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Couverture du roman Amis d'enfance, bourreaux d'un jour

Amis d'enfance, bourreaux d'un jour

Gaspard et Victor, mes amis d'enfance, m'étouffaient d'un amour possessif jusqu'à l'arrivée de Marion. Pour cette stagiaire, ils m'ont humiliée, ignorant même mon asthme mortel. En pleine crise, alors que je suffoquais, Gaspard m'a violemment rejetée, me reprochant ma méchanceté. Trahie par ceux qui devaient me protéger, j'ai décidé de tout briser. Après avoir vendu mes parts et brûlé nos souvenirs, je pars honorer un mariage arrangé, disparaissant à jamais de leur vie.
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Chapitre 1

Gaspard et Victor, mes amis d'enfance, m'ont toujours tout donné. Leur amour possessif était ma prison dorée, et j'étais le centre de leur univers.

Jusqu'à l'arrivée de Marion, ma stagiaire à l'air si innocent et fragile.

Pour elle, ils m'ont blessée, humiliée, et ont commencé à m'ignorer. Ils ont même oublié mon asthme mortel, remplissant l'appartement de fleurs pour lui faire plaisir.

Alors que je suffoquais, luttant pour ma vie, ils m'ont accusée d'être déraisonnable. Gaspard m'a poussée violemment, plus inquiet pour un vase cassé que pour moi.

« Pourquoi es-tu devenue si méchante ? » m'a-t-il crié, tandis que je m'effondrais.

Les hommes qui juraient de me protéger étaient devenus mes bourreaux. Pour une inconnue qu'ils connaissaient depuis à peine un mois.

Ce jour-là, j'ai compris que tout était fini. J'ai brûlé nos photos, vendu ma part de l'appartement et, en secret, j'ai accepté le mariage arrangé par ma famille. Je partais, pour de bon, et je ne leur laisserai aucune chance de me retrouver.

Chapitre 1

Aurélie POV:

Le téléphone raccroché, les bruits de fête au loin devenaient soudainement plus clairs. Des chants joyeux montaient vers mon appartement, une mélodie entraînante contrastant étrangement avec le silence de ma pièce. C' était la fête, la fête qu' ils avaient organisée, pour elle.

Des pas légers résonnèrent dans le couloir, puis ma porte s' entrouvrit doucement. Une silhouette apparut, tenant un gâteau étincelant. Marion, un sourire innocent plaqué sur ses lèvres, entra dans la pièce. Elle était menue, ses cheveux blonds encadraient un visage délicat, ses grands yeux bleus la faisaient ressembler à une poupée de porcelaine. Une touche de crème traînait sur sa joue, un détail qui aurait dû être charmant, mais qui, sur elle, semblait calculé.

« Aurélie, viens te joindre à nous ! » lança-t-elle, sa voix douce comme du miel.

Je la regardai, mes yeux se posant sur cette tache de crème. C' était une performance bien rodée. Je savais ce qu'elle essayait de faire.

« Non, merci, » répondis-je, ma voix plus froide que je ne l' aurais souhaité. « Je dois travailler. »

Je ne lui laissai pas le temps de répliquer. « Amusez-vous bien, » ajoutai-je, le sarcasme à peine voilé.

Ses yeux s' embuèrent instantanément, de grosses larmes prêtes à couler. Elle serra le gâteau contre elle, son visage prenant une expression de détresse. « Tu ne m' aimes pas, n' est-ce pas, Aurélie ? » demanda-t-elle d'une voix tremblante, cherchant à me faire culpabiliser.

Mon front se plissa. C' était ça, son numéro de victime. Elle jouait la carte de la petite chose fragile, comme toujours. Un sourire méprisant effleura mes lèvres. Je n'avais plus de temps à perdre avec ses simagrées.

« Garde ton numéro pour Gaspard et Victor, » lui dis-je, ma voix dure. Je tendis la main vers la porte, prête à la refermer.

Mais Marion fut plus rapide. Sa main fine se tendit, la bloquant au moment où je la poussais. La porte claqua sur ses doigts. Un gémissement de douleur s' échappa de ses lèvres. Sa peau pâle marqua instantanément un bleu.

Juste à ce moment-là, deux silhouettes apparurent en haut de l'escalier. Gaspard et Victor. Leurs visages, jusque-là joyeux, se figèrent en voyant Marion accroupie, le visage tordu de douleur, sa main à présent enflée et colorée.

Ils se précipitèrent, l' un après l' autre, vers elle. Gaspard la souleva, la serrant contre lui, tandis que Victor examinait sa main. En voyant le bleu et le gonflement, les yeux de Gaspard devinrent rouges de colère.

