront désormais partager leur père et ne le voir qu'un jour sur deux ?
Chapitres
Partager

Chapitre 2

« Toi alors ! C’est quoi tout cet arsenal ? On dirait que tu prépares la troisième guerre mondiale ! » N’avait pu s’empêcher de taquiner Adama, en voyant toutes les armes de séduction massive que sa jumelle avait disposé sur le lit et s’apprêtait à ranger dans sa petite valise.

« Tu ne penses pas si bien dire ma chère ! C’est justement la troisième guerre mondiale que je compte déclencher ce soir ! Et crois-moi que quand j’en aurai fini avec cet homme, sa première deviendra totalement insipide devant lui ! » Avait répondu Awa, la nouvelle mariée qui se préparait à passer sa toute première nuit avec son mari.

« Tu recommences encore avec cette histoire ! Et moi qui croyais que tu étais redevenu raisonnable ! Ne penses-tu pas que c’est déjà assez difficile pour cette femme de se voir trouver une coépouse pour que tu cherches en plus à la chasser ! » Avait repris Adama qui ne cautionnait pas l’idée qu’avait sa sœur de se débarrasser au plus vite de la première épouse de son mari au lieu d’essayer de cohabiter pacifiquement avec cette dernière qu’elle avait trouvé dans son foyer.

« C’est vraiment son problème si elle n’a pas été capable de retenir son mari dans ses jupons ! Moi je ne compte pas gérer un polygame ! Ousmane sera à moi et à moi seule ! C’est tout simplement parce que je ne pouvais exiger de lui qu’il se sépare d’elle avant notre mariage que j’ai accepté d’être sa deuxième ! Mais c’était juste un moyen d’accéder à l’enceinte ! Une fois bien installée, je veillerai sans en donner l’air à ce qu’elle prenne très rapidement la porte ! »

« Awa ! Soit raisonnable ! Ne fait jamais à une femme ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse ! Et comment peux-tu même être si sure de toi ? Qui te dit qu’elle n’a pas elle-même des arguments assez solides pour se défendre et peut-être même te faire éjecter si tu cherches à la chasser ? »

« Oh arrêtes ! Si elle maîtrisait réellement ce qu’elle faisait, on ne lui aurait pas ramené de coépouse ! Si Ousmane est devenu aussi accro à ma personne c’est parce qu’il trouve en moi des choses qui manquent à sa femme donc elle ne me fait pas peur ! » Avait répliqué Awa avec assurance.

« C’est là que tu te trompes ma chère ! Ne vas surtout pas croire que les hommes prennent d’autres femmes pour combler les lacunes des premières ! Il y en a qui aiment collectionner tout simplement et ne seraient pas même rassasiés avec dix autour d’eux ! Alors ne part pas dans ce mariage en te croyant plus complète et plus capable que la première ! » Avait dit Adama pour faire redescendre sa jumelle sur terre.

« En tout cas l’avantage psychologique est de mon côté et je compte bien l’utiliser ! Je ferai en sorte que, rien qu’en entendant mon prénom, elle en perde le sens de l’orientation !»

« Fais gaffe à toi en tout cas ! Quand cette femme trimait avec son jeune mari pour en arriver là où ils sont aujourd’hui tu ne savais même pas qu’un Ousmane existait ! De plus, à ce que je sache, celui-ci ne s’est jamais plaint de quoi que ce soit la concernant ! Il est tout simplement tombé amoureux de toi pour une raison ou une autre et si toi-même tu as pu l’apprécier dès que tu l’as vu c’est parce qu’il était très présentable, ce qui veut dire qu’on s’occupait de lui ! Réfléchit bien Awa ! Ne va pas semer la zizanie et la discorde chez ta coépouse ! Essaie de gérer de ton côté sans partir en guerre contre elle ! »

« Toi tu seras une éternelle rêveuse sentimentale ! A la guerre comme à la guerre ! Je ne partage pas mon homme ! Elle a eu la malchance que cela tombe sur le sien et elle va donc devoir céder la place ! C’est dès ce soir même que je vais entamer mon plan d’action ! Et tu peux me croire si je te dis que je ferai voir le soleil en pleine nuit à Ousmane et que c’est complètement KO qu’il sortira de ce weekend ! Je vais tellement l’éreinter, qu’à son retour dimanche, elle sera obligée de lui faire de la soupe et des massages et saura dès lors à qui elle a à faire ! »

« Sincèrement je ne te comprendrai jamais ! Tu devrais pourtant être plus compatissante avec cette dernière car tu es très bien placée pour savoir ce que cela fait de perdre l’homme qu’on aime ! Ton histoire avec Doudou devrait te servir de leçon ! » Avait dit Adama, abattant ainsi sa dernière carte.

