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Couverture du roman 7798:La nuit tournante de l'Europe

7798:La nuit tournante de l'Europe

S'ouvrant sur le second tour de la présidentielle française de 2022, ce roman mêle enjeux nationaux et géopolitique européenne. À travers le parcours de Vladimir Luknikoff et de figures réelles, le récit explore l'urgence d'une réforme profonde du pays. L'auteur y rejette l'exercice solitaire du pouvoir incarné par Emmanuel Macron, plaidant plutôt pour une culture du compromis. Ce texte transpose une vision engagée où la politique redevient un levier essentiel au service de tous.
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Chapitre 3

Le troisième grand volet, avant la nécessité de redéployer une force européenne, portait sur la confiance en l’avenir qu’il fallait redonner aux différentes générations, notamment les plus jeunes et les plus anciens, ce qui pouvait être résumé par l’impériosité d’un volontarisme vers plus d’exigences, d’où l’explication martelée lors du dernier débat à neuf candidats :

« Il est essentiel que nos jeunes aient à nouveau confiance dans la société qu’il faut construire avec eux, qu’il s’agisse de leur laisser les moyens d’un réel épanouissement, ce qui passe entre autres par une existence sociale, un travail assumé et où on s’enrichit, et pas seulement financièrement, et évidemment un niveau satisfaisant pour échanger avec les autres et appréhender son environnement. Il est aussi crucial que tout un chacun n’ait pas peur de la manière de finir sa vie, l’important étant de pouvoir s’appuyer en permanence sur les moyens les mieux adaptés à son état, qu’il s’agisse d’entretien ou de maintien d’une autonomie la plus grande ou de compensation à la perte de celle-ci, l’accueil en structure ne devant pas être une solution de dernier recours, mais une solution optimisée, ce qui nécessite d’y mettre les moyens. Ces deux objectifs plus que louables ont en commun la nécessité d’une exigence absolue : exigence de proposer un enseignement totalement rénové, une formation adaptée de manière à permettre à tout un chacun de choisir un avenir professionnel au niveau qu’est le sien et à l’envie qu’est la sienne et exigence de proposer un dispositif global pour les plus âgés qui corresponde à leur niveau respectif d’autonomie, en évitant de ménager la chèvre et le chou que représente le maintien à domicile coûte que coûte. Cette double exigence, inévitable pour repartir sur des bases solides quant à notre société, impliquera un gros effort de pédagogie avec toutes les parties concernées, mais le pari sur l’avenir est à ce prix, autant que d’assurer la transition écologique !».

Alors qu’il se laissait aller à se rappeler de ses propos, la pendule indiquait 19 h 35, et les journalistes dans la télévision continuaient à insister sur l’importance d’une participation élevée, tout autant que pour le 1ertour, même si les enjeux n’étaient pas les mêmes. C’est alors qu’il ne pouvait éviter de se remémorer les résultats de ce dimanche 24 avril. La grande surprise avait été une participation à hauteur de 85,41 %, ce qui restera un chiffre hors-norme, faisant déjà de cette élection un millésime exceptionnel, et ce à plus d’un titre. La très forte mobilisation des électeurs allait nécessairement donner plus de crédibilité aux résultats. Le frémissement des dernières semaines s’était retrouvé dans quelques évolutions de sondage, avec notamment un effritement du président sortant, tout comme pour Marine Le Pen, ce qui profitait alors en premier lieu à Xavier Bertrand et dans une moindre mesure à Vladimir, talonnant alors Yannick Jadot. Il était 20 h ce 24 avril quand Laurent Delahousse annonçait le duel final et que Nathalie Saint-Cricq excellait, avec Brice Teinturier, dans les explications plus précises :

« Si on met de côté les candidats arrivés 7e, 8eet 9e, respectivement Nicolas Dupont-Aignan, Nathalie Arthaud & François Asselineau, on notera que ;

• le 6èmeest Jean-Luc Mélenchon, avec 6,21%, soit un peu moins qu’à la sortie des débats de la campagne le 15 mars dernier et nettement moins qu’en 2017 (approchant 20 %)

• le 5èmeest Yannick Jadot, avec 11,25%, ce qui est plus et nettement que la candidate de 2017 pour les écologistes, mais surtout moins qu’aux européennes et avec un effondrement quant au chiffre de 6 semaines auparavant

• le 4èmeest Xavier Bertrand, auteur d’une très bonne campagne en faisant un bond de plus de 5 points et en fait de presque 49% en plus, même si le chiffre obtenu n’est pas à la hauteur du candidat de LR en 2017, fusse-t-il François Fillon

• le 3èmeet 1èresurprise, c’est Emmanuel Macron, plus jeune président élu de la VeRépublique, mais aussi seul candidat sortant à être battu, et ce dès le 1ertour, avec un effondrement, passant de 22% à 17,15%, certains pouvant dire que cela aurait pu être son score réel en 2017 sans la peur de voir Marine Le Pen en meilleure position face à un autre candidat

