
AMOUR CARCERAL
Chapitre 3
J’ai lu ce message à plusieurs reprises ; je ne veux pas me sentir mal, ou dans une situation où tu as l’impression de t’être fait avoir aussi bêtement, surtout que ma vie, elle commence à avoir un sens ; c’est maintenant que je me sens homme et je ne veux surtout pas perdre la face.
Au même moment je me suis levé ; et discrètement, je suis sorti ; mais avant, j’ai lorgné Elisa qui est affairée à la cuisine, ainsi que Kevin qui se tient à ses côtés…
-Je fais un tour dehors là ! Je vérifie quelque chose !
-Ok chéri ! A tout de suite ! Je nous concocte déjà un bon petit plat !
-D’accord !
Je garde mon calme pour ne laisser rien paraître ; une fois à l’extérieur, je prends un grand coup, je ferme les yeux…
-C’est impossible ! Cela ne se peut pas qu’elle me fasse un coup pareil !
Je relis le message et directement j’appelle le numéro… bien évidemment il ne passe plus ; je reste pensif et je réfléchis un court instant, j’essaie de me faire le film de tous les derniers événements, des retrouvailles avec Elisa jusqu’à l’heure actuelle… Kevin m’interrompt subitement; il accourt vers moi en criant à tue-tête…
-Papaaaa !!! Papaaaa !
L’entendre m’appeler à l’instant me fend le cœur ; vu la façon dont les choses se sont passées, Kevin et moi on a vite accroché dès le premier jour; et même s’il ne porte pas mon nom, il s’appelle en effet Kevin Makosso ; mais j’ai toujours senti qu’il est bel et bien mon fils. Il n’y avait aucun doute là-dessus. Sa maman le suit juste derrière…
-Oh !!! Kevin! Reviens ici ! Laisse papa tranquille !
-Non c’est bon ! Laisse-le, je le prends ! Lui dis-je en tenant le petit dans mes bras.
-Ça va ? Me demande-t-elle l’air inquiet.
-Ca va ! Ça va ! T’inquiète ! Je… j’ai reçu un message très parlant, je dirais même très alarmant !
-Moi aussi !
-Comment ?
-Tout à l’heure à la cuisine, juste quand tu es sorti ! J’ai reçu ça !
Elle me tend son téléphone… je lis le message…
« Comment peux-tu être aussi bête et naïve ? Tu as fait une erreur en l’épousant !»
-Qu’est-ce que c’est ? Me suis-je exclamé. Qui s’amuse à nous faire ça ?
-Je ne comprends pas ! Et toi ? C’est quoi que tu as reçu comme message ?
-Tiens ! Lis-le !
Elle le lit ; elle appose ses mains sur sa bouche…
-Miiince Aaric ! Que… que Kevin n’est pas… mais il est prévu qu’on fasse les tests non ? Il est de toi !!! Il est bien de toi !!!
-Laisse ! Reste calme ! C’est quelqu’un qui veut nous embêter, un jaloux ou un envieux ! Laissons, et observons !
-D’accord ! Ça fait quand même peur hein !
-N’aies crainte ! Je vais me charger de trouver l’auteur de cette saleté !
-D’accord ! Mais sois prudent ! Reste discret !
-Ça va aller ! Je connais ce genre de chose !
Il est bien vrai que ma vie sociale et familiale est assez bien organisée, pour un fonctionnaire comme moi ; j’évolue bien et rapidement ; je ne peux que faire des envieux, et surtout je sais que j’ai la plus belle femme de la région ; elle ne passe jamais inaperçue ; certains même la reconnaissent comme ancienne miss ; il pouvait arriver que j’attrape les regards des uns et des autres sur elle, mais je me contente toujours de la tenir par la taille et de leur fermer indirectement le clapet.
Elisa a tout laissé en plan pour venir avec moi, alors je me dois d’être loyal envers elle. Le fait qu’elle s’attelle à s’occuper de notre foyer nous rends si heureux en quelque sorte, au point où nous avons fini par oublier cette histoire de message anonyme, du moins pour le moment…
-Je vais quand même faire tirer un listing ! Dès que j’ai un moment ! Ai-je fini par lancer un soir, alors que nous étions à table. Et toi ? Tu n’as plus rien reçu ?
-Non ! Hum ! Quand j’y repense encore… la personne connait bien le prénom de l’enfant !
