
Amour Retrouvé, Vies Croisées
Chapitre 2
Ma vie a basculé le jour où ma demi-sœur, Chloé Martin, a tenté de me tuer.
Je la connaissais depuis l'enfance, je la considérais comme ma meilleure amie. Je n'aurais jamais imaginé qu'elle était ma sœur, et encore moins qu'elle me haïssait à ce point.
Elle m'avait attirée dans un atelier de couture isolé en banlieue parisienne, sous prétexte de vouloir voir mes dernières créations avant le grand concours de la maison de couture. J'étais naïve, je l'ai crue.
Une fois à l'intérieur, le piège s'est refermé. Deux hommes costauds m'ont attrapée et ligotée à une chaise. Chloé se tenait devant moi, un sourire mauvais sur les lèvres.
« Amélie, ma chère Amélie. Tu dois te demander ce qu'il se passe. »
Sa voix était mielleuse, mais ses yeux brillaient de haine.
« Chloé, qu'est-ce que tu fais ? Laisse-moi partir ! »
Elle a ri, un rire strident qui m'a glacé le sang.
« Te laisser partir ? Pour que tu continues à me voler ma vie ? Non. C'est fini. »
Je ne comprenais rien. Voler sa vie ?
« C'est moi, la véritable héritière Dubois. Pas toi. Ton frère, Jean-Luc, l'a dit lui-même un jour. Nous sommes nées le même jour, à la même maternité. C'est évident qu'il y a eu un échange à la naissance. Tu as pris ma place, tu as vécu dans le luxe pendant que moi, je galérais. »
Son raisonnement était complètement fou. Une simple remarque de mon frère sur notre anniversaire commun l'avait conduite à cette conclusion absurde. Elle était persuadée d'être la victime d'une injustice cosmique.
« C'est ridicule, Chloé. Tu as perdu la tête. »
« Tais-toi ! » a-t-elle hurlé. « Aujourd'hui, je récupère ce qui me revient. Ma place, ma fortune, et même ton fiancé, Romain. »
Mon cœur a cessé de battre. Romain. Mon fiancé. Il ne pouvait pas être complice de ça.
Profitant d'un moment d'inattention, j'ai réussi à sortir mon téléphone de ma poche. Mes mains tremblaient, mais j'ai composé le numéro de Romain. C'était mon seul espoir.
Il a décroché rapidement.
« Romain, au secours ! Chloé... elle est folle, elle m'a piégée... »
Un silence. Puis sa voix, froide et méconnaissable.
« Amélie, écoute Chloé. Elle sait ce qui est le mieux pour tout le monde. »
Le téléphone m'est tombé des mains. La trahison m'a frappée plus durement que n'importe quel coup physique. Mon fiancé, l'homme que j'aimais, était de son côté. Il voulait ma mort.
Chloé a ramassé le téléphone, triomphante.
« Tu vois ? Il m'a choisie. Maintenant, finissons-en. Jetez-la dans la Seine. »
Les deux hommes m'ont traînée dehors. Je me débattais, je criais, mais personne ne pouvait m'entendre. Au bord du quai, l'eau noire et froide tourbillonnait. C'était la fin.
Soudain, une voiture a freiné brusquement. Un homme en est sorti en courant.
« Lâchez-la ! »
C'était Laurent. Le frère cadet de Romain. Un homme discret, presque effacé, que je connaissais à peine.
Il s'est jeté sur les deux brutes avec un courage que je ne lui soupçonnais pas. Il a réussi à m'arracher de leurs griffes, mais dans la confusion, l'un des hommes m'a violemment poussée. J'ai basculé dans le vide.
L'eau glaciale m'a engloutie. Mon dernier souvenir est celui de Laurent plongeant à son tour pour me sauver, avant que ses forces ne l'abandonnent lui aussi. Nous sombrions ensemble dans les ténèbres.
Puis, plus rien.
Je me suis réveillée en sursaut, le souffle court, le cœur battant à tout rompre. J'étais dans mon lit, dans ma chambre. Le soleil filtrait à travers les rideaux.
J'ai regardé mes mains. Pas de marques de cordes. J'ai touché mon visage. Pas de bleus.
J'ai attrapé mon téléphone sur la table de chevet. J'ai regardé la date.
C'était le matin même. Le jour de l'agression.
J'étais revenue.
Mon téléphone a vibré. C'était un message de Chloé.
« Salut Amélie ! Hâte de voir tes créations tout à l'heure. On se retrouve à l'atelier comme prévu ? ;) »
Le même message. La même journée qui recommençait.
Cette fois, je ne serais pas naïve. Cette fois, je ne serais pas une victime.
La dernière fois, j'avais appelé mon fiancé Romain, et il m'avait condamnée.
Cette fois, j'ai ignoré le message de Chloé. J'ai ouvert mes contacts et j'ai appuyé sur le nom de mon frère.
Jean-Luc Dubois. Le meilleur avocat de Paris. Protecteur, puissant et la seule personne au monde en qui j'avais une confiance absolue.
Le téléphone a sonné une fois.
« Amélie ? Tout va bien ? »
Sa voix chaude et rassurante a fait naître des larmes dans mes yeux.
« Jean-Luc, » ai-je dit, ma voix tremblant mais ferme. « J'ai besoin de toi. »
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