« Ecoutes ! Si tu veux que notre discussion se passe bien, ne ramènes plus ce sujet sur la table ! J’ai définitivement tourné la page Doudou et notre enfant est désormais notre seul lien ! J’avais commis l’erreur de croire qu’en tombant enceinte papa et maman accepteraient finalement notre union mais tel n’a pas été le cas et j’ai dépassé maintenant le cap et vais faire ma vie avec Ousmane qui est actuellement le seul qui m’intéresse ! Il m’aime et m’accepte malgré mon passé et je ferai tout pour le garder ! » Avait répondu Awa avec subitement beaucoup moins d’enthousiasme.

« Justement ! Si lui a accepté ton passé, tu devrais aussi accepter le sien ! Cette femme que tu veux chasser fait partie de sa vie et tu devrais l’aider à conserver son foyer plutôt qu’à songer à le détruire ! As-tu d’ailleurs pensé à la relation d’Ousmane avec ses enfants si sa femme s’en allait ? »

« Oh Ada cela suffit ! Ne gâche pas ma belle humeur ! Changeons d’ailleurs de sujet car on ne trouvera jamais de terrain d’entente sur celui-là ! Ce qui m’intéresse, moi, c’est ce long weekend que je vais passer avec mon mari ! Cela fait plusieurs mois que je fais une diète à cause de sa fichue fidélité envers sa poufiasse et mon corps est terriblement en manque ! » Avait repris Awa, coquine, et Adama l’avait fixé totalement surprise.

« Comment cela plusieurs mois que tu es en diète ! Ton fils à deux ans ! Ne me dit que Doudou et toi avaient continué vos bêtises après ton accouchement ? » Avait-elle demandé.

« Hey ! Laisses-tomber ! N’ouvre pas un autre débat ici ! Mais si tu veux quand même tout savoir, oui, Doudou et moi avons continué à être intime même après ma rencontre avec Ousmane ! On savait tous les deux que rien ne sera jamais possible mais on en profitait en attendant, voilà ! C’est quand j’ai su qu’Ousmane voulait du sérieux et pensait réellement au mariage que j’ai tout arrêté avec Doudou ! » Avait avoué Awa surtout pour choquer sa sœur dont les sermons l’énervaient parfois.

« Awa ! » S’était d’ailleurs écriée cette dernière ne trouvant pas les mots pour qualifier la révélation de sa sœur.

« Toi la prude voilée, restes là-bas avec tes principes ! N’est-ce pas qu’on disait que mademoiselle la pieuse allait se marier très rapidement et me laisser ici moi, la grande dévergondée ? Pour le moment il me semble que c’est tout le contraire ma chérie ! Continue à cacher tes belles courbes dans tes amples habits et surtout à bien serrer les cuisses en attendant sagement un potentiel mari ! Pendant ce temps, moi, je vais aller m’amuser avec celui que je me suis dégotée et à qui je compte faire voir des étoiles en plein jour ! »

Au moment même où Awa terminait sa dernière phase, son téléphone portable s’était mis à sonner et, comme elle avait décroché en prononçant un « Ouz chéri » d’une voix mielleuse, Adama avait compris qu’il s’agissait d’Ousmane et avait donc quitté la pièce pour se rendre dans la courette arrière où sa mère et ses deux-petites sœurs se trouvaient à prendre le frais.

Nonchalamment couchée sur une natte étalée à même le carrelage, M’aa, comme elles appelaient affectueusement leur mère, égrenait lentement son chapelet en souriant aux chamailleries affectives de ses deux dernières filles qui étaient comme chien et chat. En effet, assise sur une des deux chaises en plastique, Ndéye Maguette, qui venait juste après les jumelles qu’étaient Adama et Awa, était en train de titiller Binette, la benjamine qui était installée sur la natte auprès de M’aa à laquelle elle était adossée, en lui disant d’arrêter de se coller autant à cette dernière.

« Elle n’a pas encore fini de s’apprêter Awa ? » Avait demandé M’aa à Adama qui venait de tirer à elle la deuxième chaise en plastique libre pour s’asseoir.

« Elle a presque fini ! D’ailleurs elle est au téléphone avec Ousmane actuellement ! » Avait répondu celle-ci.

« Ah d’accord ! » Avait repris M’aa avant de porter son regard au loin, légèrement pensive.

Même si elle n’avait pas de préférence entre ses enfants qu’elle aimait toute avec la même grande force malgré leurs différences, elle était quand même légèrement surprise de cette union d’Awa scellée le dimanche dernier. Celle-ci étant la plus rebelle de ses filles, elle s’était toujours inquiétée de son avenir et se demandait actuellement ce que voulaient vraiment les hommes. Comme tout le monde, elle avait toujours pensé qu’Adama, la voilée, plus pieuse, posée et respectueuse, allait plus vite trouver chaussure à ses pieds mais c’était tout à fait le contraire.