• le 2èmeet la vraie surprise était les 21,48% de Vladimir Luknikoff, nouvel arrivé dans la politique, inconnu ou presque 6 mois avant et doublant son score attendu à la sortie des débats, qui lui avaient déjà profité

• la 1ère, ce qui est moins une surprise, c’est Marine Le Pen, avec 24,52%, ce qui reste stable au regard des scrutins précédents, mais en recul relatif par rapport au 15 mars, ce qui peut laisser augurer d’une dynamique réelle en vue du second tour,

les deux candidats du second tour auront cette particularité de pouvoir s’appuyer sur une dynamique, et l’enjeu se trouvera d’une part sur les reports de voix, mais aussi sur le taux de participation, celui-ci pouvant être à l’avantage de Marine Le Pen s’il est faible et plutôt en faveur de Vladimir Luknikoff s’il est plutôt élevé, mais ce qui est sûr, c’est que le pourcentage de participation du 1ertour obligera le vainqueur du second tour ».

Après les rappels de l’importance du taux de participation, son esprit continuait à vagabonder. Il pensait par des allers-retours dans sa mémoire aux réactions de ses proches, de son équipe de campagne, des mouvements de liesse une bonne partie de la nuit du 24 au 25 avril, du classique débat d’entre-deux tours. Ce débat, qu’il avait très bien préparé, d’autant que Marine Le Pen avait été bien meilleure qu’en 2017, ce qui n’était pas difficile, et il avait été à la hauteur, déclinant ainsi les grands principes de fonctionnement qu’il voulait mettre en musique, les réformes à porter pendant un quinquennat de manière assumée mais pas imposée et avec la promesse de ne pas se représenter en 2027, date à laquelle serait complètement appliqué le changement de République. L’ensemble de ses engagements devaient convaincre le plus grand nombre. De même que les précisions apportées sur le calendrier précis de la 1èreannée de pouvoir s’il était élu et particulièrement très précis sur le 1ertrimestre, avec la volonté affirmée de mettre en œuvre les principes d’une nouvelle gouvernance, comme portés dans une VIeRépublique, mais encore en bouleversant le paysage politique, tout en respectant les institutions actuelles. De ces engagements, il espérait arriver à mobiliser le plus grand nombre. Puis son esprit ne pouvait faire autrement que s’attarder sur le cas d’Emmanuel Macron, président sortant, ayant réformé avec les bonheurs et déboires que l’on connaît, mais perdant dès le 1ertour. Cet homme, destiné à redevenir un personnage plus ou moins dans l’ombre, l’avait invité à célébrer l’armistice du 8 mai 1945 le matin même du second tour. Il avait bien évidemment accepté, touché par l’attention du président encore en exercice pour quelques jours, même si cela signifiait que son adversaire était elle aussi invitée. Le tableau n’était pas banal, puisque se trouvaient à proximité le président hôte de la cérémonie et le (la) successeur(e), le résultat n’étant connu que quelques heures plus tard. Si Marine Le Pen était très satisfaite d’être présente pour l’occasion, il en était de même pour Vladimir Luknikoff, avec le « je ne sais quoi » de retenue nécessaire liée à l’attente du scrutin, les visages de plusieurs membres de la macronie en disaient long sur les états d’âme : il y avait les fidèles des fidèles depuis les premières heures, très marqués par l’expérience malheureuse et ces derniers imaginaient sûrement qu’il n’y aurait pas d’avenir possible dans la politique, tant leur engagement auprès du président Macron semblait les condamner à retourner à leur type de vie antérieure. Ainsi, Mmes Élisabeth Borne, Agnès Buzyn, Roxana Maracineanu, Muriel Penicaud ou Marlène Schiappa et MM Jean-Michel Blanquer, Julien Denormandie, partiraient soit vers une retraite méritée, soit vers leurs fonctions de médecin, romancier, voire aussi des lendemains difficiles. Ils devaient certainement considérer qu’il s’agissait d’une injustice, mais devant s’en remettre au scrutin, tout comme les ministres plus politiques, enclins à rebondir, à commencer par l’ancien 1erministre, Édouard Philippe, mais aussi Mmes Nicole Belloubet, Annick Girardin ou Florence Parly, ainsi que MM Christophe Castaner, Gérald Darmanin et Bruno Le Maire, ce dernier ayant pu envisager un temps de devenir 1erministre à compter de juin 2020. Quoiqu’il en soit, certains avaient la mine triste, d’autres parfois un peu enjoués devant telle ou telle situation désuète au fil des arrivées dans les tribunes, mais tous gardaient un fond d’inquiétude. L’idée même que Marine Le Pen puisse l’emporter le soir même en effrayait plus d’un ; leur chef n’avait-il pas mis en avant que c’était lui, le progrès, ou le recul avec le Rassemblement National, présidé par la fille qui avait tué politiquement son père dans les années précédentes, avant qu’elle ne soit celle qui préside au destin des Français !

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