« Aurélie, comment as-tu pu faire ça ? » s' écria-t-il, sa voix tremblante de rage. « Pourquoi es-tu devenue si méchante ? »

Victor, d' habitude plus calme, me lança un regard blessé. Son visage trahissait sa déception. « C' est trop, Aurélie, » dit-il d' une voix douce, mais tranchante. « Tu n' aurais pas dû la blesser. » Il se tourna vers Marion, son ton s' adoucit. « Ça fait toujours mal, ma petite ? Viens, je vais te désinfecter et te mettre de la pommade. »

Ils la portèrent, comme une précieuse poupée, et s'éloignèrent. Je les entendis descendre les escaliers, les mots de Gaspard résonnant. « Ne t' inquiète pas, Marion. Je vais t' offrir une nouvelle voiture de sport. Ça te remontera le moral. On ira faire un tour. »

Marion, les larmes séchées, regarda Victor : « N'allez pas trop vite, s'il vous plaît. C'est dangereux. »

Gaspard la regarda avec une adoration totale. « D' accord, ma puce. Je ne ferai plus de course. Promis. »

Je les regardai partir, leurs silhouettes s'éloignant, et le silence retomba, plus pesant qu'avant. C'était surréaliste. J'avais l'impression de flotter dans un rêve étrange. Il n' y a pas si longtemps, j' étais le centre de leur univers. Ils se battaient pour la moindre de mes attentions. Aujourd' hui, ils se battaient pour elle.

Je me souvenais d'une époque où j'étais une enfant fragile, mon asthme me clouant souvent au lit. Mes parents, soucieux de ma santé, m'avaient envoyée vivre chez ma tante, dans une autre ville, pour un climat plus doux. C'est là que je les avais rencontrés : Gaspard et Victor, deux garçons débordants d'énergie, qui allaient devenir mes meilleurs amis. On avait grandi ensemble, inséparables, liés par une amitié que je croyais indéfectible.

Dès le premier regard, ils avaient été captivés. Deux petits garçons, l'un aux yeux vifs et au tempérament fougueux, l'autre aux traits doux et à l'esprit réfléchi. Ils gravitaient autour de moi, me protégeant des moindres bobos, comme si j'étais une créature de verre. Ils m'attendaient à la sortie de l'école, me ramenaient à la maison, m'achetaient mon petit-déjeuner préféré. Ils déchiraient les lettres d'amour que je recevais, repoussaient les garçons qui osaient me courtiser. Ils étaient mes gardiens, mes ombres, mes rocs.

Au fil des années, leur dévotion n'avait fait que croître. Gaspard, l'héritier d'un empire financier, était devenu un architecte de génie, tandis que Victor, le passionné, avait conquis le monde de la gastronomie. Malgré leurs carrières fulgurantes, ils avaient acheté des appartements de chaque côté du mien, les faisant communiquer pour ne jamais être loin. Chaque soir, ils étaient là, préparant le dîner, partageant ma vie.

Je me souviens encore de leurs supplications, de leurs larmes, quand mes parents avaient voulu me faire revenir à Paris. « Aurélie, ne nous quitte pas ! » avaient-ils crié, menaçant de tout abandonner pour me suivre. « Où tu iras, nous irons ! » Mots doux, mots puissants, qui m'avaient convaincue de rester.

Mais ça, c' était avant Marion.

Marion, ma stagiaire en histoire de l'art. Elle était apparue, timide et effacée, refusant les déjeuners avec l'équipe, mangeant seule un repas frugal dans un coin. Une orpheline, disait-elle, venue d'une province reculée, sans attaches ni fortune. Je, la privilégiée, j'avais eu pitié. C' était ma plus grande qualité et ma plus grande faiblesse. Je l'avais prise sous mon aile, l'invitant parfois à nos dîners, pour qu'elle ne se sente pas seule.

C'est ainsi qu'elle les avait rencontrés. Et à partir de là, tout avait basculé.

Victor, qui détestait les fêtes bruyantes, organisait désormais des soirées somptueuses pour elle. Gaspard, qui avait juré fidélité à la course automobile, avait abandonné sa passion sur un simple caprice de Marion. Et la liste des trahisons s' allongeait, jour après jour, depuis un mois.

Eux, qui jadis me couvraient d'un amour aussi possessif que flamboyant, me poussaient désormais dans l'ombre. Ils avaient toujours été clairs sur leurs sentiments, allant même jusqu'à créer des scènes de jalousie pour me forcer à choisir entre eux. J'avais hésité, je l'avoue, mon cœur tiraillé par cette affection complexe. Mais aujourd'hui, cette possessivité, autrefois si flatteuse, ne me semblait plus qu'une prison.

J'avais enfin pris ma décision. Un sourire amer étira mes lèvres. Sur mon téléphone, un compte à rebours s'affichait : « Départ dans 7 jours. » Je ne m'interposerais plus. Leurs histoires, leurs drames, leurs choix : tout cela ne me concernait plus.

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