Cependant, même si elle était heureuse pour Awa, dont elle espérait que le mariage allait désormais la faire filer droit, son union avec Ousmane la mettait tout de même assez mal à l’aise. En effet, elle avait beaucoup de scrupules par rapport à la mère de la première femme d’Ousmane qu’elle côtoyait assez souvent vu qu’elles avaient une connaissance commune. D’ailleurs, quand Ousmane avait commencé à fréquenter Awa, elle avait tenté de sermonner sa fille mais celle-ci s’était obstinée et elle l’avait finalement laissé faire car il y avait déjà eu l’antécédent de sa relation avec Doudou, son copain d’une certaine caste qui avait mis sens dessus-dessous la famille encore profondément ancrée dans certaine mentalité, et avec qui elle avait même fait un enfant pour leur forcer la main.

« Pourvu seulement qu’elle se tienne tranquille et ne cause pas de misère à sa coépouse ! » Avait finalement pensé M’aa, compatissante envers la première femme d’Ousmane dont elle savait toutes les péripéties par lesquelles elle était passée pour concrétiser son amour.

Vous aimerez aussi

Couverture du roman Amour passionnel ou destructeur
9.3
Je m'appelle Sophietou Diop et une ombre plane sur mon existence : Babacar Khouma Junior. Cet homme arrogant au sourire narquois me suit partout, m'observant sans relâche lors de mes sorties. Sa présence m'insupporte, d'autant plus qu'il écarte violemment tout prétendant qui tente de m'approcher. Coincé face à mes accusations, il m'a finalement révélé une vérité bouleversante. Pourquoi moi ? Plongez dans mon récit où la haine et l'obsession se confondent dangereusement.
Couverture du roman Épouse de Son Père
8.4
Yacine croyait au bonheur conjugal jusqu'à ce qu'Almamy bouleverse ses certitudes. Ce beau-fils, devenu son désir le plus inavouable, provoque en elle un trouble profond. Bien qu'elle sache cette attirance interdite, elle finit par céder après un baiser audacieux. Désormais hantée par le souvenir de leur nuit passionnée, Yacine regrette mais ne peut plus reculer. Ce lien charnel menace de tout ravager, car elle brûle d'une flamme que rien ne semble pouvoir éteindre.
Couverture du roman La couleur du cœur
8.4
À vingt-quatre ans, Aby Rider excelle en tant que journaliste people. Redoutable, elle use de son charme pour soutirer des secrets aux hommes et garantir le succès de son magazine. Cependant, sa rencontre avec Pat Merens, une étoile montante du BMX, bouleverse ses certitudes. Submergée par des sentiments inédits après une nuit avec lui, elle souhaite mettre fin à ses manipulations. Mais alors que le piège se referme, arrêter la machine semble désormais impossible.
Couverture du roman L'alambic
8.9
Juin 2021, au cœur des Corbières. Entre campagne électorale et chant des cigales, Iris mène une existence loin de ses aspirations réelles. Alors qu'elle partage déjà sa vie avec Axel, sa rencontre fortuite avec Géraud provoque un véritable coup de foudre. Parallèlement, ses rapports glacials avec sa mère s'enveniment jusqu'à une révélation brutale. Tel un alambic distillant la vérité goutte à goutte, ce secret déconstruit ses certitudes. Pourra-t-elle affronter cette nouvelle réalité ?
Couverture du roman Le fils de mon patron
7.9
Faith, une orpheline brillante et courageuse, quitte sa campagne natale pour poursuivre ses études supérieures en ville grâce à une bourse d'excellence. Alors que son parcours académique débute sous les meilleurs auspices, son quotidien bascule lors de sa rencontre avec Henry Becker. Ce dernier n'est autre que le fils de son employeur. Sans raison apparente, le jeune héritier décide de s'acharner sur elle, transformant sa vie en un véritable enfer.
Couverture du roman L'époux qui a empoisonné notre amour
8.0
Après dix fausses couches, je voyais en Bastien un époux dévoué. Pourtant, l'homme qui a ruiné ma famille cachait un secret atroce : il empoisonnait mes tisanes pour sacrifier nos enfants. Ce stratagème visait à payer une dette envers sa maîtresse, emprisonnée par sa faute. Survivante d'un incendie où il me croyait perdue, je reviens sous une nouvelle identité. Ma vengeance commence maintenant pour anéantir celui qui a transformé ma vie en un mensonge sanglant.