-Oui ! Ça veut dire qu’elle nous connait bien ! J’ai fait le tour de nos proches et franchement je ne vois pas qui pourrait nous en vouloir de ce côté-là !
-Tu parles ! Je ne vois personne ! Ici je ne cause pas avec tout le monde ! Je suis sympa, polie et…
-Juste ça ! N’en fais pas trop ! Je n’aime pas que tu traînes longtemps dehors !
-Je fais juste l’essentiel Les courses, le marché c’est tout ! Les asso* (comme pour dire meilleur client, meilleur acheteur) du marché m’aiment bien !
-Ok ! Mais fais gaffe ! On ne sait pas qui est qui ! Sois courtoise, souriante, mais reste méfiante !
-T’inquiète ! Mais moi je dis, celui ou celle qui nous joue ce sale tour n’est pas loin, c’est un proche, j’en suis persuadée !
-Comme tu dis ! C’est bien louche tout ça !
Quelques jours plus tard l’affaire est vraiment passée aux oubliettes ; nos recherches étant infructueuses, on a fini par mettre ça sous le coup de la jalousie d’un tiers. Après cet épisode aucun d’entre nous n’a plus reçu ce type de message. La sérénité, l’harmonie semblent régner dans notre couple et comme on dit, RAS ! Rien à signaler.
Mon travail à la prison va bon train, j’ai déjà pris la main et je mène à bien les hommes ; au final ma proposition qui était celle de d’alléger les effectifs et de traiter les prisonniers selon les catégories a été acceptée, contre toute attente ; et cela fait plus de deux semaines que le décret a été signé… mon chef et moi sommes assez satisfaits.
De son côté Elisa tient bien son rôle de femme au foyer, bien que je lise parfois dans son regard un degré de lassitude…
-Ne t’en fais pas ma chérie ! Je vais te trouver quelque chose, pour t’occuper un peu !
-Oh tu sais ! J’ai fait un choix, et je dois l’assumer !
-Ne le prends pas mal ! Je pensais que tu l’as fait par amour !
-C’est ce que je dis ! Je ne m’en plains pas !
-Mais pourquoi je te sens parfois acariâtre ? Des soirs comme celui-ci tu me boudes presque ! Tu me lances un mauvais regard ! Je vois mais je ne dis rien !
-Je fais tout ici ! Ménage, cuisine, lessive ! Bref c’est pas un sujet sur lequel on devrait s’attarder… je te l’ai dit, j’ai choisis et j’assume !
-Je n’aime pas quand tu parles comme ça ! On dirait que moi je ne fais rien ! Je travaille comme un dingue à la prison ! Presque tout repose sur moi là-bas ! Tu penses que je suis en vacances ? Je ramène tout mon salaire ici, pour qu’on vive bien ! Tu ne manques de rien ! Toutes tes huiles et produits de beauté, tes vêtements et j’en passe qui te les achète ? Je te mets à l’aise… mais si tu vois que tu en fais trop ici ! Tu peux laisser je vais le faire !
-C’est pas ce que je dis ! Excuse-moi ! J’ai les nerfs un peu à vif c’est tout !
-Ce n’est pas la première fois ! Si ça continue je vais mal le prendre !
-Tu m’interdis de sortir ! Tu ne veux pas que je sympathise avec les gens du coin !
-J’ai dit… sois méfiante ! Sois prudente !!! Je ne t’ai jamais interdit de faire quoi que ce soit ! Tu es libre !!!
-Ok ! J’ai donc trouvé un emploi !
-Quoi ?
-Si ! Si ! J’ai pensé que je pouvais apporter un plus !
-Quel genre d’emploi ?
-C’est dans une école maternelle…
-En tant que quoi ? Enseignante ?
-Oui ! Dès la rentrée prochaine, je vais commencer !
-Ça alors ! Je ne savais pas que tu avais le diplôme requis !
-J’aime beaucoup les enfants ! Tu te souviens quand j’étais miss… j’ai participé et contribué pour les réfections de plusieurs orphelinats ! Et par la suite j’ai été élue marraine de tous ces enfants !
-Je m’en souviens ! Mais où est le rapport avec l’enseignement ?
-Je suis allée voir le Délégué Départemental de l’Enseignement ici ! Monsieur Edoa Prosper ! Tu le connais ?
-Pardon ?
-Il m’a recommandée !
