
Amour Brisé, Vies Dévastées
Chapitre 3
Le bruit du verre brisé a semblé me réveiller. Mon cœur battait à tout rompre, mais une froide lucidité a remplacé la rage. Je ne pouvais pas m'effondrer. Pas maintenant. Sophie avait besoin de moi.
J'ai sorti mon téléphone, j'ai connecté la tablette et j'ai transféré le fichier audio. Je l'ai sauvegardé sur mon cloud personnel, puis sur une clé USB que j'ai glissée dans ma poche. C'était ma seule arme.
Je devais retourner à l'hôpital. Il fallait que je sois là quand Sophie se réveillerait. En sortant de la maison, j'ai été aveuglé par des flashs. Des journalistes. Une meute. Ils se sont rués sur moi, me bombardant de questions.
« Monsieur Dubois, est-ce vrai que vous êtes le principal suspect ? »
« Pourquoi auriez-vous fait ça à votre propre fille ? »
« Votre femme a demandé une mesure de protection ! »
Je me suis figé. Claire avait fait ça. Elle avait appelé la presse. Elle était en train de me jeter aux lions en public. J'ai essayé de me frayer un chemin, de les ignorer, quand je l'ai vu.
Marc Leclerc se tenait à l'écart, près d'une voiture de luxe noire. Il me regardait avec un sourire narquois, un air de triomphe sur le visage. À cet instant, tout a basculé. La douleur, la peur, le chagrin se sont mués en une seule émotion pure : la fureur.
J'ai foncé. J'ai bousculé les caméramans et les reporters, mes yeux rivés sur lui. Il a perdu son sourire, surpris par ma réaction. Avant qu'il ne puisse bouger, mon poing est parti tout seul. Il a heurté sa mâchoire avec un bruit sourd et satisfaisant.
Marc s'est écroulé sur le trottoir, gémissant.
« C'est lui ! C'est le monstre ! » ai-je hurlé à la foule, le doigt pointé sur lui. « C'est lui qui a fait ça à ma fille ! »
Les journalistes, d'abord stupéfaits, ont tourné leurs caméras vers la scène. C'est à ce moment-là que Claire est sortie de la voiture. Elle a couru vers Marc, s'agenouillant à ses côtés, le visage empreint d'une sollicitude parfaite.
« Marc ! Ça va ? »
Elle a levé les yeux vers moi, et son regard était rempli d'un mépris glacial.
« Vous voyez ! Il est violent ! Il est hors de contrôle ! » a-t-elle crié aux journalistes.
Marc, jouant son rôle à la perfection, s'est relevé en chancelant, une main sur sa mâchoire.
« Il est fou... Il m'accuse pour se couvrir... »
Les sirènes de police ont retenti au loin. Elles se rapprochaient.
« J'ai la preuve ! » ai-je crié, sortant la clé USB de ma poche. « J'ai un enregistrement ! Leur conversation ! Tout leur plan est dessus ! »
Claire a ri. Un rire bref et dédaigneux.
« Un enregistrement ? Mon mari est développeur de jeux vidéo. Il passe sa vie à créer des sons et à manipuler des voix. C'est un expert en montage audio. C'est une fausse preuve qu'il a fabriquée pour détourner l'attention ! »
Les policiers sont arrivés, m'ont encerclé. J'ai tendu la clé USB à l'officier le plus proche.
« Écoutez ça, je vous en supplie. C'est la vérité. »
L'officier a pris la clé, mais son regard était méfiant. Claire s'est approchée, son autorité d'avocate de renom enveloppant la scène.
« Officier, je suis son épouse et je suis avocate. Mon mari a des antécédents de violence verbale et de comportement instable. Ce soir, il a agressé physiquement Monsieur Leclerc devant témoins. Je crains pour ma sécurité et celle de ma fille. Je souhaite porter plainte. »
Ses mots étaient des clous plantés dans mon cercueil. L'épouse. L'avocate. La victime. Elle avait coché toutes les cases. Devant la foule, devant les caméras, devant la police, j'étais le monstre qu'elle avait créé.
On m'a passé les menottes. Le métal froid a mordu mes poignets. Alors qu'on m'emmenait, j'ai croisé le regard de Claire. Elle se tenait aux côtés de Marc, sa main posée sur son bras. Elle m'a adressé un dernier regard, un regard qui disait : « C'est fini. Tu as perdu. »
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