Je me suis levé d’un bond, furieux… je suis peut-être content du fait qu’elle ait pu trouver un travail, mais de là à ce que ça se passe comme je viens de l’entendre… ça me mets hors de moi…
-Tu es malade ??? Lui ai-je lancé.
-Mais… où est le mal ?
-Comment tu l’as rencontré ?
-Ça y est ça recommence ! Quand je dis que tu n’aimes pas quand je sors ! Je sors pour me débrouiller et chercher comment trouver une occupation ! Tu ne m’aides pas je te signale !
-Elisa… tu vas me dire… tu vas me dire comment tu as fait pour… pour entrer en contact avec cet homme !
-Là c’est une crise de jalousie que tu me fais ! Il ne s’est rien passé comme tu crois ! C’est la voisine qui m’a aidée, c’est son oncle !
Je m’essuie plusieurs fois le visage et je pousse plusieurs jurons, avant de sortir de la pièce ; je ne suis pas un homme violent, et la colère m’ayant complètement dominé, j’ai préféré sortir…
J’ai enfilé une casquette pour qu’on ne me reconnaisse pas en tant que tel, et je suis sorti ; j’ai longtemps marché avant d’aller m’assoir dans un petit bistrot du coin ; une heure de temps plus tard, je reçois un message d’Elisa, me faisant comprendre qu’on a de la visite… je l’a rappelle aussitôt…
-Allo ? Quelle visite ? Je n’attends personne ! Et si ce sont tes « amis » dis leur que je ne suis pas d’humeur à venir jouer une comédie qui ne dit pas son nom et…
-C’est ton ami Romuald !!! Il est venu de Bertoua !!!
Me dit-elle sèchement avant de me raccrocher au nez…
Pour une surprise c’en est une ! En voilà un au moins qui va peut-être me calmer, me suis-je dit intérieurement. Romuald est effectivement là ; venu directement de Bertoua, il a décidé de passer quelques jours avec nous…
-Si ça ne gêne personne, je viens pour une semaine ! Dit- il. Je te l’avais promis non ? Aaric ! On en a parlé le mois dernier !
-Ah oui ! J’ai complètement oublié ! Tu sais avec les occupations, on perd parfois la tête ! Gars je suis content ! On va passer du bon temps ! Lui dis-je en l’embrassant comme un pote.
Elisa qui assiste à la scène, finit par lâcher…
-Contente que tu sois venu Romuald, mais ton ami ne me dit jamais rien ! Il prend les décisions tout seul ! Et après c’est sur moi qu’on cri après, pour n’avoir rien dit à propos mes occupations !
Ni lui ni moi, personne ne prends ses paroles au sérieux, et on lâche un petit rire, question de tourner en dérision sa remarque…
-Ne le prends pas mal Elisa ! Dit Romuald. Tout est de ma faute, je n’ai pas prévenu quand je quittais, je voulais vous faire la surprise… et devinez quoi ? J’ai apporté de la bonne viande de brousse, des vivres et tout… c’est sur la cour !
-Ah bon ? S’exclame Elisa ! Tu nous as alors gâtés !
Romuald n’a pas fait dans la dentelle ; les vivres, il y en a tellement qu’il manque de place pour ranger tout ça…
-Ca alors !!! Romy tu nous as gâtés !!! Me suis-j exclamé. On en a pour un mois au moins !
-Au moins comme tu dis ! Renchérit Elisa.
Au moins avec ça nous sommes sur la même longueur d’ondes… ma femme et moi ; nous en sommes parvenus à oublier notre petit différend ; tout est revenu dans l’ordre et la présence de Romuald nous fait tellement de bien dans la maison.
Je peux aller au travail le cœur le serein, et Romuald reste souvent à la maison; il aide même parfois Elisa dans certaines tâches et tout le reste.
L’atmosphère est au top, et personne ne s’en plaind… il peut nous arriver de passer toute la nuit à papoter et à rigoler…
-Ahahaha je vous dis ! Les femmes ! Aaaah les femmes !!! S’exclame un soir Romuald. Elles sont terribles hein !
-Mais… Romuald ! Tu ne nous as jamais présenté une copine ! C’est quelle qualité comme ça non ? Demande Elisa.
-Bah ! Laisse tomber ! J’étais justement sur le sujet ! Elles finissent toujours par me décevoir ! Je ne sais pas pourquoi !
-Tu manques de patience c’est tout ! Lui ai-je dis.
-Peut-être… je crois bien que je suis trop exigeant, ou trop libéral ! J’en sais rien ! Ma dernière conquête remonte à un mois ! Une vraie paresseuse ! Elle ne voulait rien faire ! J’ai tout fait pour lui trouver un job ! Elle m’a ri au nez ! Ahahahah !!! Je l’ai chassée le lendemain !
Elisa et moi on se regarde, mais je fais mine de la considérer ; je veux tout faire pour changer de sujet qu’elle fait tout pour qu’on s’attarde dessus… à la fin Romuald lui donne un peu raison…
-Une femme doit travailler boss ! Me dit-il.
-Je n’ai pas dit le contraire ! Elle va travailler ! Ai-je coupé court…
-Ok ! Bon ! Moi je vais me coucher ! Lance Romuald.
Au fait c’est mon dernier week-end !
-Déjà ? Ça passe vite ! Lui ai-je dit, l’air surpris .
-Oui ! Mais j’ai encore une autre surprise pour vous deux !
-Encore ? Lance Elisa.
-Tu en fais trop mon pote ! Laisse comme ça !
-Non Aaric ! J’insiste ! Tu sais qu’on ne se voit presque pas ! De plus, je suis ton témoin, c’est un devoir ! Tu sais que j’ai été nommé !
En effet Romuald vient d’être nommé comme directeur des finances et du budget, mais ce n’est pas tout…
-Je reviens sur Yaoundé ! Je prends mon poste le mois prochain ! Lance-t-il.
-Waouh mon pote ! T’en as de la chance ! Félicitations !!!
Il faut avouer que l’ascension de Romuald est si fulgurante au point où je ne me considère plus du tout comme supérieur à lui comme par le passé ; la vie nous réserve parfois ce genre de surprise ; il ne faut jamais jurer de rien, moi en premier ! Romuald n’est plus l’adolescent typique timide et mal foutu de l’époque ; avec le temps il s’est transformé et s’est façonné une image complètement différente ; il a tout pour lui, une voiture de service, des bons de carburant plein dans sa caisse ; n’en parlons plus de son style vestimentaire…
il a vraiment l’air d’un boss. En plus de ça, la chance esmble tourner vraiment de son côté… Il revient à la capitale, le centre de tout ; rien qu’à y penser, je me suis mis à l’envier un peu, mais au final j’ai fini par garder la tête haute, en me disant tout simplement que c’est chacun qui a sa chance cette terre…
-J’ai bataillé dur pour qu’on m’affecte à Yaoundé je vous assure ! C’est tout ce que je voulais ! Mais bon… la nomination est venue avec !
Elisa et moi nous l’avons félicité sincèrement et l’avons encouragé à toujours y aller de l’avant.
-Merci mes chers ! Nous sommes des amis, mais plus que ça, nous sommes une famille… alors pour l’autre surprise, je vous invite à venir passer un week-end, à à Limbé ! Ça vous dit ? Vu que c’est mon dernier week-end !
Nous y sommes allés le lendemain vendredi en début d’après-midi ; la mère d’Elisa est arrivée en matinée ; nous avions déjà convenu auparavant qu’elle serait parmi nous pour un séjour d’un mois. Restée avec Kevin, nous avons mis cap tous les trois sur Limbé…
Nous sommes logés dans l’un des plus grands hôtels de la ville, le « Fini Hotel », et le tout aux frais payés par Romuald. Il a eu raison en quelque sorte ; l’escapade en valait la peine, surtout qu’elle ferait beaucoup de bien à Elisa ; du coup j’ai commencé à culpabiliser de ne pas lui faire suffisamment confiance et de l’acculer pour rien. La suite qui nous a été réservée à ma femme et moi n’a fait que nous rapprocher…
-Je m’excuse… je crois que je suis un peu trop regardant et exigeant ! Le moindre détail m’accable et je…
-Je m’excuse aussi Aaric ! Tu es mon mari et je devrais te tenir au courant de mes mouvements !
-Ce serait vraiment bien que tu aies une occupation ! Ça va te rendre indépendante !
-Ça nous fera du bien ! Et comme je disais, j’adore les enfants !
On finit par se rapprocher et se câliner ; ce soir-là, j’avais envie de lui faire l’amour, mais on a frappé à notre porte… c’est Romuald…
-Oooh désolé de vous embêter ! Je croyais qu’on avait prévu de sortir ! Je nous ai réservé un restaurant de grande classe et… mais pas grave on va reporter, amusez-vous bien !
-Non ! Non ! Romuald on s’apprête ! T’inquiète ! On a toute la nuit pour ça ! Hein ? Chérie ?
-Oui ! Oui ! On va s’apprêter vite fait ! C’est toi qui nous invite, alors on doit…
-Ok ! Comme vous voulez ! On va bien s’amuser, je l’espère !
Nous sommes sortis comme convenu aux environs de 19h, et contre toute attente, Romuald nous a présenté une fille…
-Je vous présente ma charmante Lolita ! J’ai juste oublié de vous parler d’elle… on se connait depuis un moment, mais elle vit plutôt à Douala ; je lui ai demandé de nous rejoindre ici !
La soirée s’annonce super bien ; nous avons sympathisé avec Lolita, très sympa sur les bords ; voire même très gentille… Elisa et elle ont bien accroché, on aurait dit qu’elles se connaissent depuis des siècles, au point d’organiser un autre plan de sortie rien qu’entre elles pour le lendemain…
-C’est juste entre nous les filles ! Lancent-elles tout de go, et au même moment.
Romuald et moi on a juste haussé les épaules et souri. Pendant le dîner, je reçois un coup de fil…
-Oulà ! Ça vient de la prison ! Excusez-moi !
Je me lève et je décale un peu… quelques minutes plus tard je reviens avec la mine abattue…
-Pffff ! Désolé ! Il… il faut que je reprenne la route ! Il y a eu évasion à la prison ! C’est grave !
-Oh mon Dieu !!! Aaric ! On… on rentre ! Se lamente Elisa.
-Si tu veux, mais je vais directement là-bas !
-Ooooh !!! Désolé mon pote ! Dit Romuald ! Si tu as besoin de mon assistance je peux venir avec toi !
-Non ! Non ! Tu ne peux pas ! Reste ! Restez ! J’y vais ! Elisa tu peux rester !
-T’en fais pas Aaric ! Elisa je vais veiller sur elle, me rassure Lolita !
-Ok ! Chérie, fais-toi plaisir ! Tu le mérites ! J’y vais ! Je te promets que tout ira bien !
-Tu promets ? Stp fais attention à toi ! On s’appelle alors toutes les minutes ok ? Je vais appeler maman sur le champ !!!
-D’accord ! Je vais le faire aussi ! A plus tard !
-A plus tard mon pote on s’appelle ! Rétorque Romuald.
Rentré sur Edéa, j’ai directement filé à la prison … c’est vraiment le branle-bas ; il y a vraiment eu évasion ; un des prisonniers, réputés comme l’un des plus dangereux venait de s’évader, mais dieu merci on a pu l’appréhender plus tard dans la nuit, aux environs d’une heure du matin; c’était plus de peur que de mal.
Vers les 3 h du matin, j’ai fait mon rapport et je suis resté à la prison ; il fallait encore déléguer et gérer avec mon chef, afin de se rassurer que tout soit rentré dans l’ordre, et surtout voir comment renforcer la sécurité et tout le reste. J’ai appelé ma belle-mère et ma femme, pour les rassurer que tout venait de rentrer dans l’ordre, mais je suis obligé de rester plus longtemps à la prison ; ce n’est qu’au petit matin que je pu me libérer.
Un mois plus tard après les événements, j’ai reçu une nomination; c’est mon chef direct qui me l’a lui-même annoncé…
-Tu es nommé intendant de prison !
-Quoi ? Mais… mais je n’ai nullement l’intention de prendre votre place chef ! Je suis votre adjoint et… Non ! Rassure-toi tu vas de l’autre côté !
-Je ne comprends pas ! Je vais où ?
-On t’envoie chez les femmes ! Tu vas diriger l’aile des femmes ! J’ai appris ça ! On attend que ça se confirme ! Tu recevras ta lettre d’ici peu !
Je ne suis pas très enjoué à cette idée, mais je n’ai pas le choix ; j’ai annoncé la nouvelle à Elisa qui l’a très bien pris d’ailleurs.
-Je pense que c’est mieux là-bas ! Chez les hommes c’est trop dangereux ! Et les évasions, et les bagarres et tout et tout ! On ne respirait pas avec ! J’avais peur pour toi !
-Comme tu dis ! Je prends le bon côté de la chose !
-Prends le bon côté des choses… surtout que tu vas être papa pour la deuxième fois ! Me dit-elle dans un sourire…
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